C’est l’été à Boucherville, ce fameux été entre le secondaire et le cégep où on sent qu’on va devenir quelqu’un, mais on ne sait pas trop encore qui au juste. Mathieu travaille de nuit dans une station-service. Un emploi de choix pour faire l’expérience de la solitude et de l’aliénation. Mais ça s’endure : en cachette des caméras, il peut fumer à sa guise (trois grammes de pot par nuit, des cigarettes volées en masse), lire (parfois Guerre et paix, souvent un Tintin) et manger (il a quelques astuces pour piger dans les présentoirs).
De toute façon, c’est temporaire. Mathieu le sait, il est promis à un grand avenir : il sera poète, pas de doute, ou peut-être philosophe comme son ami Dom. Pour y arriver, il doit entretenir une distance entre lui et le monde. Sauf avec Val, cette collègue qui lui a tellement tapé dans l’œil qu’il lui écrira certainement bientôt ses plus beaux poèmes.
Ressuscitant avec adresse les moindres détails de la vie banlieusarde de la fin des années 2000, Étienne Tremblay nous plonge dans le discours intérieur d’un Mathieu bardé d’illusions. Un adolescent comme tant d’autres : bête avec sa mère, maladroit avec les filles et persuadé d’être exceptionnel.
Titulaire d’une maîtrise en littérature comparée, Étienne Tremblay est né à Montréal en 1992. Après avoir été tour à tour libraire, réviseur et traducteur, il est maintenant coordonnateur de l’édition à l’Institut de recherche en politiques publiques.
L’écriture à la faculté de nous immerger complètement avec le personnage alors qu’au final, il ne se passe pas grand chose. J’ai été surprise de constater à quel point j’étais investie et que je suivais Mathieu dans une vie ma foi ultra banale. Je comparerais l’expérience de l’écriture à celle du roman Le plongeur. Au lieu d’être dans une cuisine de restaurant, on est au dépanneur.
Le protagoniste m’a fait beaucoup rire. J’avais en tête quelques gars avec qui je travaillais au Loblaws à 18-19 ans. C’était on point pour décrire ce genre de jeune adulte, malhabile qui se cherche.
L’histoire malgré le peu d’actions est bien construite. Je voulais connaître la suite, si y’allait faire un move envers Val et je me voyais facilement en elle avec l’attitude flirty de l’âge et du contexte.
(D'ailleurs, quand est-ce que Goodreads va actualiser son système plutôt restrictif d'étoiles?)
Je suis ambivalent. D'un côté, j'ai aimé me laisser emporter par les digressions et la vie de dep' extrêmement bien décrite dans ce «coming of age» Bouchervillois, mais de l'autre, je dois avouer, en toute transparence, avoir été ennuyé à quelques reprises. Le narrateur fait de belles découvertes sur lui-même, mais ça se déroule extrêmement tardivement dans le récit. On termine notre lecture en se demandant ce qu'on a appris, et la réponse est peut-être «rien», ce qui est bien acceptable au fond, dans le cadre d'un exercice de nostalgie.
Ironiquement, pour faire référence au titre, c'était ben ordinaire comme histoire. Autant le personnage principal que ses actions. C'est vraiment bien écrit, détaillé, ses réflexions sont assez comiques. Mathieu termine son secondaire et se trouve une job de nuit dans un dépanneur. On passe l'été avec lui, on le suit dans ses amours, ses projets d'écriture et ses amitiés. J'aurais pas de difficulté à le recommander à des ados de 16 ans et plus, malgré le fait que la couverture n'est pas super vendeuse pour cette tranche d'âge... Premier roman solide de l'auteur. Faut juste pas s'attendre à une histoire pleine de rebondissements. Ça donne un vibe de François Blais au niveau de l'écriture et du livre "Le plongeur" au niveau de l'ambiance.
Un excellent roman de coming of age, pour ceux et celles qui aiment aller au fond des choses avec minutie et moult détails (même si les choses ce sont le restockage des frigos d’une station-service, et les émotions contradictoires d’un ado clueless.) Un vrai plaisir de lecture!
Je struggle terriblement avec la fin, mais sinon wow, exactement ce qui est advertise, soit un soft “Le Plongeur” (bold claim, I know) plus court et se déroulant dans un Pétro-Can de solitude au lieu d’un restaurant
C'est l'histoire d'un adolescent qui travaille de nuit dans un dep. Le personnage est construit de façon inégale, parfois nono comme un adolescent qui travaille de nuit dans un dep sans pouvoir enligner deux mots de file, parfois érudit comme un trentenaire qui chiale sur «l'apogée et le déclin du capitalisme tardif». Le monologue intérieur de l'adolescence en quête d'identité et de sensations fortes est bien rendu.
C'est probablement moi le problème, car les notes sont plutôt élevées, mais j'ai failli abandonner. Je mets deux étoiles, car il y a quelques tournures de phrases qui m'ont fait rire. J'imagine que c'est voulu, mais j'ai trouvé que l'auteur passait trop de temps sur des banalités et effleurait rapidement les sujets qui auraient pu amener des réflexions pertinentes.
4,25 - C’est bien écrit, c’est drôle et vraiment réaliste (excellent retour dans le temps qui a plu à la nostalgique que je suis). Le titre est excellent et ce livre décortique habilement l’ordinaire. Je ne suis pas une fan de la fin, mais ça reste une excellente lecture d’été!
J’vous l’dit, mettez Ricardo Trogi sur la direction d’un film inspiré de cette œuvre la, pis vous allez avoir 1987 version 2, mais dans le début des années 2000. WoW!
Dans Le plein d’ordinaire, on plonge dans le quotidien et les pensées d’un adolescent des années 2000 qui, dans cette phase transitoire entre l’enfance et la vie adulte (du secondaire au collégial), se croit destiné à de grandes choses tout en étant confronté à la banalité de ses expériences et de son parcours.
Une bonne partie du roman se déroule sur le lieu de travail du personnage principal, une station-service, et la découverte de cette expérience (banalité du travail, répétition des gestes et des tâches aliénantes, « faune » colorée, interactions avec des collègues, maturation (ou non) par le travail, défiance des limites, etc.) n’est pas sans rappeler Le plongeur, de Stéphane Larue. C’est aussi très introspectif, et on vit l’histoire au rythme des pensées et des ressentis du narrateur, ce qui nous amène vers toute une gamme d’émotions, mais aussi d’inconforts. Ce procédé est particulièrement efficace et permet une lecture immersive, quasi intrusive, qui amène vraiment à (re)vivre certains aspects de cet âge : l’impression de tout savoir (alors qu’on ne sait pas grand-chose), les sentiments amoureux fulgurants, les questionnements internes et les remises en question sur à peu près tout, les doutes et l’anxiété que peuvent amener certaines situations ou interactions, la découverte de qui on est ou de ce qu’on pense/souhaite être, irresponsabilité et déresponsabilisation (mauvais) choix émotifs…
C’est parfois inégal, même dans les dialogues internes qui semblent incohérents et malhabiles par moment, mais soutenus, songés et quasi analytiques, voire politisés, à d’autres. On sent aussi une certaine redondance à la longue, que ce soit dans les situations vécues, les pensées exprimées, ou encore les actions et réactions du narrateur. Et j’ai eu un malaise à la lecture d’un chapitre en particulier, dans lequel je trouve qu’est abordée avec beaucoup trop de légèreté, de naïveté et de banalisation – et sans réelle suite donnée – une situation d’agression. La fin, après avoir fait pratiquement du surplace avec le personnage principal pour la majorité du livre, m’a aussi semblé précipitée et incomplète.
Mais, somme toute, c’est un livre dans lequel j’ai embarqué et duquel je n’ai pas pu décrocher avant de l’avoir terminé, que j’ai trouvé agréable et intéressant à lire, et qui m’a intrigué du début à la fin.
C’était une lecture bien, mais sans plus. Il a fallu que je me mette en tête que cette histoire était racontée du point de vue d’un adulescent, parce que la vision de la femme était franchement parfois pas super.
Par contre, en laissant certaines choses passer sur le fait que le personnage était effectivement un ado qui sort du secondaire pour aller au cégep du Vieux Montréal (et tout ce que ça suppose de clichés), j’ai pu un peu plus apprécier ma lecture, en ne lui demandant pas d’être le meilleur roman que j’allais lire.
J’avais un sourire en coin la majorité du temps, je roulais des yeux, parfois riait un peu… Ça rappelle effectivement des expériences plus ou moins vécues. Les jobs plates par lesquelles on doit passer (moi c’était caissière dans une épicerie), les partys de maison avec nos ami.e.s, la pensée qu’on va refaire le monde et qu’on sera quelqu’un, nous. Ce pseudo-poète-philosophe m’a vraiment fait lever les yeux au ciel (dans le bon sens) parce que ça me rappelait certains amis au secondaire… Il faut donner à l’auteur qu’il a tout de même bien réussi à dépeindre un gars de 17 ans, les hormones dans le tapis, fainéant et qui pense que tout lui est dû. L’adolescent par excellence quoi.
Ce n’était pas désagréable à lire et je me suis même surprise à me laisser avoir et à vouloir savoir comment toute cette histoire avec Val allait se terminer…
L'observation de tabous sociaux à travers un personnage qui les incarne. C'est à la fois révoltant et réconfortant parce qu'aussi horribles lesdits tabous peuvent-ils être, on les observe à distance. On les juges et on s'en défait ou du moins, on gagne la possibilité de s'en défaire. De quel tabou est-ce que je parle ici à propos d'un roman qui ne verse pas du tout dans l'horreur? Le narcissisme juvénile, dont le protagoniste du Plein d'Ordinaire est rempli à ras bord comme un plat de vaisselle sale qu'on laisse tremper toute la nuit.
Mathieu est à la fois impossible à complètement aimer et à condamner parce que ses confessions reflètent un égocentrisme primaire duquel on ne peut que se défaire en devenant un adulte, en payant des factures et en se rendant compte que la vie passe vite et que la plupart d'entre nous n'ont pas le luxe de devenir qui ils souhaitent. Mathieu brille particulièrement dans ses interactions avec son ex Mathilde et sa mère qu'il traite comme des personnages secondaires à son histoire.
Un roman on ne peut plus ordinaire, comme il a été conçu. On y retrouve petite magie tranquille des années pré-réseaux sociaux et l'utopisme d'une jeunesse n'ayant jamais connu les revers de fortune. C'est un feeling très précis, mais facile à apprécier.
Un bon roman d’été simple sur la nostalgie des années 2000.
2007 genre. Mathieu travaille de nuit dans un Pétro Canada à Boucherville. Il a le kick sur une caissière, il fume du pot, il aime pas son gérant et il espère un jour devenir auteur. Genre un poète tsé.
Il y a tellement de souvenirs dans ce roman-là. Vraiment un beau condensé de cette époque. Une tranche de post-adolescence, avec tous les malaises, toutes les maladresses, toutes les angoisses qu’on peut y trouver.
J’ai bien aimé le style de Étienne Tremblay. Il est drôle, simple et se permet de surprenants élans de poésie à travers la perspective de son naïf poète.
Mais le récit est TRÈS paysage. À quelques moments on croit apercevoir des failles qui permettraient à l’histoire de nous amener au delà du simple quotidien de Mathieu… mais non. C’est une histoire banale au final. Une histoire très semblable à l’été de vos 17 ans je suis pas mal sûr.
J’aurais aimé que l’histoire nous donne un peu plus de substance et qu’on plonge davantage dans les personnages de l’entourage de Mathieu. Parce qu’ils sont tous intrigants pour vrai! Bref une lecture légère et divertissante.
Dans ce livre-là, il se passe pas grand chose: on fait effectivement le plein d’ordinaire (quelle belle image, faudrait la prendre en note). Néanmoins au travers de la description de presque rien, d’un shift de terrassement ou d’un training de nuit, on a droit à tellement d’honnêteté pis de vulnérabilité que Mathieu devient excessivement attachant pis on veut savoir ce qu’il a à dire next. Pis Mathieu ben, y’est poche. Y’est vedge pis borderline ingrat pis il fait des moves marde d’ado plein de pot. Mais je pense que je me suis jamais autant pardonnée d’avoir été une ado vedge, poche, pleine de pot pis un peu marde qu’en lisant ce livre-là. Also 10/10 pour le champ lexical québ fin 2000 qui réussit à jamais sonner cringe.
Comme le dit bien la description, il se passe pas grand chose, mais ça reste grandiose : le quotidien, les pensées, les idées sombres et farfelues d'un ado dans les années 2000 (mais ça pourrait presque être n'importe quand, tellement l'expérience d'être un ado est décrite de façon universelle et réaliste). Je me suis reconnue à plusieurs moments, même si c'est pas exactement mon point de vue, mais ça fait tellement voir la vie dans les baskets d'un gars de 17 ans plein de rêves et d'angoisses, ça donne envie d'écouter de la musique avec des écouteurs sur le bord du fleuve un soir d'été, le regard perdu au loin et la certitude qu'on est en train de vivre quelque chose qui serait écoeurant dans un poème ! à lire :)
Je pense que mes attentes étaient trop élevées avant de débuter la lecture. J’ai d’ailleurs de la misère à la critiquer. J’avais envie de me rendre à la fin sans trop savoir pourquoi mais j’étais pas accroché à l’histoire…ce pourquoi ça m’a pris deux mois la terminer. Tu peux arrêter et recommencer après une semaine sans avoir l’impression d’être perdu. J’ai quand même ri fort à quelques reprises!
C’est plein de beau, de drôle et de vrai mais c’est aussi plein d’ordinaire… J’imagine que c’était un peu ça le but…
Roman qui décrit bien les espoirs et désespoirs d'un ado à la fin du secondaire, avec beaucoup de détails sur les substances qu'il consomme et les émotions qu'il vit pour les premières fois. On apprend de manière très complète le travail qui est fait dans les stations-service. Ses réflexions reflètent bien l'état d'esprit d'un ado, tout en étant comiques. On se représente bien aussi la vie en banlieue l'été ! Il porte bien son titre : on y raconte le quotidien ordinaire d'un gars qui travaille en dépanneur !
Grâce à ce roman, je ne verrais plus jamais du même œil les dépanneurs. Plonger dans la tête d'un adolescent de 17 ans, avoir accès à ses insécurités, ses réflexions, ses aspirations , ses paradoxes (il ne se prend pas pour un 7Up flat, mais en même temps, il est toujours en train de se questionner, de se trouver con). L'écriture, fine observatrice des petits détails du quotidien, m'a souvent fait rigoler. Bref, c'est un roman psycho au ralenti, à l'image des nuits que Mathieu a passées dans un dépanneur durant tout un été.
J'ai vraiment aimé le style d'écriture et l'histoire. Pour ceux qui connaissent, j'imaginais la narration par Ricardo Trogi, parce que ça me faisait penser à sa narration dans ses films. Mais je n'ai pas donné cinq étoiles et j'hésite avec le trois étoiles parce que le personnage de Mathieu me tapait sur les nerfs de plus en plus en avançant dans le roman. J'ai une amie qui m'a dit: "Oui, mais c'est un ado, c'est normal", mais ça n'excuse pas l'entièreté de sa personnalité non plus. Néanmoins, ça demeure un roman que je recommande. Au risque de vous mettre en colère contre Mathieu, haha!
C’est correct, mais il ne se passe pas grand-chose. C’est très platonique, bien que cela m’ait évoqué quelques flashs nostalgiques de ma propre vie. Ça m’a même donné envie d’écrire mes propres souvenirs.
La fin est vraiment décevante. Beaucoup de choses trop évidentes sont présentées comme des punchs, ce qui gâche un peu l’effet.
Cela dit, j’ai apprécié la lecture : c’est très fluide et facile à suivre. Ce n’est clairement pas l’écriture du siècle, et je me demande dans quelle mesure elle reflète le style de l’auteur ou celui du personnage principal.
Pour la postérité: j’ai lu ce livre en parallèle avec un ami.
Je n’ai pas détesté ça mais je n’ai pas apprécié non plus.
L’histoire suit un adolescent/jeune adulte au quotidien et il ne se passe vraiment pas grand chose. J’aurais probablement dû m’en douté étant donné le titre du livre. Au final, les péripéties sont ordinaires, les personnages sont ordinaires et les lieux sont ordinaires.
Même le dernier acte du livre est très ordinaire et sans résolutions à rien. Aucun personnage n’avance ou ne recul.
Voilà c’est tout. Ce n’est pas mauvais mais ça ne m’a pas parlé du tout.
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C'est dur à dire! Entre 3 et 4. J'ai adoré le décalage entre la recherche de la poésie et le travail de nuit dans un dépanneur, la trame tranquille du genre coming to age, mais j'ai eu un peu de mal parfois avec certaines réflexions/actions un peu caves du perso (mais bon c'est fait exprès vu qu'il est amené à évoluer, et ya bcp de distance entre moi et un garz de 17 ans disons... c'est pardonné)
"Après une heure passée là, j'avais fumé un joint, bu ma quille de Beck's, fumé huit cigarettes, écrit trois poèmes (un sur l'amour, un sur la mort et un sur la vieillesse) et pissé deux fois".
Porte très bien son titre, on y fait le plein d'ordinaire, faut pas s'attendre à de graaandes choses. J'ai été amusée par cet ado qui vit tous les tourments classiques d'ado et par toutes ces scènes classiques d'un Petro Can.