Ce 23 mai 2023, j’ai dévoré « l’animateur », de Juanungo, grâce à la Masse Critique Babelio, en partenariat avec les éditions Delcourt.
le résumé officiel de la BD avait aiguisé ma curiosité, moi qui suis brièvement passée par la case animation. Et je n’ai pas regretté ma lecture.
C’est un réel coup de cœur pour moi, ce qui peut paraître étonnant si on ne jette qu’un rapide coup d’œil à l’ouvrage. Oui, le récit semble simple au premier abord, les illustrations sont en noir et blanc et ne cherchent pas à être belles, et les dialogues sont sobres.
Mais c’est justement ce qui permet à l’émotion de véhiculer, et aux différents niveaux de lecture d’être perçus.
Neno, un vieil animateur atteint d’un cancer, est assisté par un jeune infirmier qui l’exaspère au plus haut point. Dans le même temps, il est recruté pour un projet publicitaire nécessitant ses talents en animation traditionnelle. Un dernier baroud d’honneur avant de tirer sa révérence…
Oui, le vieux a un sale caractère et l’insulte facile. Oui, le jeune infirmier manque de fermeté. Pourtant, ces deux opposés parviennent à se trouver, tandis que l’animateur initie peu à peu le jeune homme traumatisé aux bases de son métier.
À travers des dessins bruts qui laissent transparaître une certaine vérité, on ressent la peur, le découragement, le regret, le désespoir, la mort, mais également la passion et la vie, entêtante, qui jamais ne tire sa révérence.
Une métaphore illustrée avec justesse dès la moitié de l’album, qui se transforme partiellement en flip book pour permettre à l’animation de Neno de prendre vie alors que son créateur s’éteint.
Une histoire authentique qui conte également le déclin d’un art organique, tremblant et imparfait, au profit d’un autre, parfait et plus efficace, mais peut-être moins éclatant, et certainement dénué d’âme.