Ce livre parle d’aujourd’hui, de nos asphyxies et de nos grands besoins d’air. Parce qu’une atmosphère assez irrespirable est en train de devenir notre milieu ordinaire.
Et l’on rêve plus que jamais de respirer : détoxiquer les sols, les ciels, les relations, le quotidien, souffler, respirer tout court.
Peut-être d’ailleurs qu’on ne parle que pour respirer, pour que ce soit respirable ou que ça le devienne. Il suffit de prononcer ce mot, « respirer », et déjà le dehors accourt, attiré, aspiré, espéré à l’appel de la langue.
Born in Paimboeuf (France) in 1973, Marielle Macé is a researcher and writer.
Research Director at the CNRS and Director of Studies at EHESS (Paris), Marielle Macé is also a guest lecturer in Chicago, New York (NYU) and Berkeley, and was associate author at the Théâtre des Amandiers.
Her books (essays and poems) make use of literature to give thought to and discuss different forms of life – social life, community life, precarious lives and vulnerable landscapes. Her published works include Styles. Critique de nos formes de vie (Styles. A Critique of our Forms of Life – Gallimard, 2016), “Nous” (Us) (ed., Critique, 2017), Sidérer, considérer. Migrants en France (Bewilder, Consider. Migrants in France – Verdier, 2017), “Vivre dans un monde abîmé” (Living in a Damaged World) (ed., Critique, 2019), Nos cabanes (Our Cabins – Verdier, 2019), and Parole et pollution (Words and Pollution – AOC, 2021).
4,5 un tellement bon essai, qui donne espoir malgré la pollution, les maladies respiratoires et l’actualité désastreuse. une pensée politique et poétique très bien ajustée! un vrai plaisir de lecture grâce au travail des mots qui s’entendent et prennent toutes leurs significations (plurielles).
Suite à la lecture de "Nos Cabanes" et maintenant de "Respire", je constate que l'écriture de Marielle Macé résonne davantage quand on s'intéresse à sa forme plutôt qu'à son contenu stricto sensu. Ce qui m'émeut, c'est sa capacité contagieuse à élargir les mots, à leur conférer une nouvelle lumière pour leur permettre d'ouvrir de nouvelles idées, de nouveaux horizons.
Et comme elle le disait dans une conférence récente: "Parmi les régions les plus polluées du monde, il y a la parole".
Dans cette époque où la violence et la marchandisation colonisent le langage, l'élan de Marielle Macé est un refuge, une cabane qui nous préserve et nous prépare à résister.
Livre important. Cet essai se lit d'un trait, mais on souhaite l'étirer, prendre des pauses pour le réfléchir. La réflexion est habilement tissée à des citations d'autrices et auteurs et à des ancrages concrets de la vie de tous les jours. J'y ai appris toutes sortes de petites choses, de faits. Le sujet riche: on respire sans arrêt sans jamais tant prendre le temps de saisir et de comprendre tout ce que ça peut signifier, respirer. J'ai souligné tellement de passages, en ai notés dans mon carnet d'écriture afin de m'assurer de les relire comme celui-ci: "...c'est aussi le soin pris à la parole et à ce qu'on s'y réserve les uns aux autres qui donne à respirer, qui fait la vie respirable." (p. 103).
Se lit aussi bien pour le plaisir, en vacances, que pour se donner de la nourriture à penser et pour vivre.
La question de la respiration a tenu une place importante dans la vie de Marielle Macé. Enfant asthmatique, elle a grandi dans un lieu pollué par les usines, et a vu son père boulanger souffrir d’allergies aux pesticides contenus dans la farine. Elle nous offre ici une réflexion complète sur la notion physiologique, philosophique et sociale du manque d’air dans nos vies actuelles, et nous invite à se retrouver pour « conspirer ». Égrené de nombreuses citations littéraires, ce petit bijou est à lire et offrir sans modération.
Uma bela defesa do direito à respiração. Respiração, para Macé, parece ser uma alegoria para pensar a nossa interdependência e vulnerabilidade compartilhada (ontológica até). Mas é mais do que é isso: a autora nos convoca a pensar nas outras tantas dimensões desse gesto que é (também) fisiológico e que habilita a fala, a vida.
Hyper beau livre, toute une conception de l’air que je n’avais pas réalisé jusqu’à la sociologie de notre société, des arguments qui me paraissent évidents une fois la lecture réalisée. un ton assez alarmant sur notre futur, mais un très bel éloge à ce qui nous entoure
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Presque jusqu'à la fin, l'autrice nous fait vraiment respirer par ses réflexions. À mesure que l'on parcoure les phrases, on les lirait presque à voix haute pour sentir notre souffle, puisque parler c'est respirer. Les sujets abordés sont variés, et l'on découvre des aspects de la respiration auxquels on n'avait parfois jamais pensé avant. Après avoir lu cet essai, il est impossible de voir l'acte de respirer de la même manière tellement notre perception a pu s'en enrichir. Si les réflexions sont assez abordables sur de nombreuses pages, je me suis sentie oppressée par un fil de pensées que je n'ai pas réussi à saisir, et c'est peut-être le paradoxe de cet essai: on ne peut le respirer en entier qu'à condition d'avoir un certain esprit philosophique et un cerveau plus qu'en forme.