« On ne devrait écrire des livres que pour y dire des choses qu'on n'oserait confier à personne. » Cette phrase du philosophe Cioran, Laura l'a lue et relue des dizaines de fois avant de se décider à écrire. Le voilà, peut-être, le moyen de se libérer de cette culpabilité qui l'écrase depuis des mois... ? Alors elle raconte. Elle raconte Nino, qui l'a recueillie quand sa propre mère n'a plus voulu d'elle. Cette grand-mère qui n'a aimé qu'elle, Laura, et le cinéma. Les deux passionnément. Elle raconte leur vie rythmée par les sorties en salles du mercredi et les soirées DVD, enchantée par les musiques de films et peuplée d'actrices et d'acteurs magnifiques. Elle nous raconte aussi le rôle qui a été le sien du jour où tout a basculé. Ce rôle qu'elle n'osait confier à personne. Son premier rôle.
Ode au septième art, drame psychologique bouleversant, Mikaël Ollivier signe un roman porté par trois générations de femmes inoubliables.
Roman ado émouvant sur la belle relation entre Laura et sa grand-mère qui l'a élevée. La transmission de la passion du cinéma, le chamboulement du confinement, la fin de vie... Un style agréable et de nombreuses références.
Un roman court et très émouvant sur le cinéma et la mort. Laura/Emma a été élevée par sa grand-mère depuis le jour où sa mère l'a laissée tout bébé. elles s'entendent bien et Nino, sa grand-mère qui vieillit lui a communiqué sa passion du cinéma. J'ai aimé ce roman bouleversant dans lequel la narratrice, Laura, raconte son histoire et à travers celle-ci dresse un portrait hommage de sa grand-mère. Tendresse, amour et mort, les émotions menacent de déborder à tout instant. Les points forts étant aussi les références aux films cités, les listes d'actrices, d'acteurs, de réalisateurs, réalisatrices ainsi que les auteurs, Cioran, référence de l'incipit et Perec et l'exercice de style final "Je me souviens". J'ai apprécié le style de l'écriture de l'auteur, sa fluidité, ses arrêts sur image qui ne durent pas. J'ai aimé les personnalités des trois personnages féminins, le récit qui permet à la narratrice de se construire, de comprendre les différentes étapes de la vie, l'amour, l'amitié. Un roman touchant! A Lire.
Laura, 17 ans, a été élevée par sa grand-mère Gene(viève), depuis que sa mère a préféré l’abandonner avec un paquet de couches et deux biberons à l’âge de quatorze semaines. Veuve, Gene (qui s’est auto surnommée ainsi en hommage à l’actrice Gene Tierney mais que Laura appelle Nino) n’a qu’une passion dans la vie, en dehors de sa petite-fille : le cinéma. Et c’est dans les salles obscures et les soirées VOD, VHS et DVD qu’elle l’a élevée, routine aussi intime qu’ouverte sur le monde par ce que le 7ème art en donne à voir. Quand arrive l’épidémie de Covid19 et son premier confinement, il faut bien se rendre à l’évidence : la santé de Nino décline. C’est aussi le moment que choisit la mère de Laura pour revenir dans leur vie, mais peut-on recréer un lien qui n’a jamais vraiment existé ?
Quel tourbillon émotionnel que ce roman, hommage au cinéma, aux grands films, acteurs et réalisateurs (on n’a qu’une envie : aller (re)voir tous ces chefs d’œuvre !), étude d’une relation familiale privilégiée autant que disloquée, présence de personnages secondaires ayant du sens (l’amante Mireille, l’ami de cinéma Alain, la meilleure amie Marie-D, sans oublier Pierrick…) Le roman questionne aussi sur la fin de vie, sur la transmission familiale et la construction de soi, sur le poids et la responsabilité que l’on peut faire porter ou non par amour (et là encore, c’est une référence cinématographique forte qui s’y prête). Si Laura commence à écrire pour appliquer cette citation de Cioran : « on ne devrait écrire des livres que pour y dire des choses qu’on n’oserait confier à personne », elle achève son récit par un « Je me souviens » à la Perec aussi beau que touchant.
Et j’aime toujours autant les auteurs qui ne prennent pas les adolescents (cible première de ce roman) pour des pauvres petites choses fragiles qu’il faudrait protéger d’un monde trop cruel.
C’est parce que les salles de cinéma ont fermé pendant le Covid et qu’il a perdu sa mère à ce moment-là que l’auteur a écrit sur sa passion du cinéma, la plaçant dans un personnage adolescent qui comme lui a grandi dans les salles obscures. Un roman « d’amours au pluriel », « magnifiques ou manquées, comme au cinéma ».
Un quasi-coup de cœur [On fermera les yeux sur quelque paroxysme romanesque]. De ceux qu’on commence un soir et qu’on finit dans la nuit parce qu’on ne peut le refermer avant la dernière page.