Il y a les souvenirs dont elle a hérité, ces histoires qui lui ont été tellement racontées qu’elles ont fini par faire partie intégrante de sa mémoire. Il y a les images floues qu’elle garde de son enfance et les récits à partir desquels elle s’est construite. Il y a aussi les souhaits qu’elle porte, des projections dans le futur qui prennent racine dans son passé. À travers l’histoire des premières années de sa mère et celle de ses dernières semaines, en passant par le souvenir des petits chaperons de toutes les couleurs que son père a imaginés pour elle enfant, Rafaële Germain tente de trouver des réponses à la question : que veut-on garder de ce que le monde a déposé en nous?
Elle fait partie du mouvement littéraire Chick lit et son premier roman, "Soutien-gorge rose et veston noir" s’est vendu à plus de 100 000 exemplaires Elle fait ses études secondaires au Collège Marie de France et choisit des études françaises à l’Université de Montréal. Elle est aussi recherchiste et scripteure à la télévision.
J’ai bien aimé. Des souvenirs d’enfance, des récits de famille, un segment sur l’Alzheimer de sa mère. L’écriture est bien sûr agréable. C’était bien, mais ça ne m’a pas non plus marquée ou chavirée.
"J'aimerais bien savoir comment se remplissent nos petites boites [...] je soupçonne que ce sont les moments durant lesquels, justement, nous nous sommes sentis exister, ce qui explique que se glissent parfois entre les deuils, les petites victoires et les premiers baisers des fenêtres derrière lesquelles tombent la neige et des cabanes construites sous les lilas, décors fortuits d'instants où l'existence s'est révélée pour rien, comme ça, par coquetterie. Il ne se passe rien mais, coucou je suis là, et te voici, toi, en train de vivre."
J'ai été touché par cette mémoire racontée, teintée de souvenirs qui ne nous appartiennent pas, mais qu'on a tout de même intégrés parce qu'ils font partie d'une "légende" familiale. Également touché par ces gens si vivants qu'ils refusent le temps qui passe.
J’ai beaucoup apprécié l’angle du récit qui incite à replonger dans ses propres souvenirs d’enfance, à s’interroger sur la part de réel, de déformé, de fictif. L’amorce d’une intéressante réflexion sur soi.
C'est le cinquième livre que je lis de cette collection chez Québec Amérique et encore une fois, le concept de demander à un.e auteur.e de raconter 3 souvenirs et de broder des réflexions autour est bien plaisant à lire. Ici, Rafaële Germain veut nous faire cogiter sur l'essence même des souvenirs. Nous appartiennent-ils vraiment ou se mélangent-ils plutôt avec les histoires maintes fois entendues?
Un dédale de souvenirs, un éboulement de morceaux de vie, entre-croisés, entre-mêlés. Les pièces de puzzles sont intéressantes, mais leur mise en place est par moment confuse et lourde. Plusieurs phrases étaient trop longues pour mon attention éclatée. À lire avec attention, sinon on peut se perdre dans la fresque des souvenirs éparpillés.
Après "Un présent infini" chez Atelier 10 où il était beaucoup question de son père, Raphaëlle Germain s'intéresse ici à sa mère. À travers son regard, on parcours l'Histoire du Québec, celle de sa famille mais aussi la condition des femmes au siècle dernier. Ce qui m'a le plus interpellé dans ce texte, c'est la réflexion sur les souvenirs, comment ils se transforment et sont interprétées d'une personne à l'autre, comment ils s'imbriquent dans notre mémoire et changent notre perception de la vie, même quand ce ne sont pas les nôtres. L'autrice parvient à transcender son sujet et à bâtir une réflexion sur la mémoire et l'identité. Je n'étais pas franchement attiré par ce livre à cause du titre et de la couverture, mais quelle lecture passionnante, à la fois légère et profonde. Je le recommande et, en tant que libraire, j'ai bien l'intention de le mettre entre les mains de ceux et celles qui cherchent une lecture d'été rafraichissante et pertinente.
Ambivalente. N'ai pas aimé l'image désagréable qu'elle nous donne de ses parents. Détachée, froide, négative. Ne raconte jamais les interactions mais juste comment elle se sent ou s'est sentie, en enlaidissant même à posteriori, en filtrant avec une lentille quelque part pas loin de son nombril. une auto-psychanalyse bitch, je pensais davantage que ce serait une mini bio, mais non. Dans le même genre, j'ai préféré le règlement de compte avec sa mère de Nathalie Petrowski, qui trouve rédemption et dans lequel on sent de l'amour et plein d'autres sentiments.
J’ai dévoré ce récit. J’y ai retrouvé le mordant, l’intelligence et l’humour de l’autrice avec tout le sérieux et la sensibilité que commandait le thème exploré.
Un de mes extraits préférés : « Les désespérés, les endeuillés, les blessés à la peine exubérante, l'armée hagarde et claudicante des tristes et des malheureux: des losers qui s'écoutent. Une personne digne de respect ne s'écoute pas, elle “prend sur elle”. »
L’auteur nous emporte dans la complexité de la mémoire, en revisitant des souvenirs de sa mère atteinte d’Alzheimer. Un bel hommage à celle-ci dans un texte imagé, parfois poétique et surtout très touchant, qui nous rappelle l’importance de laisser notre marque dans l’univers!