Avec L'odeur des pierres mouillées, Léa Rivière tisse des mondes dont on ne peut jamais vraiment dire s'ils ont toujours été là ou s'ils sont sur le point d'advenir. Elle fabrique des histoires qui mêlent traditions, science-fiction, écologies trans, relations aux ancêtres et interdépendances des villages. Du dialogue poétique qui flirte avec la performance à l'épopée wittigienne, Léa Rivière révèle une écriture précise et protéiforme, toujours au service de ce qu'elle nomme « travail narratif » : une manière de faciliter l'émergence de récits nécessaires à la vie de celleux qui occupent les interstices des narrations hégémoniques.
bon, avant de parler du recueil en lui-même, j'ai juste envie de souligner à quel point les éditions du commun publient des livres INCROYABLES, avec des plumes tellement originales et intéressantes stylistiquement, merci à elleux pour les travaux!!!
quant aux poèmes de Léa Rivière... j'ai du mal à formuler les choses autrement que comme "fiouuuu". Un long souffle, qui signifie toute mon admiration, tout mon soulagement, tout mon émerveillement de voir de si jolis mots couchés sur le papier. c'est une poésie faite pour être lue, prononcée à voix haute et claire. c'est drôle. c'est émouvant. Le long poème final, "amour municipal", j'ai eu du mal à rentrer dedans j'étais comme "oulala mais elle m'emmène où ?". j'ai mis plusieurs jours pour le lire, et j'en suis ravie. les moments en compagnie de Lila et Léo c'était précieux, et vrm c'est pas pour faire ma gaucho en mode "we live in a society" mais les discussions entre ces deux persos fictives m'ont donné de quoi nourrir mes pensées pendant quelques temps je crois.
bref, merci Léa Rivière, bravo les trans-lesbiennes, on serait rien vous for real real
[3,5] parce que j’ai pas compris grand chose à « Amour Municipal » mais quel putain de poème que « Je suis pas trans dans la forêt » wow, frissons. Le reste était chouette.
Incroyable mais j'ai moins aimé la dernière section qui se perd à mon avis en circonvolutions un peu trop abstraites, une sorte de dialogue un peu trop forcé à mon goût. mais le reste incr
super coup de keur, surtout la première partie du livre, des poèmes touchants, qui parlent politique, collectif, nature... Ce sont des poèmes à se lire dans l'herbe, ô bord de l'eau.
La deuxième partie j'ai eu plus de mal, mais elle reste intéressante, c'est juste moins mon style.
L'odeur des pierres mouillées c'est un recueil de poésie à mi-chemin entre l'utopie de science-fiction et le manifeste politique. La danseuse-poétesse qui l'a écrit nous y parle de former des villages, de savoir apprécier les traditions, et d'apprendre à sentir les cailloux et les rivières.
J'avais tellement envie d'aimer ce livre ! Il avait tout pour me plaire à l'origine : de la poésie lesbo-trans dans la forêt qui mêle esthétique et politique, normalement c'est ma came. Et c'est vrai que j'ai aimé son emprunt du "elles" des guérillères de Monique Wittig, que j'ai trouvé le travail sur la forme vraiment intéressant, et que j'ai parfois été touchée par des bribes qui formaient comme des éclaircies dans un tout qui malheureusement m'a vite laissée perplexe.
Moi je pense que les histoires ça suffit pas et qu'il faut du combat, et que quand j'ouvre un bouquin de poésie je n'ai pas envie d'y retrouver des hot takes Twitter-esque. Peut-être que je suis passée à côté du fond du recueil, peut-être que je ne suis juste pas d'accord avec le message politique qui y est (plus ou moins) véhiculé, en tout cas là où la forme m'a attrapée, le fond m'a laissée de marbre.
J'ai vraiment adoré la première partie du recueil avec ses poèmes qui répondent parfaitement à la promesse initiale. J'ai malheureusement beaucoup moins accroché à la deuxième partie "amour municipal", j'ai trouvé la forme trop complexe pour apprécier le fond.
ce livre m’a fait tellement de bien !! ça me fait repenser tout mon rapport à l’imaginaire et à la poésie (qui n’était pas très présentes dans ma vie) et quelles merveilleuses questions à se poser un livre qui m’aura transformé je pense aussi quel délice de lire des choses qui me comprennent
Les poèmes de ce recueil sont d’une force folle et ont beaucoup résonné en moi. La partie « Amour municipal » était si belle que j’en ai corné presque toutes les pages pour y revenir souvent.
Des frissons dès la première phrase. Trois longs poèmes au féminin qui sentent la mousse et les corps nus dans la boue. Des mots qui touchent, des mots qui caressent, des mots qui mordent. Des dialogues “woke” entre les bruissements, des pensées au vent, des vies plus vraies sous le couvert des forêts.
C’est sublime, je ne sais pas trouver les mots pour en dire plus : ce n’est pas à lire, c’est à respirer.
Lu à voix haute sur des pierres presque sèches, près de la corniche Kennedy à Marseille. Une caresse aussi brutale que le mistral qui cogne dans le dos. Par contre le dernier texte j’ai décroché.