L’humanité a su éviter lae catastrophe et a changé totalement san mode d’existence, notamment san rapport à la vivante, et san organisation politique. L’Écoume est en effet respectueun de toutes, des végétales et des animales, de lae Terre en voie de guérison. Cependant l’apparition de Sitive, une planète à l’éco-système totalement incompréhensible, bouleverse lae conception de notre monde, de lae science à lae religion. Elle s’appelle Néea et san neuro-prothèse lui permet de marcher, de penser, il s’appelle Ugo et l’aide al quotidien, elle s’appelle Paloma, est danseuse et rentre de tournée, il s’appelle Basile, a été élu gouverneur et doit gérer nombre de crises, y compris dans san famille... Les habitantes de l’Écoume ne vont pas est-ce les informations communiquées par lae mission d’exploration de Sitive qui les inquiètent ou la planète influe-t-elle vraiment sur l’esprit des humaines? «Fiction-panier» selon les termes d’Ursula Le Guin, plutôt qu’histoire héroïque, tout simplement an magnifique roman tendu par l’affolement progressiven des Terriennes face à l’inconnu. C’est également an expérience de lecture d’an langage qui aura été refaçonné pour correspondre àn société plus juste, exempte de rapports de domination et de prédation.
En Imaginaire, il y a l’aventure, l’évasion, l’émotion mais aussi l’étrange, et Li-Cam se range clairement dans cette catégorie-là mais peut-être pas comme je l’attendais !
J’avais entendu parler dès sa sortie de la singularité des propositions de autrice lyonnaise. On m’avait prévenu de la résistance de texte, de ces jeux sur la langue inventé, mais pas de son intrigue façon puzzle éclaté et rythme absent. Ce fut trop singulier pour moi, trop étrange, trop ailleurs.
Tout commence ici par l’apparition sortant de nulle part d’une planète qui va venir se mettre dans la ligne de mire de la Terre. Que fait-elle ? Qui est-elle ? Que cache-t-elle ? Je pensais tenir là le scénario de Visite, même si je savais que l’autrice pousserait sûrement plus loin qu’une simple expédition dessus. Mais je ne m’attendais pas à une intrigue aussi mince, aussi éphémère et à un propos aussi philosophique, en apesanteur et éclaté, qui allait me perdre.
Il y avait déjà la difficulté à rentrer dans l’histoire à cause de l’utilisation d’une langue des plus uniques, sans plus aucune marque claire de féminin et de masculin pour tenter d’effacer la domination masculine précédente, ce qui oblige à une vraie gymnastique vite épuisante, et l’énergie mise à décrypter, on la perd un peu à fixer ce qu’on vient de lire, alors de là à comprendre et suivre l’intrigue globale… S’est adjoint à cette complexité, une intrigue éclatée où l’on passe grâce à différentes polices d’un extrait de livre, à un journal de bord, puis un carnet, etc. On s’y perd. On cherche qui parle, pourquoi, dans quel but. Et l’intrigue ? Elle n’avance pas beaucoup.
L’autrice semble avoir surtout voulu nous présenter une société post-catastrophe climatique et recul, une société avec de nouvelles dynamiques, nouvelles valeurs. Le mystère de cette nouvelle planète, Sitive passe au second plan. Elle préfère distiller des informations sur cette nouvelle vie et la place de la technologie et des IA, les Quant. Mais elle le fait à travers des personnages non fiables à la santé mentale vacillante, ce qui fait qu’on vacille et se perd avec eux. Qui est humain au final ? Qui est Quant ? Qui est entre les deux ? Je m’y suis un peu perdue, comme dans l’influence visible au bout d’une moment de Sitive, qu’on soupçonne d’être à l’origine de certaines altérations et visions, rêves ou hallucinations que nous aurions. Mais que se passe-t-il ?
C’est exactement ce que je me suis demandée alors que j’attendais plutôt désespérément des informations et révélations sur cette dernière… Et à part, quelques observations sur la flore arboricole qui la peuple et agit de manière fort étrange et surprenante pour nous, j’en suis restée là. Ce fut terriblement cruel. Quand on débute une histoire sur un tel mystère, on s’attend vraiment à ce qu’il soit traité. Ici, tout est laissé en suspens, et je n’ai pas eu l’intelligence de comprendre pourquoi, la lecture m’avait déjà trop fatiguée.
L’originalité parfois c’est bien, mais parfois cela perd totalement le lecteur. Ce fut mon cas. Je comprends que certains aient pu être intéressé par ce jeu de langue, par la description de cette nouvelle société loin de notre capitalisme, par la présence des Quant, par les mystères soulevés par la santé mentale des personnages. Pour ma part, ce fut trop fatiguant à lire, trop philosophique aussi, et je n’avais plus l’énergie pour ça. Je suis donc passée à côté de cette lecture et des propositions de cette autrice.
Visite est un roman tout bonnement fascinant qui m'a retourné le cerveau à plusieurs reprises.
J'ai adoré, notamment l'aspect linguistique, que j'ai trouvé particulièrement intéressant : Pour une volonté d'égalité dans la société utopique mais post-apocalyptique que nous présente Li-cam, le français est désormais un langage neutre - et le roman est écrit dans ce langage même. Après quelques difficultés, on s'y fait sans mal - et c'est d'autant plus intéressant que des personnages plus âgés utilisent toujours le langage que nous connaissons, et ainsi, quand des choses anormales se produisent, nous le voyons immédiatement, grâce à la langue qui change de neutre à genrée. C'est tout bonnement incroyable ! Le malaise que cela engendre de lire un personnage qui alterne d'une langue à l'autre était palpable.
Les personnages sont une autre force de ce roman. Ils sonnent tous incroyablement justes : leurs pensées, leur comportement, leurs réactions. Ils sont tous différents, fruits de leur environnement, activités et entourage, et on a vraiment l'impression de toucher du doigt des personnes qui, effectivement, d'ici un peu plus d'un demi-siècle, pourraient exister.
Mon seul bémol serait la fin que j'ai trouvée trop abrupte.