En ces temps de crise écologique, les paysans ont mauvaise presse. Le fossé se creuse entre eux, qu’on accuse d’empoisonner la terre, et une population urbaine qui aspire à une autre relation à la nature mais ne distingue pas un épi d’orge d’un épi de blé.
Lorsque Blaise Hofmann, fils et petit-fils de paysans, revient vivre à la campagne, il est le témoin direct de ces tensions. Lui qui a voyagé dans le monde entier part à la rencontre de celles et ceux qui, tout proches de lui, pratiquent encore le « plus vieux métier du monde », qui est « aussi le plus essentiel ». Avec humour et tendresse, porté par une indignation grandissante, il emprunte les voies du reportage sur le terrain et d’une réflexion plus intime pour brosser le portrait d’un monde agricole qui se révèle, contre les idées reçues, en constante réinvention de lui-même.
Blaise Hofmann est l’auteur d’une douzaine de livres, dont Estive (Zoé, 2007, Zoé Poche, 2011), Prix Nicolas-Bouvier 2008 au festival Étonnants Voyageurs de Saint-Malo, et plus récemment Deux petites maîtresses zen (Zoé, 2021).
un livre très touchant ! loin des clichés et fouillé, il ne donne pas de leçon, mais constate, réfléchit, propose des solutions, développe les situations. Fortement recommandé.
It shows you how important agriculture is and also that they try to be more sustainable. I liked the part where the farmer is vegan and produces oat milk and stuff like that. I don't like that the book is written in french.
À tout problème systémique dans un monde global, il n'y a pas de solution simple, pas de coup de baguette magique. L'agriculture et son industrialisation ont causé des dégâts sur l'environnement qui semblent irréparables, et qui creusent un fossé énorme entre les agriculteurs/trices qui font de leur mieux pour survivre dans des conditions de travail exécrables et les consommateurs de leurs produits, les citadins, qui se retrouvent très vite dans le jugement. Blaise Hofmann, fils et petit-fils de paysans, tente dans son œuvre de réunir ces partis en conflit pour ouvrir la discussion et progresser ensemble vers un futur plus radieux. Sans paysans et paysannes, pas de nourriture. Sans consommateurs/trices intéressé-e-s, pas d'argent pour les paysans et paysannes.
"Ce livre est l'expression d'un malaise, un questionnement, un constat douloureux, pas mal d'espoirs aussi ; ce sont des échos qui me viennent de l'enfance, des échos qui se sont souvent perdus en route, des échos qui résonnent peut-être en vous, je l'espère, on est tous fils, fille, petit-fils, petite-fille, aïeul, aïeule de paysans et de paysannes." (p. 206)
Hofmann expose les problèmes actuels de l'agriculture en Suisse: la dégringolade du prix du lait, l'isolation sociale des paysan-ne-s et leur taux de suicide 40% supérieur à la moyenne nationale, les exigences parfois irréalistes des consommateurs et consommatrices, la marge aberrante et les demandes invraisemblables des grands distributeurs, le manque de contact entre celles et ceux qui connaissent encore la terre et suivent ses rythmes et celles et ceux qui consomment de la viande importée sans se poser la question de la production. C'est un mélange de déprime et d'espoir qui se dessine pendant la lecture de ce bouquin. L'espoir d'un dialogue entre les néo-paysan-ne-s aux aspirations écologiques et sociales, les paysan-ne-s conventionnel-le-s au savoir ancien et à la productivité plus réaliste face au marché de la surconsommation, et les consommateurs et consommatrices qui doivent retrouver leur lien à la terre et investir dans leur assiette.
J'ai apprécié les efforts de l'auteur à traiter de tous les points de vue sur ce sujet houleux, en essayant de garder un regard aussi neutre que possible. Il a selon moi réussi à toucher à tous les aspects les plus épineux dans un format facilement lu, avec un langage familier qui parlera à tous les acteurs et toutes les actrices concernés. Mêlant histoires réelles de paysan-ne-s suisses et ses propres réflexions sur le sujet, Hofmann dresse un portrait du paysage agricole suisse d'hier, d'aujourd'hui et peut-être de demain.
Si je devais choisir deux mots pour résumer cette lecture, ce serait: étonnant et humain.
C’était un lecture très étonnante, le livre (que je lis dans le cadre dans concours) ne me tentait pas vraiment et c’est d’ailleurs un des derniers que je lis. Je m’attendais à une lecture, excusez-moi pour le choix de vocabulaire, chiante. Mais non, c’est tout le contraire. Je me suis intéressée et cultivée sur un domaine dont je ne connaissais quasiment rien et qui ne m’intéressait pas vraiment. Mais la plume légère de Blaise Hofmann a parfaitement fonctionné sur moi et j’ai vraiment apprécié cette lecture.
Ce livre est aussi tellement humain; aller à la rencontre de paysannes et paysans suisses à travers Hofmann m’a vraiment ouvert les yeux sur les problèmes qu’ils confrontent et plus simplement leur vie. Il m’a permis de voir plus loin que les reportages choques et autres articles condescendants, d’outrepasser mes préjugés. J’avouerai même que j’ai eu une petite poussière à la fin.
Je pense que ce livre est même un petit coup-de-coeur pour moi, mais il bénéficie peut-être d’être l’un des premiers essais que j’ai lu.
Je ne trouve même pas de tords à ma lecture. (c’est un clair 4,5 pour moi)
(franchement je sais pas pour qui je me prends ici 😭)
A researched and poetic ode to the most noble profession: farming. Excellent, lucid read that provides insight into the divide between city and countryside, neofarmer and established farmer. Blaise Hofmann gives an insightful and balanced view on some of the biggest challenges facing human-sized farms as the genre slowly goes extinct, and brings hope that smallholder farming may encounter newfound life in principles that align with climate and biodiversity goals as well as social justice.
Un savant mélange entre les souvenirs familiaux et le point de vue du journaliste. Une belle plongée dans le monde agricole suisse d'aujourd'hui, ses divergences, ses paradoxes, ses incohérences et toutes les difficultés à réconcilier des points de vue (citadins-agriculteurs, nouvelle-ancienne génération, antispéciste-éleveurs) qui pourtant au fond veulent la même chose.
Un bouquin au thème évocateur qui privilégie malheureusement une approche journalistique plus qu'un travail de fond. Si les chapitres sont intéressants, j'aurais aimé avoir une approche plus complète, mais c'est très subjectif. Un petit plus pour le fait qu'il s'agisse d'exemples et de personnages suisses.
Sehr interessant. Sehr umfassende Übersicht über eine schwierige Situation, den Fall Schweiz. Etwas eigenartige Stil. Viel Humor. Bewegt sich äusserst vorsichtig zwischen den Extremen. Sehr ausgewogen. Manchmal etwas detailliert.
This entire review has been hidden because of spoilers.
Je ne peux pas évaluer ce livre puisque je l'ai lu dans un contexte de cours, avalé en deux jours, ce qui enlève au plaisir.
Néanmoins, Blaise Hofmann apporte un point de vu tout en nuance sur le fossé entre vision citadine et paysan. Et plus encore, les fractures internes entre culture traditionnelle et biologique.
Bonne plume, rigolote, un peu cynique par moment, et qui nous fait pas mangé des formulations d'universitaire de dix paragraphes qu'on peut résumer en deux mots. Donc cool.