Dévoilé comme une dark fantasy historique et avec un tel visuel, nul doute que ce roman m’a de suite fait de l’œil et je me suis empressé de me le procurer afin de m’immerger de son alléchante et prometteuse ambiance. Si de ce côté-ci, l’auteur s’en sort avec brio et réussite, tout comme son contexte historique fort pertinent et captivant, j’admets avoir éprouvé quelques difficulté à me laisser porter par la plume de François Baranger.
Pourtant sans être des plus alambiquée et complexe à intégrer, il m’a parfois manqué de fil conducteur et de liens pour parvenir à saisir et détenir tous les tenants et les aboutissants de son intrigante uchronie. J’ai bien souvent eu l’impression de suivre, au détour de nombreux points de vue, de variées et divertissantes péripéties avec certaines jonctions, par moments, assez infimes et minces. C’est donc avec entrain et intérêt que j’ai parcouru les quelques chapitres de ce premier avec une irrégularité me laissant perplexe et songeur. Pour autant, la plume de l’auteur ne manque nullement d’ambition et sa prose dévoile une ambiance remarquable dont je me suis délecté avec plaisir et face à laquelle j’ai adoré m’imprégner malgré une certaine distance. Autant récit politique qu’ésotérique, Ars Obscura se révèle mystique à souhait et c’est d’ailleurs l’orientation face à laquelle j’ai été plus que sensible. Du fait de mon appétence pour le domaine de la magie, l’aperçu offert par ce dernier offre une appréciation considérable. Ainsi et sans se révéler pleinement porté sur l’action, ce premier volet se veut assez dynamique et rythmé malgré un manque de fluidité par moments.
Il faut dire que François Baranger dévoile un univers fort ambitieux, se déroulant dans certains coins de France et ce, jusqu’au palais impérial de Russie. Sans s’encombrer de détails et autres descriptions, celui-ci dévoile de nouveaux continents forts convaincants aux conflits encore assez timidement esquissés. Servant avant tout d’introduction, bons nombres d’informations sont alors apportées au lecteur et j’aurais apprécié quelques annotations tant le contexte historique se veut riche et fouillé. J’admets qu’étant donné mes faibles connaissances, je ne suis parvenu à ressentir tout le magistral travail réalisé par l’auteur quant à sa réécriture historique. Pour autant, le rendu est fort convaincant et attrayant et j’attends bien des éclaircissements dans les tomes à venir.
De plus et dans la continuité de son introduction, la romancier dévoile également une galerie de personnages considérable et j’admets que son ambition finirait presque par frôler l’indigestion de mon coté. Comme le reste, les protagonistes sont présentés sans forcément de contextes et cela m’a cruellement manqué. Finalement, seul quelques uns ont réussi à se démarquer et à sortir du lot comme le duo formé de Ludwig et d’Éthelinde qui m’a plus que régalé et intrigué ainsi que le frère du Tzar, Nicolas. Pour le reste, j’ai apprécié suivre les différentes intrigues esquissées quand bien même j’ai vainement tenté de réaliser certains liens et autres alliances entre chaque. Néanmoins et malgré ce manque, j’ai fortement apprécié la pondération dont fait preuve l’auteur afin que chacun ne se dévoile pas tout blanc ou tout noir et certaines destinées sont encore bien floues jusqu’à présent. Avec certitude, François Baranger pourrait aisément me surprendre à l’avenir car je compte bien poursuivre cette singulière mais toutefois intrigante épopée.
C’est pourquoi et quand bien même je ne ressors pas totalement charmé de cette découverte, je reste tout de même satisfait par cette dernière. J’ai pris plaisir à me délecter de l’ambiance mystique de cette intrigue politique aux tenants et aboutissants parfois, certes assez alambiqués, mais captivants grâce au riche contexte historique redessiné. Finalement, il m’a seulement manqué de passion et d’émotions mais je reste confiant quant à l’avenir de cette série.
Cette lecture a été réalisée à l’occasion du Blossom Spring Challenge – 2023 : Menu Lapin de Pâques – Catégorie Les œufs de Fabergé.