« Quelle jolie et énigmatique héroïne ! Et quel remarquable premier roman, porté par une écriture accomplie et délicate ! » Le Figaro Littéraire Des premiers pas à l'adolescence, dans cette campagne qui l'a vue naître, Gabrielle, avec une énergie prodigieuse, grandit, lutte, s'affranchit. Gymnaste précoce, puis soudain jeune femme, Gabrielle ignore les araignées dans son souffle comme les regards sur son corps. Elle avance chaque jour un peu plus vers la fin de l'enfance. Née en 1991, Laurine Thizy enseigne les sciences sociales. Les Maisons vides est son premier roman. Prix du roman Marie-Claire 2022 Prix Régine Deforges du premier roman 2022
J'ai emprunté ce livre tout à fait par hasard, faisant partie des nouveautés de ma bibliothèque, et grand bien m'a pris parce que j'ai beaucoup aimé.
Ce n'est pas exactement une lecture drôle - le livre commence par le récit d'un deuil, celui de Gabrielle qui perd sa mémé (son arrière grand-mère) au début de l'adolescence. Mais il raconte aussi comment Gabrielle est arrivée au monde, par surprise, et puis trop tôt, ses premières années... jusqu'à la mort de sa mémé.
La construction narrative du roman était particulièrement intéressante, avec ces alternances d'époques, cette façon de voir grandir Gabrielle avant et après ce deuil... on a le temps de s'attacher à cette singulière petite (puis jeune) fille.
Si le roman n'a trop rien de drôle, il n'y a pas de pathos exagéré non plus et l'existence de Gabrielle, ses joies mais surtout ses peines, nous sont contés à travers une belle écriture et une certaine douceur, peut-être de pudeur aussi.
J'ai aimé les relations familiales de Gabrielle, avec sa mémé bien sûr, mais aussi la complexité de ses relations avec ses cousines, ses parents... et puis globalement les vies et existences des femmes de sa vie, qui se mettent en miroir avec sa propre façon de se construire et de grandir.
Un roman plein de sensibilité (mais pas de sensiblerie !) qui pourrait presque s'apparenter à un roman d'apprentissage et qui a une manière de captiver, jusqu'au bout... (ces dernières pages ! ohlala)
Gabrielle est une jeune fille comme les autres, qui s’entraîne dure en GRS, est proche de son petit frère et de son arrière-grand mère. Mais Gabrielle a les mains brûlées, et petit à petit commence à cacher des choses à ses parents. J’ai aimé découvrir Gabrielle depuis sa naissance particulière jusqu’à son lent déclin, par chapitres alternés. J’ai aimé l’arrière-grand mère venue d’Espagne pendant la Guerre. Une femme forte mais qui fait peser sur les frêles épaules de la jeune fille un poids bien trop lourd. J’ai aimé la sainte vierge en statue qui intervient par ses mimiques dans la relation entre l’arrière grand-mère Maria et son arrière petite fille Gabrielle. Le personnage de Gabrielle m’a parlé, bébé qui se bat en couveuse, petite fille chez qui rien ne dépasse, jeune fille qui se veut forte. Mais son refus de faiblesse ne fera que la détruire. J’ai aimé ces araignées qui tissent leurs toiles dans les bronches asthmatiques de Gabrielle et dont elle ne parle à personne, s’enfermant chaque jour un peu plus. Je me suis demandée ce que venaient faire ces clowns Flip et Gino dans de courts chapitres. Et pourtant leur présence est indispensable. Un roman fort qui m’a ému. L’image que je retiendrai : Celle de l’oreiller fleurit de Maria qui brule les mains de Gabrielle.
Laurine Thizy nous offre avec Les Maisons vides un premier roman captivant et émouvant où l’on suit quatre générations de femmes d’une même famille. La fragile Gabrielle, née prématurément, grandit dans un giron de femmes aimantes qui l’observent grandir avec tendresse : sa mère Suzanne, sa tante Bénédicte, sa grand-mère Josée et son arrière-grand-mère Maria, qui l’appelle affectueusement Gabrielita. La construction du roman alterne les chapitres sur la petite enfance de Gabrielle et sur son adolescence. J’ai eu un vrai coup de cœur pour Gabrielle, personnage central que l’on sent au bord du précipice… Je me suis laissée emporter par l’écriture fluide et agréable de Laurine Thizy dans ce roman dont la construction remarquable dévoile un secret final, invitant à une relecture éclairée du prologue. Laurine Thizy est assurément une auteure que je vais suivre. Vivement son prochain roman !
Je découvre L. Thizy avec son premier roman. Elle m’a séduite par la construction de son roman, savamment orchestrée jusqu’à la révélation finale. Les chapitres consacrés aux clowns m’ont beaucoup plu, à la fois par leur poésie mais aussi parce qu’on devine qu’ils vont intervenir et on cherche quand et comment…. J’ai aimé le style de l’auteure, fluide et souvent poétique, et j’ai surtout aimé le personnage de Gabrielle, une petite fragile bien plus forte et têtue qu’on peut le croire. Ce roman m’a rappelé des romans de D. de Vigan par les thèmes traités et le personnage d’adolescente en devenir. Le résumé : Gabrielle est née grande prématurée. Elle a toujours été fragile jusqu’au moment où elle découvre la gymnastique rythmique qui lui donne le maintien et la force d’affronter ses propres faiblesses. C’est grâce à ce sport qu’elle atteint la grâce qui la fait rayonner une fois entrée dans l’adolescence. Sous l’œil protecteur de Maria, son arrière-grand-mère au caractère trempé, elle se fraie un chemin vers le monde des adultes en cachant à tous « ces araignées qui lui sortent des poumons ». Il lui faut faire sa place au milieu de toutes les femmes qui l’entourent : sa grand-mère Josée, sa mère Suzanne confrontée aux déceptions du mariage, sa tante et ses cousines jalouses…Elle se tait jusqu’au moment où son corps parle pour elle. Un roman émouvant et très réussi !
Ce roman d’apprentissage, ce roman de la fraîcheur, de l’innocence et de sa perte, de l’enfance d’une grande prématurée et de son combat pour la vie, est magnifiquement écrit. Poétique, touchant, tendre et dur à la fois, il nous plonge dans la vie de Gabrielle, qui, forte de ses faiblesses (puisque ce sont elles qui la poussent à aller plus loin, plus haut, plus courageusement que d’autres), sait ce qu’elle veut et est intransigeante avec le reste. Elle va vivre le deuil, le passage de l’enfance à l’âge adulte, la déception, les compétitions et le don de soi et va chuter, puis se relever, avec la force dont elle a fait preuve à la naissance. Une renaissance en quelque sorte… Un ouvrage magnifique et un message d’espoir.
Je pense que ça sera mon coup de coeur de 2024, l'écriture de Laurine Thizy est magnifique. À la fois dur et percutante, elle sait aussi transmettre la réalité des émotions de Gabrielle avec une justesse digne des plus grands auteurs. En tant que grande fan d'Annie Ernaux, j'ai su trouver dans ce livre une relève assurée, juste et poétique dans sa cruelle réalité. En tant que femme, de telles fictions sur nos vies agitées et nos questionnement ainsi que la question de la santé mentale me font énormément de bien et m'émeuvent au plus au point. La fin m'a laissé toute chose de par les préoccupations éthiques qu'elle amène, je me suis vue en Gabrielle, à la fois forte et solaire, mais aussi isolée et perdue face à l'immensité du monde.
Une lecture pleine de nostalgie de l'adolescence, de cette bascule dans le monde adulte, du fait de grandir. Deux temporalités qui se rejoignent autour du même événement : un deuil familial. On découvre des générations de femmes qui ne se comprenne pas toujours et le personnage central de Gabrielle qui cristallise des tensions, des rêves, des peurs par sa simple existence.
Petit plaisir supplémentaire : la mémé Maria qui parle espagnol sans traduction !
A travers l'évolution de Gabrielle, enfant miraculée, adolescente déterminée et enfin jeune femme secrète, on se laisse emporter au son des voix des femmes qui l'entourent. Comment devient-on femme? Comment se construire dans un monde où il faut lutter pour exister? Le livre interroge la place de la parole et du silence, ce qu'ils disent et cachent et ce que le corps révèle sans mot.
A-DO-RÉ!!! pas jugeant et pas maladroit dans ses propos sur la classe pop, des portraits et des situations crédibles et prenants, et tant d'émotion avec la présence des clowns à l'hôpital, wow ! et QUELLE FIN!!!!
Premier roman remarquable qui tient en haleine jusqu’au bout. Tournée la dernière page je quitte Gabrielle, Maria, Suzanne …. mais une grande émotion ne me quitte pas.
Cadavres et douceurs... Clowns poétiques... La petite Gabrielle née de parents aimants... "Les maisons vides" tout comme l'histoire l'est un peu... Le genre qui décrit un accouchement en dix pages là où j'aurai mis dix lignes... Les beaux mots, les belles phrases... Les pirouettes Littéraire, ça oui, c'est maîtrisé. Mais dans le fond, le récit à il vraiment du cœur à l'ouvrage, à nous raconter ? Même le résumé est d'un ennui ;"Elle avance chaque jours vers la fin de l'enfance" euh c'est ça l'intrigue ? Et j'ai payé pour ça xd...