« On peut bien dire qu’on est malheureux, mais on ne peut pas dire le malheur. Il n’y a pas de malheur dans le mot malheureux. Tous les mots sont secs. Ils restent au bord des larmes. Le malheur est toujours un secret. » Le 7 février 1994, Camille Laurens met au monde un fils nommé Philippe. Le lendemain, elle assiste à son enterrement. Philippe est mort deux heures après sa naissance par la négligence du médecin qui l’a accouché. Par son arrogance, surtout. C’est ce malheur et cette inhumanité, mais aussi l’indélicatesse de certains proches, que l’auteur raconte dans ce magnifique récit. Au cours de quatre chapitres, « Souffrir », « Comprendre », « Vivre » et « Écrire », elle décrit le temps écoulé de la douleur à l’écriture, avec une ironie grave, une intense clairvoyance. Au fil des pages se compose un livre pour voir, pour comprendre, pour rendre justice, pour s’armer de mots, pour dire son amour, pour crier, pour pleurer, pour ne pas oublier Philippe.
Camille Laurens sur les hommes qu'elle décrit dans son livre..
Elle ne va pas à leur rencontre, du moins pas comme on pourrait croire. Elle ne fond pas sur eux pour les capter, les saisir, leur parler. Elle les regarde. Elle se replit de leur iamge comme un lac du reflet d'un ciel. Elle les maintient d'abord dans cette distance qui permet de les réfléchir. Les hommes restent donc là longtemps, en face d'elle. Elle les regarde, elle les observe, elle les contemple. Elle les voit toujours comme ces voyageurs assis vis-à-vis d'elle dans les trains maintenant rares où cette disposition existe encore : non pas à côté d'elle, dans le même sens, mais en face, de l'autre côté de la tablette où gît le livre qu'elle écrit. Ils se tiennent là. C'est le sexe opposé.
Uh, ovo je jedno zaista posebno i dragocjeno čitalačko iskustvo. Koliko god traumatično i potresno, pisano je tako da prvenstveno ostavlja utisak duboke i najčistije potrebe da se nekako osvijesti i pokuša razumjeti jedan takav tragičan događaj kakav je smrt djeteta par sati po rođenju, da se pronikne u njegovu suštinu, da se cijela ta tama osvijetli makar na trenutak. Knjiga koja će mi uvijek biti važna!
Na ovim stranicama žive radost, iščekivanje, nada, neizvesnot, strepnja, šok, bol, gnev, nemoć, tuga i najiskrenija ljubav. Niz emocija koje stanu u jedno ime - Filip. Snaga njegove majke podarila mu je dva života. Vreme njegovog opstanka u ovom, našem, haotičnom svetu broji se sekundama tj. minutima koje stanu u dva sata ljudskog života. Ljubav njegove majke lišena je svakog, pa i vremenskog okvira.
Usmerivši sve gorenavedene emocije u pažnju koju je namenila samo i isključivo svome sinu Filipu, Kamij Lorans će mu podariti i drugi život u kom vreme ne postoji. Naprotiv. U tom, novom, životu njenog Filipa postoji samo (književna) večnost u kojoj je i njena, majčinska, ljubav beskonačna.
Dozvolite Filipovom, kratkom i večnom, životu da postane deo vašeg života. Njegova majka napisala je knjigu njegovog i svog života. Dozvolite joj da postane neotuđiv deo rubrike koju zovemo knjige života. Zbog njih autori pišu. Zbog njih mi čitamo.
Ce très court texte autobiographique parvient à raconter la mort d'un fils quelques heures après sa naissance de manière directe, sensible et critique. Rares sont les récits sur la mort qui osent la raconter aussi frontalement. Aucune fioriture qui contournerait ou sublimerait la souffrance. J'ai lu ce texte comme le cri brut du parent endeuillé à qui l'on refuse dans la vie cette clarté et cette honnêteté dans l'exposition de la souffrance. Je le recommande à tous les parents qui vivent cette perte et à tous ceux qui ne savent pas comment les accompagner.
« J’écris pour dire Je t'aime. Je crie parce que tu n'as pas crié, j'écris pour qu'on entende ce cri que tu n'as pas poussé en naissant - et pourquoi n'as-tu pas crié, Philippe, toi qui vivais si fort dans mes ténèbres? J'écris pour desserrer cette douleur d'amour, je t'aime, Philippe, je t'aime, je crie pour que tu cries, j'écris pour que tu vives. Ci-gît Philippe Mézières. Ce qu'aucune réalité ne pourra jamais faire, les mots le peuvent. Philippe est mort, vive Philippe. Pleurez, vous qui lisez, pleurez : que vos larmes le tirent du néant »
Un très court roman autobiographique incroyablement touchant, qui prend aux tripes. Le sujet, celui de la mort de son fils Philippe à peine né, ne peut que vous bouleverser.
1. une grosse pensée pour tous les parents qui ont souffert de l'incompétence du corps médical 2."la nuit, parfois, dans le noir de la chambre, je joins les mains sur ma poitrine, je ferme les yeux, je gonfle à peine les joues — et mon bébé est là : non pas à l'intérieur de mon cœur ou de ma tête, non pas sentiment ou pensée, abstrait, mais là, bien là chaud et replet en lieu et place de moi-même. Le silence est total, l'immobilité presque parfaite. Puis, très vite, ma poitrine se creuse, mon estomac se troue, et de cette tentative de possession charnelle la vérité soudain m'apparaît : je ne suis pas le corps, je suis la tombe"
Uh...ne znam ni kako bih počela da pišem utiske za ovu knjigu. Ne znam kako bih...kao i sama autorka kad je trebalo početi rečenicu sa Ja. Tako i ja sad stojim. Pročitana za nepunih sat vremena. Tuga. Eto, tako bih opisala ovu knjigu. Ova knjiga je tuga. Plačite.