L’histoire est écrite par les vainqueurs. C’est ainsi que s’est imposée la figure d’Henri IV comme successeur logique des Valois. Sa légitimité aurait-elle donc été toujours incontestée?? Le déroulé des événements de la guerre de Succession de France et la lecture d’une certaine littérature remettent en cause ce qui a pu paraître comme une évidence. En réalité, le premier roi Bourbon a dû s’imposer face à d’autres prétendants plus ou moins crédibles. Même après que Paris lui a ouvert ses portes, il a dû confirmer qu’il était le souverain de l’ensemble de ses sujets, nonobstant les difficultés militaires et les complots, jusqu’au couteau de Ravaillac qui a consacré définitivement sa légitimité. Plus surprenant encore, au-delà de sa dimension militaire et religieuse, la guerre de Succession de France a incarné un véritable laboratoire politique, où l’inspiration était puisée autant dans l’histoire antique que l’histoire de France, fraîchement dévoilées à un plus large public grâce à l’imprimerie, le plus grand legs de l’humanisme. Fadi El Hage nous invite à une relecture inédite d’événements que nous croyons bien connaître, mais qui prennent une autre ampleur dès lors que nous nous éloignons des légendes et des passions.
J'ai commencé le livre en étant très fatiguée (vous savez, le moment où vous lisez et où ne rien s'imprime? C'était moi la semaine dernière) et pour le challenge "histoire d'en parler" (le thème de ce mois ci est "Les Bourbons"). Et j'ai bien aimé.
Ce n'est pas vraiment surprenant : j'aime bien la période des guerres de religion, c'est une période que je connais un peu car je l'ai bossé pour le CAPES et même si ça remonte, j'en ai quelques souvenirs. De plus, le livre se concentre sur la dimension politique, un de mes sujets de prédilection.
Ce ne sera pas un livre marquant, pas comme "Tous ceux qui tombent" de Jeremie Foa. C'est par contre une bonne synthèse sur la question de l'accession au trône de Henri IV. Le livre pose le contexte politique, militaire et religieux de la royauté français durant les guerres de religion, avec tout d'abord la délégitimation des Valois, la faible marge de manœuvre d'Henri III entre les Guise, la Ligue et les protestants puis la construction de la légitimité d'Henri IV à gouverner, à dépasser son rôle de chef de parti pour prendre le rôle d'un roi de France incontesté par tous (catholiques comme protestants, villes comme seigneurs, à l'intérieur du royaume comme à l'étranger).
J'ai beaucoup aimé la réflexion sur cette légitimité avec la comparaison des 1ers Capétiens sur la question de l'élection, du sacre mais aussi la construction de la loi salique. Le Moyen-Âge n'est jamais vraiment loin, et les guerres de religion sont vraiment une période de transition à ce point là, avec les bases de l'absolutisme qui sont posées.