« Le rapport de l’homme à la nature est, plus que jamais, celui de l’homme à la femme ». En liant les problématiques écologistes et féministes, F. d’Eaubonne dénonce à la fois le sexisme et la démesure de la société patriarcale qui exploite les femmes comme la terre au nom du profit. Rejetant les principes de croissance économique et démographique, elle insiste sur les limites de la planète. « Aucun régime politique, aucune invention géniale ne changera ce petit fait désolant : notre planète ne compte que 40 000 kilomètres de tour, et rien ne lui en ajoutera un seul. » Face au péril et à l’incapacité des hommes au pouvoir de gérer la crise écologique et politique, il revient aux femmes de se réapproprier leur fécondité et d’œuvrer à la mutation de la société vers une société écoféministe.
Écrivaine prolifique, Françoise d'Eaubonne (1920-2005) est à l'origine du concept d'écoféminisme. Tombée dans l'oubli, on redécouvre aujourd'hui une plume visionnaire et acérée et une féministe hors du commun.
Sociologue du genre et du travail, Geneviève Pruvost travaille depuis une dizaine d’années sur les alternatives rurales et les façons de faire société en marge du monde marchand. Elle est l'autrice de Quotidien politique (La Découverte) dont le second volet paraitra en mars 2023.
Intéressant mais comme il date un peu, pas mal de choses ne sont plus d'actualité et il est important de les remettre dans leur contexte. Je n'ai pas vraiment accroché.
Pas lu entièrement, car certains passages sont indigestes et d'autres sont d'une autre époque (Guerre Froide). Cependant l'idée générale est intéressante, bien que difficile à mettre en place...
Lectrice puis épistémologue (l'épistémologie est l'étude critique des sciences) de Engels, Marx et Lénine, Françoise d'Eaubonne (FdE) considère que ces derniers ont loupé, dans leur analyse des rapports de production classe ouvrière contre classe de capital, les rapports sociaux de sexe : la classe des femmes productrices de producteurs contre le patriarcat mâle exploiteur. Les femmes définies par leur classe de sexe subissent une superposition d'oppressions ; FdE aborde ainsi l'intersectionnalité comme on ne disait pas alors : la bourgeoise, "fille au pair" chez son patron de mari ; la prolétaire, fille au pair de son patron de mari est aussi exploitée par son patron d'usine ; et enfin, la femme qui subit l'oppression coloniale, troisième oppression en plus des deux déjà citées.
Deux mythes : la femme (éternelle) et la Terre (inépuisable).
A partir du moment où les hommes ont pris connaissance de leur rôle dans la reproduction humaine, vraisemblablement au Néolithique en observant les animaux (auparavant ils croyaient que les femmes étaient fécondées par des entités divines), ils ont domestiqué, réduit les femmes à leur fonction reproductrice par la contrainte. Filles et femmes réduites à l'abjection du rapt, de la razzia, de l'enlèvement, du mariage forcé, de l'échange contre biens et terres, du viol, de la prostitution, traitées en troupeau de (re)productrices de producteurs et de guerriers, en séparant à la fin de l'enfance le fils de la mère, le fils trahissant la mère en passant dans la caste supérieure des mâles. ==> https://hypathie.blogspot.com/2023/03...