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L'Industrie du complotisme

Dans la foulée du Cauchemar de don Quichotte et de La Liberté dans le coma, Matthieu Amiech poursuit l'exploration des ravages de la numérisation sur les sociétés humaines. Internet et les réseaux sociaux sont ainsi le terreau du phénomène complotiste. Mais celui-ci a également pour carburant le nihilisme des oligarchies, qui assument de plus en plus l'appauvrissement des populations et la destruction de la vie sur terre, pour maintenir le système économique en place. Dans une ambiance de fin du monde, le complotisme ne peut que proliférer. Ce livre choisit d'affronter les questions qu'il soulève – tantôt absurdes, tantôt légitimes –, en les réinscrivant dans une perspective politique.

216 pages, Paperback

Published April 21, 2023

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Displaying 1 - 2 of 2 reviews
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348 reviews42 followers
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September 22, 2026
j'ai enfin fini ce bouquin... c'est pas dommage...

le principal problème de ma lecture, c'est que je voulais lire une enquête sur les mécaniques complotistes avec une contextualisation socio-politique. je me passionne pour les mécaniques d'emprise et d'embrigadement collectives, je suis tombée sur ce livre en cherchant des choses écrites sur les sectes qui ne soient pas des témoignages sensationnalistes, et le titre m'a intrigué. je saurais désormais qu'il ne faut pas acheter sans savoir un peu qui écrit et qui édite (en l'occurrence, c'est le même gars, ceci explique cela)

en fait d'enquête, voilà un essai de 260 pages de branlette d'intellectuel de gauche qui comprend mieux le complotisme que le reste du monde mais qui comprend mieux le monde que le reste des complotistes. déjà, ça parle vraiment pas beaucoup de complotisme (pas avant la page 164 si j'en crois mes notes).

en fait, le thème du complotisme est une excuse pour nous tartiner sa thèse très avant-gardiste. je vais essayer de la résumer même si mon faible cerveau n'a sans doute pas tout compris (et que ça fait hyper longtemps que j'ai lu le début)
- le complotisme c'est pas si mal pour la lutte
- les complotistes se trompent de complot
- le vrai complot n'est pas caché, c'est la numérisation de la société qui nous pourrit le cerveau de l'intérieur
- le capitalisme a besoin de la société de consommation permanente
- il faut faire autrement que le capitalisme
j'espère que l'originalité ne vous en a pas fait tomber à la renverse

au delà de mon impression d'une perte sèche de temps, je trouve aussi qu'il utilise des argumentaires et positionnements très questionnables et finalement, assez proches des dérives du complotisme dans son mécanisme de pensée. et puis je déteste la politique de la génération mais : quel énorme boomer ffs
on dirait un livre écrit pour convaincre les complotistes de passer de la Terre plate au renversement du capitalisme, avec des dogwhistles permanents sur la Manipulation de Big Science etc... pourquoi pas, mais à mon avis une impasse politique et stratégique + qui va lire ton livre mon copain ? moi, mais j'aurais pas dû.
7 reviews
October 9, 2023
L’auteur prétend défendre une thèse a priori intéressante : « le complotisme est nécessaire aux mouvements contestataires ». Cependant, l’auteur tente de justifier ses propres idées complotistes à travers ses positions politiques et ses positions politiques à travers ses idées complotistes. Dès le premier chapitre, il confond complotisme et esprit critique en amalgamant les méfiances saines issues de la population et leurs positions les plus farfelues comme étant du complotisme.

Dans le second chapitre, l’auteur revient sur des complots ayant réellement existé : Projet Manhattan, industrie du plomb, amiante. Il prétend qu’il faut « se confronter au “noyau de vérité” de la paranoïa antisystème pour pouvoir en dénoncer de manière juste les aberrations. »

Il explique ensuite comment l’avancement des technologies mène à la création d’une plus grande inégalité sociale, ce dont les dirigeants seraient parfaitement au courant. Il pointe les contradictions de ces derniers qui prétendent d’une part réduire le chômage en augmentant la création d’emploi, tout en investissant dans les technologies qui tendent à réduire le nombre d’emplois disponibles. Il pointe notamment en première ligne les contradictions de la transition écologique. Ainsi, il évoque des faits que n’importe qui peut trouver en deux minutes en regardant notamment les vidéos des influenceurs qu’il accusait quelques pages plus tôt de jouer le jeu des dirigeants en « propageant leurs mensonges ».

Dans le chapitre 4, il montre comment les technologies peuvent asservir la population. L’identité électronique permet de surveiller nos activités, Facebook et Google sont des entreprises de surveillance et les téléphones (à travers la géolocalisation) sont des auxiliaires de la police. Il explique que le développement technologique est d’abord industriel, mais historiquement politique. Le développement technologique est né de la création d’un besoin ; capitalisme et usage répressif des technologies se répondent pour aider à propager les nouvelles technologies. Ces dernières ont provoqué la perte de nos libertés depuis déjà plus de 25 ans en ayant envahi toutes les sphères de la société, dont la finance et le travail en premier lieu. En résumé, les géants technologiques auraient acquis un pouvoir qui surpasse celui des états. « L’accès au monde est en cours de privatisation ».
Enfin, dans le 5ème chapitre, il évoque l’idée qu’il n’y a pas de complot, mais seulement une volonté de poursuivre à tout prix le développement industriel. Le capitalisme aurait dépossédé la population mondiale de ce qu’ils produisent et réduit leurs libertés et leur autonomie matérielle. Il idéalise une vie passée où les hommes produisaient leur propre nourriture, pratiquaient l’automédication et confectionnaient leurs objets du quotidien. Cette perte d’autonomie, dont le fer de lance serait les écrans et les réseaux sociaux, serait organisée par les technocrates. Et il prétend que le complotisme naîtrait du constat des contradictions entre les actes des dirigeants, nourri du climat apocalyptique de notre époque.

Ainsi, l’auteur conclut que seuls 3 points inatteignables permettraient de récupérer de l’autonomie au sein du peuple : la désintoxication numérique, l’invention d’un nouvel imaginaire de subsistance et la prise de distance avec les réflexes patriotes.

En résumé, l’auteur critique l’état actuel du monde et dépeint un avenir ne présentant que peu d’espoir. Tout en réalisant un détour inutile par le sujet brulant du complotisme, il jette un pavé dans la marre, à grand coup d’arguments d’autorité. Personne ne l’avait attendu pour critiquer l’état du monde et le rôle des technologies dans celui-ci. La preuve, des solutions concrètes dont il ne parle pas existent pourtant. Des initiatives citoyennes visent déjà à ralentir notre rythme de vie et récupérer du contrôle et de l’autonomie sur notre quotidien (p. ex., les circuits courts, les coopératives, les bibliothèques d’objets, les jardins partagés…) Au lieu de conseiller ce livre au contenu éculé, je conseillerais plutôt de prendre le temps de s’intéresser à ces solutions concrètes.
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