C'est de nouveau un joli coup de coeur pour le deuxième tome de la série Les fleurs se maquillent aussi, parue chez Akata ! C'est toujours aussi passionnant de lire des histoires consacrées au maquillage et au rapport à la féminité, en lien avec des thématiques plus qu'essentielles : dans ce deuxième tome, nous avons le cas des bouffées de chaleur, un symptôme de la ménopause, par le biais d'un personnage secondaire plus jeune. Ces bouffées de chaleur s'accompagnent de sueurs, ce qui entraîne des difficultés en termes de tenue pour le maquillage. J'ai trouvé ça intéressant la manière dont Schwinn, la mangaka, parvient à lier le sujet de son manga (ici le maquillage) avec des thématiques en adéquation avec les personnages (ici les seniors). Nous nous attachons entre davantage à nos héroïnes si adorables et bienveillantes. Plus personnellement, j'ai beaucoup aimé les mentions qui sont faites sur la littérature japonaise lesbienne et les recherches qui peuvent être faites, ce qui entraîne d'autres sujets tout aussi intéressants (la reprise de ses études à un grand âge...). Dans l'optique de trouver de nouvelles occupations, Hanayo se rend dans un cours de littérature. Nous faisons la connaissance de nouveaux personnages plutôt sympathiques, mais c'est aussi l'occasion de parler plus longuement de littérature, un sujet qui me passionne d'autant plus ! Les anecdotes font écho à des scènes et des remarques que nous connaissons/que nous avons déjà entendu, ce qui renforce notre immersion dans l'histoire. En bref, toujours aussi agréable de suivre le quotidien de Hanayo et des femmes d'âge mur qui l'entourent petit à petit et les relations qui se créent entre elles, un régal de bout en bout, vivement la suite !
Der zweite Band knüpft nahtlos an die Entwicklung des ersten Teils an – und geht noch einen Schritt weiter. Hier geht es nicht mehr nur ums Aufblühen, sondern darum, sich selbst wirklich zu entdecken und für sich einzustehen. Was diesen Band besonders macht, ist die Entwicklung der Protagonistin hin zu mehr Selbstbewusstsein. Sie lernt, Dinge für sich selbst zu tun, nicht nur für andere. Sie findet ihre eigene Stimme und traut sich, diese auch zu nutzen. Diese Entwicklung fühlt sich organisch und verdient an – man hat sie im ersten Band aufblühen sehen, und jetzt sieht man, wie sie ihre eigene Stärke findet. Die Geschichte zeigt, dass Selbstfindung kein linearer Prozess ist. Es gibt Rückschläge, Zweifel, Momente der Unsicherheit – und genau das macht die Protagonistin so nahbar und ihre Entwicklung so glaubwürdig. Man fiebert mit ihr mit, wenn sie lernt, für sich selbst einzustehen, und freut sich über jeden kleinen Sieg. Fazit: Ein starker zweiter Band, der die Charakterentwicklung konsequent weiterführt. Die Protagonistin wächst über sich hinaus, wird selbstbewusster und lernt, ihre eigenen Bedürfnisse ernst zu nehmen. Eine berührende Fortsetzung, die zeigt, wie wichtig es ist, für sich selbst einzustehen.
Libérée des tâches qui rythmaient autrefois son quotidien, Hanayo commence enfin à vivre pour elle-même. Elle laisse parler ses envies, se réouvre au monde et multiplie les nouvelles expériences : elle s’inscrit à un cours de littérature grâce à sa tablette — achetée avec l’aide de sa petite-fille —, retrouve ses amies… et passe de plus en plus de temps avec Yoshiko. D’ailleurs, pour son anniversaire, elle fait un choix fort : le célébrer non pas avec son fils, mais avec celle qui fait désormais battre son cœur.
Dans ce second tome, nous retrouvons une Hanayo transformée. Elle s’affirme, elle ose, elle avance. Et quel bonheur à lire ! L’émancipation lui va à merveille, et c’est un véritable plaisir d’assister à cette renaissance, même si elle ne se fait pas sans heurts.
Car ce changement ne plaît pas à tout le monde. Son fils, notamment, ne la comprend plus. Habitué à une mère entièrement dévouée, il peine à accepter cette nouvelle version d’elle-même, plus libre, plus indépendante. Mais Hanayo, elle, ne compte plus revenir en arrière — et ça fait du bien.
Du côté de Yoshiko, les choses avancent aussi… doucement, mais sûrement. Derrière sa douceur se cachent encore les blessures de son premier amour, qui freinent ses élans. Leur relation se construit avec une grande délicatesse, presque avec pudeur. C’est simple, naturel, sincère — et profondément touchant.
J’ai vraiment adoré ce tome. Il confirme tout ce qui faisait la force du premier : un récit juste, humain, qui aborde avec finesse l’émancipation féminine et les blessures laissées par une vie passée à s’oublier. C’est aussi, encore une fois, un cri contre les injustices faites aux femmes.
Et que dire du trait de schwinn… Toujours aussi doux. Il y a quelque chose de profondément apaisant dans ces planches, une poésie qui continue de nous porter tout au long de la lecture.
Une série qui vaut clairement le détour, et que je suis ravie d’avoir découverte.
On enchaine, et vraiment toujours aussi doux ! J'aime beaucoup l'évolution. J'aime tellement les oeuvres sur les personnages quinquagénaire, sexagénaire etc. Je trouve que ça une saveur différente.
C’est avec la même émotion que Schwinn poursuit le récit de vie de la désormais veuve, Hanayo, qui grâce à une rencontre découvre toutes les possibilités qui s’offrent à elle.
Entre partage de ses expériences avec ses amies, envie de reprendre ses études et conversion nécessaire avec son fils, elle a fort à faire cette fois encore, sans s’oublier bien sûr, ni oublier sa relation naissante avec Yoshiko.
Il y a toujours la même sensibilité, la même douceur, dans ce portrait critique de la femme japonaise à qui on a longtemps demandé (et encore aujourd’hui) de se dévouer à son foyer en s’oubliant un peu trop. La critique est fine mais percutante. L’autrice montre bien qu’à travers les générations et les lentes évolutions, le schéma se perpétue malgré tout et qu’il est temps d’en changer, qu’il est temps pour les hommes de changer et d’écouter les besoins de liberté et d’équilibre de leurs femmes et compagnes.
L’histoire d’Hanayo est en cela très intéressante, mélangeant problématiques familiale et de couple. Il y a certes ce patriarcat dont elle fut la victime, mais également peut-être sans qu’elle le conscientise alors l’homophobie de la société qui l’a empêchée de réaliser ses réelles inclinations, ce qu’on comprend peu à peu. Mais c’est sa vie et il n’y a pas de regret à avoir, il faut avancer et regarder vers l’avenir, ce qu’elle fait avec beaucoup de philosophie. J’ai apprécié ainsi de la voir conseiller une amie en pleine ménopause qui ne souhaitait pas moins rester coquette malgré les effets secondaires désagréables de ce moment. J’ai adoré la voir reprendre des études dans un domaine qui lui plaît, oser s’inscrire et assister à une conférence alors qu’elle n’est pas du tout dans la moyenne d’âge. Cela demande un certain courage. Ce fut encore plus jouissif de la voir remettre doucement mais fermement son fils à sa place, même si cela aurait pu être un peu plus fermement encore vu le gus. C’était un moment terrible sur la façon dont un fils voit sa mère à cause de ce qu’il a vu d’elle à travers sa relation avec son père et ce qu’il a vécu enfant avec elle, sa maman.
Et la romance dans tout ça ? Elle avance tout doucement, tout tendrement. Yoshiko se rappelle sa première grande histoire avec émotion et peut-être un peu de regret avec une jeune aspirante chanteuse, qu’on avait refourguée aux magazines de charme plutôt. Ce fut un moment plein de mélancolie. Mais c’est surtout avec leur jolie soirée d’anniversaire que les choses prennent tournure. Alors oui, cela reste très très subtile. Les effleurements sont rares mais on sent qu’ils les pénètrent. Les mots sont encore à couvert. Elles ne disent pas le grand mot en C. Elles tournent un peu autour du pot, mais je peux comprendre vu les changements que cela opérerait pour Hanayo et l’équilibre qu’il y aurait à trouver, en plus des révélations. Je suis alors curieuse de voir ce que contiendra le 3e et dernier tome en la matière.
Très belle série qui élargit son propos autour des secondes chances de la vie. Il n’hésite pas à aborder la question de la vision de la femme dans le couple au Japon frontalement et pourtant avec finesse. Cela donne une lecture enthousiasmante et touchante où nous avons très envie d’encourager Hanayo dans sa démarche et ses projets, mais aussi de remettre en place ce fils si indélicat. Un très beau moment.