Pour récupérer la garde de sa fille, Gus, un père au bout du rouleau, se lance dans une prise d’otages dans l’hôtel de naufragés où il vit. Sa revendication ? Un Boeing pour fuir au Venezuela avec Émilie, sa petiote. Pour ce plan foireux, Gus s’allie à Cerise, une prostituée à perruque mauve. À eux deux, ils séquestrent les occupants déglingués et folkloriques du lieu : George, le tenancier, Boudu, un SDF sauvé des eaux, Fatou, une migrante enceinte, Gwen et Dany, un couple illégitime enregistré incognito, Hubert, un livreur Uber jamaïcain, mais aussi Sergueï, un marchand d’armes serbe. Et bien sûr, Émilie, son ado rebelle de quatorze ans. La capitaine de police Mia Balcerzak est la négociatrice de cette cellule de crise. Crises familiale, sociale, de la quarantaine ou de nerfs... quoi qu’il arrive, crise explosive ! Benoît Philippon nous ravit encore avec une comédie à l’humour aussi tendre qu’amoral. Hubert Artus, Lire Magazine littéraire.
Abandon. Moi qui avait adoré mamie luger je m'étonne de ne pas avoir pu finir ce livre. Mais vraiment l'action est trop longue a se mettre en place, et malgré le passif des perso je ne me suis attaché a aucun d'entre eux. Aussi, la plume m'a vraiment dérangé. Je ne sais plus si c'était pareil dans mamie luger, bien que je me souvienne que la plume avait avait déjà cette verve, ce franc parler et une juste dose de vulgarité, ici j'ai trouvé que c'était trop. On tombe selon moi dans le cliche (personne ne parle ainsi) et ça a beaucoup alourdit ma lecture et le rythme de l'histoire. J'ai relu certaines phrases plusieurs fois tant la plume disons singulière m'a dérangé. Mamie luger reste l'un des meilleures livres que j'ai lu pour son humour son intrigue et ses persos mais que ce soit ici avec petiote ou dans joueuse je n'ai jamais retrouvé la "magie" de mamie luger. Dommage.
Benoît Philippon possède l’art du récit. Il a les images dans sa tête et y appose des mots. Rajoutez à cela une vraie dextérité des dialogues, de la virtuosité dans les échanges, une sacrée dose d’humour, des personnages hauts en couleur et un vrai scénario, vous obtenez ici tous les ingrédients nécessaires pour monter un vrai bon film… sauf qu’ici, le film est sur papier. L’aspect cinématographique de ses romans est sa marque de fabrique. Plus visuel, tu meurs. Au centre, il construit de vrais personnages susceptibles d’être croisés dans la vie réelle. Une mamie Calamity Jane dans « Mamie Luger », une tornade féminine dans « Joueuse », un père looser de formation dans « Petiote ».
Gus a perdu la garde de sa fille Emilie, une vraie ado qui se respecte en pleine phase de rébellion boutonneuse, caractère de chacal en sus. Il est bien décidé à ne pas accepter cette décision de la juge aux affaires familiales et monte un plan, aussi rapidement qu’une envie de pisser, et aussi bancal qu’il est possible de l’être : prendre en otage tous les résidents du love hôtel où il vit pour se faire entendre. Certains font la grève de la faim, d’autres montent sur des grues, Gus lui, sans doute est-ce dû à son prénom un peu clownesque décide de prendre les armes et embarque dans son délire Georges le tenancier, Boudu un sans domicile fixe recueilli là, Fatou une migrante enceinte jusqu’aux dents qui en a déjà beaucoup bavé, Cerise une prostituée à perruque, Gwen et Dany un couple qui se retrouvait là clandestinement, Hubert un livreur fan de pétards, et Sergueï un marchand d’armes qui ne fait pas dans la dentelle. Son but ? Se faire affréter un Boeing pour s’enfuir avec sa fille au Venezuela. Pour gérer cette situation de crise (de larmes), les autorités lui collent une négociatrice dans les pattes, Mia elle-même mariée avec une version intéressante de Steven Seagal.
Si le plan est foireux version XXL, et que le lecteur est un peu mis dans la confidence d’un sagace « ça ne peut pas marcher », il se prend d’une tendresse profonde pour les personnages, chacun pour des raisons différentes que Benoît Philippon révèle par petites doses homéopathiques. Comme dans les films du même genre, le spectateur est du côté du méchant, parce que ce méchant-là est tellement humain, qu’on a envie de l’adopter séance tenante. Gus est gauche, désorganisé, manque d’anticipation dans ses actions, mais qu’est-ce qu’il est touchant et attendrissant ! Un vrai papa poule qui veut voir les yeux de sa fille briller à nouveau et faire remonter sa cote de popularité.
Sous des airs burlesques, des scènes d’anthologie, des bons mots et de grands éclats de rire, l’auteur aborde néanmoins des thématiques plus « sérieuses ». Ce sont ces sujets-là qui déclenchent les émotions. Sous les masques vaudevillesques de ces personnages singuliers, mon cœur faisait « boum ». L’humanité qui se dégage de chacun d’eux ne peut qu’émouvoir, même si la forme du projet est confondante de stupidité, le fond est tellement altruiste qu’on leur pardonne tous les écarts. Au passage, Philippon adresse quelques crochets du droit bien envoyés : journalisme de caniveau, réseaux sociaux et fake cnews, violences faites aux femmes, décisions de justice incompréhensibles par exemple. Ça fait du bien par où ça passe !
« Petiote » est un concentré de bonne humeur, bien écrit, bien construit, riche d’actions et de sujets plus sociétaux. Benoit Philippon se distingue par une plume qui n’appartient qu’à lui, visuelle, sensorielle et profondément humaniste. L’essayer c’est l’adopter.
Un polar truculent à se mettre sous la dent, ça ne se refuse pas. Avec Petiote, Benoît Philippon dévoile toute l'étendue de son talent d'écrivain de polar français hors norme, un extraterrestre je vous dis. C'est du très bon et on en redemande. Tout d'abord il y a le style « Audiard » qui a lui seul vaut le détour. C'est haut en couleur avec des expressions qui sont capables de nous faire rire autant que de nous tirer les larmes des yeux. Des dialogues qui fusent, des personnages tous plus cabossés les uns que les autres mais ça on se doutait que ça allait faire mal. Une galerie de portraits qui révèle les béances de notre société : clochard, prostituée, migrante, mafieux, drogué ... Un coup de projecteur sur une famille qui vit les affres de la séparation. Le père qui se voit retirer la garde de sa fille, décide de prendre en otage les personnes de l'hôtel minable dans lequel il habite. Toute l'action se met en place à partir de ce geste inconsidéré certes mais qui ressemble à une bouteille jetée à la mer. Chargée de l'affaire la Capitaine de police Mia Balcerzak, négociatrice hors pair et son équipe. Sur un rythme d'enfer, on assiste impuissant à l'escalade des erreurs, maladresses et autres retournements de situations rocambolesques. Pourtant, au fil des pages, tout comme Mia, on s'attache à ce père qui nous montre une nouvelle notion de ce que peut être la parentalité. J'ai adoré lire ce récit semé d’embûches, avec des personnages au grand cœur et un humour féroce qui vient balayer le pathos. On est pris dans une course contre la montre dont on ne sait comment elle va se terminer mais déjà on subodore que se sera grandiose. Les personnages féminins sont incroyables, de l'adolescente à la femme puis à la mère, une vision panoramique du féminisme qui ne m'a pas laissée indifférente. J'ai adoré certaines scènes catastrophes dignes d'un épisode de Benny Hill avec l'enchaînement qui actionne une mécanique implacable, c'était jouissif. Un auteur à suivre de près vous ne serez pas déçu. Bonne lecture.
J’ai aimé retrouver l’humour pince sans rire de l’auteur, ses personnages écorchés par la vie, les situations ubuesques mais crédibles.
J’ai aimé ce loser flamboyant qui agit avant de réfléchir ; Boudu le SDF qui adore les vieux films et ne cesse d’y faire référence (je ne les ai pas tous reconnu) ; Cerise qui se prostitue mais qui défend la cause des femmes ; les amants qui veulent absolument rester anonymes ; George le tenancier au grand coeur.
Sans oublier Mia la négociatrice pleine de patience sauf avec son téléphone, son mari et sa bonne bouille champion de krav-maga.
Et encore, je ne vous dit pas tout, ce serait divulgâcher les péripéties innombrables et drôles de ce roman noir à la veine sociale.
Car le danger ne se situe pas tant du côté des preneurs d’otages dans l’hôtel qu’à l’extérieur.
Deux citations emblématiques :
Non, ce crétin s’en va jouer les Carlos des cassos.
…par un spéciaiste des effets spéciaux d’un nanar des années 80. Bel hommage, de la part d’un fan de Seagal.
L’image que je retiendrai :
Cette phrase de Cerise qui sera reprise par toutes : Vous mettrez ça sur mon ardoise !
Presque aussi bon que « Mamie Luger » ! J’ai eu les larmes aux yeux à la fin de ce roman, j’ai beaucoup aimé cette lecture Le livre se lit très vite, et j’ai passé un agréable moment en compagnie de Gus, Cerise et la fine équipe du Love Hôtel
Excellent! Un chef-d'œuvre de tendresse et d'humour sous la forme de l'histoire haletante et désopilante de destins qui s'entrecroisent en un feu d'artifice de ratages en cascade. Encore une réussite de cet auteur dont chaque phrase est une savoureuse surprise.
Après Mamie Luger, la grand-mère serial killer, et Cabossé, la cavale d’un couple vengeur, Benoît Philippon nous propose cette fois Petiote, la prise d’otages par un père maltraité par la vie. Comme pour ses précédents romans, l’histoire ne se cantonne pas qu’au héros. On suit aussi les autres personnages loufoques qui accompagnent Gus dans sa quête, en allant de George le tenancier de l’hôtel à la capitaine de police Mia Balcerzak, ou encore Gwen et Dany, un couple illégitime. Toutes ces mésaventures se regroupent dans cet hôtel de misère, autour d’un looser qui n’a plus rien à perdre.