Cette fresque historique se déroule dans le Japon médiéval du 12e siècle et mêle les destins contrastés d'une multitude de personnages humains et animaux. Le héros de ce récit, Kamui, fils d'un paria, le groupe social le plus méprisé, se rebelle contre les injustices sciemment entretenues par la caste des guerriers. Très inspiré par le Kamishibaï, le théâtre d'images ambulant japonais, l'auteur alterne les scènes dramatiques ou violentes et les propos explicatifs, concernant les coutumes et modes de vie. Une dénonciation vigoureuse de l'exploitation des castes jugées inférieures dans la société féodale japonaise. L'auteur s'attache, en outre, à décrire les mœurs des loups, au travers du destin d'un jeune loup blanc, également prénommé Kamui.
Sanpei Shirato (白土三平) was born Noboru Okamoto in 1932, a son of well-known leftist painter and activist, Tōki Okamoto, who was active in organizing a proletarian art movement during the 1920s and 1930s. In wartime Japan, to avoid persecution from the authorities, the Okamoto family frequently moved around the country to different places including Kobe, Osaka, and some rural areas where young Shirato experienced poverty and came in contact with ethnic minorities and other discriminated groups (i.e., burakumin) as a child.
Shirato debuted in 1957 with his manga, Kogarashi kenshi. Although his earlier manga were aimed at children, some of them already exhibited social concerns, including social marginalization of ethnic minorities, the struggles of people in the lower class, the socially oppressive power structure–all of which became prevalent motifs in his works. Stylistically, his earlier manga in the late 1950s inherited the postwar mainstream manga style—which consists of Tezuka-inspired, simplistic cartoony depiction of characters with large eyes. His style gradually changed throughout the 1960s, as observed in the shift of visual style in Kamui-den.
Celui-ci est une vraie bible de l'histoire du Japon médiéval et de la condition des paysans. Il allie autant l'action et les histoires sur certains personnages auxquels on s'attache, que l'éducation du lecteur sur le système féodal existant à l'époque. On apprend toutes les relations de pouvoir, toutes les règles qui enfermaient les paysans et les parias sous le pouvoir des seigneurs. Le rythme des saisons est celui de la vie des paysans, ils sont tributaires du rendement des champs pour vivre, payer des impôts qui soutiennent le style de vie aisé des seigneurs et leurs voyages à la capitale. On suit ainsi la destiné de jeune personnages qui se révèlent agiles autant mentalement que physiquement et leur histoire, les aléas de leur dure vie sont passionnants. Le dessin est naturaliste lorsqu'il décrit si bien toute la vie sauvage présente dans la forêt, documentaire pour montrer les champs, les maisons, les techniques des paysans et des ouvriers, il est sans détour pour montrer la violence de l'époque : les combats à l'épée et les condamnations à mort. C'est une grande oeuvre qui sert de mémoire à cette époque.