SPOILERS
Camille la reine>>
brillant et percutant!!il réussit à lier la question écologique aux luttes sociales, féministes et antiracistes en montrant qu’il s’agit toujours des mêmes logiques d’oppression - exploitation des corps, des peuples et de la nature au profit d’une minorité -
L’exploitation coloniale directe s’est transformée en exploitation indirecte via l’extraction des ressources.
>Total qui poursuivent ce pillage en Afrique ou en Amazonie, sous couvert de développement.
>Le parallèle avec l’industrie du tabac, qui finançait des recherches pour semer le doute, illustre bien la manière dont les entreprises fossiles tentent de s’acheter une légitimité scientifique et culturelle (Sciences Po, BnF, Louvre, Opéra de Paris, etc.).
J'ai adoré la réflexion sur la désobéissance civile : les grands acquis n’ont jamais été octroyés dans le respect de la loi, mais conquis contre elle.
Sauver des vies en Méditerranée devient un crime, alors qu’obéir aux règles de l’exploitation détruit notre monde.
« Le monde ne sera pas détruit par ceux qui font le mal, mais par ceux qui les laissent faire » -Einstein
Le livre montre aussi à quel point la consommation moderne nous aliène :
-Nous consommons pour exister, et nous nous consumons pour paraître.
-Manger un simple bifteck implique la déforestation de l’Amazonie, l’usage massif de médicaments, et une chaîne de souffrance animale et humaine.
-L’outil technique, censé nous libérer, finit par nous dominer : dépendance au GPS, aux algorithmes, aux réseaux sociaux qui nourrissent nos cerveaux à la dopamine.
Camille nous dit d'aller à la racine du problème, plutôt que courir après les symptômes. Elle rappelle qu’il suffit de "3,5 % d’une population mobilisée" pour faire basculer un système, et invite à ce soulèvement écologique qu’on tente de rendre impossible en opposant l’écologie au peuple. Or, au contraire, elle est le combat pour nos libertés fondamentales : respirer un air pur, se nourrir, transmettre un avenir vivable etc.
J’ai aussi adoré les passages plus poétiques et la plume de Camille, qui donnent envie de ralentir : partir en montagne, contempler les étoiles, réapprendre à observer le vivant.
« Nous protégeons que ce que nous aimons, et nous n’aimons que ce que nous connaissons. »