Enquête autour du meurtre de Marie Trintignant par Bertrand Cantat en 2003. Vingt and après la mort de Marie Trintignant, Anne-Sophie Jahn mène l'enquête sur une tragédie que l'on appelait pas encore féminicide.
4* Ce livre est exactement ce qu'il prétend être : un travail journalistique complet sur le féminicide de Marie Trintignant et les tendances violentes de Bertrand Cantat.
Anne-Sophie Jahn a fait un excellent travail de recherche incluant plusieurs entrevues-clés et elle relate bien cette histoire, de manière posée et directe. J'ai aimé qu'elle ajoute certains commentaires éditoriaux à travers le livre (ex: "je trouve son hypothèse pour le moins douteuse") pour essayer de séparer les faits des opinions de ses témoins. J'ai aussi apprécié qu'elle décrive l'évolution des pensées par rapport à cette affaire avant et après #metoo.
Livre important à lire, qui nous rappelle que les hommes violents ne le sont souvent qu'en privé et que personne n'est à l'abri du silence forcé. Oeuvre qui revêt une importance encore plus significative alors que je la termine en ce 8 mars.
2003, Bertrand Cantat, leider van de Franse rockband Noir Désir, deelt enkele rake klappen uit aan zijn vriendin Marie Tritignant, een bekende Franse actrice. Marie belandt in een coma en overlijdt enkele dagen later. Cantat wordt veroordeeld tot 8 jaar effectief waarvan hij ongeveer de helft uitzit. 2007 is hij terug (voorwaardelijk) vrij om zijn vroegere leven verder te zetten.
2023 20 jaar later Anne Sophie Jahn, journaliste bij Le Point, reconstrueert het hele gebeuren en wat erop volgde.
En vooral dat 'wat erop volgde' vond ik interessant.
Het begrip feminicide bestond in 2003 nog niet eens. In de 20 daarop volgende jaren is er toch een hele evolutie geweest op dat gebied. De Franse wetgeving, volledig gebaseerd op de Code Napoléon, en die op haar beurt op het Romeinse recht, niet vreemd dat (getrouwde) vrouwen lange tijd amper een rechtspersoon waren.
Wat met reïntegratie in de maatschappij. Na een veroordeling en het uitzitten van de straf lijkt juridisch gezien alles in orde te zijn. Wat met het morele aspect van de zaak. Is volledige integratie een recht of is dat eerder een gunst.
En wat met de publieke opinie, die tegenwoordig zo vlotjes overal zijn mening neerpent. Noir Désir was een heel progressieve groep met veel radicale anti's (anti-fascisme, anti-kapitalisme, anti-paternalisme, anti-racisme, etc) de ideale compagnon van progressief links Frankrijk. De verzuchting van enkele linkse boegbeelden : het zou zoveel gemakkelijker zijn om in deze zaak een duidelijk standpunt in te nemen moest Cantat een oudere, conservatieve man geweest zijn. Tja....
De schrijfster neemt hier wel een duidelijk standpunt in. Knap.
Ik ben zelf geen fan de groep an sich, maar wel van één liedje van hen dat ik samen met de bijhorende clip toch nog altijd één van de mooiste dingen op YT vind. Of mag dat nu ook niet meer 😉 (zie link onderaan) YouTube - Noir Désir - Le vent nous portera (clip officiëlle)
Une enquête magistrale sur le meurtre de Marie Trintignant, en 2003. En prenant ce cas comme exemple, l'auteure brosse un portrait de la façon dont la violence conjugale est traitée dans notre société et le passage par là du phénomène #MeToo... qui a si peu changé de choses dans le fond.
Ce qui marque dans ce récit, c'est le silence et les non-dits des proches, tous emprisonnés d'une façon ou d'une autre par le charme narcissique du meurtrier de Marie Trintignant.
C'est un ouvrage troublant que tous et toutes devraient lire, pour nous mettre les yeux en face des trous comme société et qu'on puisse, tous ensemble, poser des gestes pour briser le silence.
Un essais très intéressant, qui prouve, encore une fois que le système judiciaire est à chier quand il s’agit d’une affaire concernant les violences conjugales ou autres éléments en rapport avec les femmes.
Ils démontrent bien la manipulation que peut subir l’entourage de l’accusé suite à des menaces ce qui est vraiment injuste car au final ces 2 femmes fortes n’auront jamais réellement obtenu justice.
Le 1er août 2003, l’actrice Marie Trintignant décédait après ce qui a été rapporté comme un accident durant une dispute avec son conjoint, le chanteur de Noir Désir, Bertrand Cantat. Vingt ans après sa mort, Anne-Sophie Jahn du journal Le Point, publie un récit tiré de l’enquête qu’elle a fait sur Bertrand Cantat. Car, il ne s’agit pas seulement de ce qui s’est passé avec Marie Trintignant, mais aussi avec Kristzina Rády, sa femme, qui s’est enlevé la vie en janvier 2010, après un retour à la vie commune avec le chanteur, après qu’il ait été libéré de prison.
Je me souviens très bien de cette affaire. Je ne connaissais pas Marie Trintignant, je regardais peu de films français. Je savais qu’elle était la fille de Jean-Louis Trintignant, mais c’est tout. Par contre, j’avais entendu et écouté quelques chansons de Noir Désir et de Bertrand Cantat. Ce fut un choc quand j’ai appris « l’histoire ». Je mets le mot entre guillemets, car c’est une fiction qui nous a été racontée. Une mort accidentelle après une dispute alors que le couple était fortement intoxiqué à l’alcool. Cependant, les résultats d’autopsie sont sans équivoque. Il ne s’agit pas « que d’une gifle » après laquelle la femme se serait cogné la tête sur un meuble. Cantat l’a tabassé, puis transporté dans le lit où il l’a laissée là plusieurs heures, jusqu’à ce que le frère de celle-ci se présente le lendemain matin et la trouve inconsciente, le visage sévèrement tuméfié. La description de ses blessures est effroyable. Les privilèges dont il y a bénéficié lors de son court emprisonnement sont révoltantes.
Ici, ce n’est pas une enquête journalistique au sens strict, puisqu’une telle investigation se doit d’être rédigée de manière objective. Je préfère le mentionner pour les puristes, on est devant le résultat d’une enquête faite pour une journaliste. On ne peut en vouloir à l’auteure. Avec tous les témoignages et informations juridiques, c’est compréhensible. Il y a beaucoup de renseignements que je n’avais pas eus. Que je crois qui ont peu été diffusées. Et le ton neutre aurait probablement eu pour effet de dédramatiser un crime odieux, bien que les faits parlent d’eux-mêmes.
À travers le rapport de témoignages d’avocats, de proches de toutes les parties impliqués, des documents légaux, Jahn dresse le portrait d’une personne jalouse, possessive et violente. Comme c’est le cas concernant plusieurs hommes violents, parce que très gentils avec les gens extérieurs à leur foyer, Cantat bénéficie d’un capital de sympathie. Phénomène amplifié ici, car il s’agit d’un homme public de gauche s’étant porté à la défense de groupes de personnes démunis. Les gens ont du mal à croire que cet individu charismatique ait tabassé ses conjointes. À Bordeaux, Cantat est une légende. Personne ne parle, même ceux qui savent, de peur de représailles de la part du chanteur, de son entourage ou de ses fans. Ceci inclus sa femme, Kristzina Rády, qui lors du procès est revenue sur ce qu’elle a dit du comportement de Cantat envers elle. Bravant tout cela, Jahn expose Cantat pour ce qu’il est, un homme violent protégé par « ses fidèles ». Comme toujours, la loi du silence protège les agresseurs.
Pourquoi ce livre ? Pour le sensationnalisme ? Pour nourrir le voyeurisme ?
Ce n’est pas pour le voyeurisme. Pas du tout. Plutôt pour briser le silence. Pour mettre des noms, des visages le féminicide. Pour dévoiler, encore le cycle de la violence faite aux femmes. Parce que, encore trop de gens ont cette perception que les hommes violents sont ceux qui sont toujours désagréables en public est trop répandue. Que s’ils sont aimables, avenants, ils ne sont pas capables de comportements violents. Il n’en est rien. Le cas Cantat démontre le contraire. Oui, il y a des hommes charismatiques, qui ont l’air gentils mais qui sont violents. Ce que l’on voit d’une personne n’est pas toujours ce qu’elle est. Et aussi parce que non, ce n’est pas une affaire de vie privée. C’est un problème de société or donc, il nous concerne tous. Et s’il faut parler de personnes publiquement connues pour sensibiliser la population, eh bien, on le fera.
Je ne m'étais jamais intéressée à l'affaire du meurtre de Marie Trintignant (j'étais une jeune ado en 2003), et je n'avais jamais été intéressée par le rock français. Noir désir et Bertrand Cantat étaient à mille lieux d'éveiller ma curiosité. Toutefois, en devenant plus adulte et plus engagée dans ce qui concerne le féminisme (EGALITÉ entre les deux sexes) et avec le mouvement #metoo , j'en entendais bien plus parler. C'est une de mes collègues qui m'a prêté cette œuvre et si les premières pages étaient difficiles parce que je lis rarement ce type d'ouvrage, j'ai été happée et j'ai ressenti un mélange d'émotions. De la colère, de la haine, de la tristesse, et un sentiment de profonde injustice et d'inachevé. Très bonne lecture qui m'a donné envie d'en savoir plus. Il faut revenir sur les crimes des personnalités publiques pour peut-être réveiller un peu les autres, ainsi que la justice .
Comme tant d’autres, je suis tiraillé par le dilemme de « l’homme et l’artiste ». Faut-il séparer ? Franchement, je n’en sais toujours rien. Mais là, il s’agit quand même d’un peu plus que ça. Bien plus, même. Il s’agit d’un meurtre et d’une femme poussée au suicide et… Et après ?
Oui, et après ? Rien qu’en France en 2019, il y a eu 213 000 femmes victimes de violence physiques ou sexuelles commises par leur (ex-)conjoint !
Une enquête aux nombreuses sources et témoignages sur le meurtre de Marie Trintignant (commis avec intention indirecte indéterminée [sic] ?) et le suicide de Kristzina Rády. Un livre qui m’a (tant d’années après) salement écœuré et qui ne peut laisser indifférent.
J'avais encore bien en mémoire les circonstances de la mort de Marie Trintignant et cependant, tout le récit de sa relation avec BC et le développement détaillé des circonstances du drame et de ses suites m'ont glacée. Je n'avais sans doute pas la même vision d'ensemble et puis, le temps a toujours tendance à effacer le pire des aspérités.
En revanche, je ne savais pas grand chose concernant Krisztina Rády ou la vie de BC après la prison. Désir Noir m'a beaucoup intéressée sur ces points, c'est révoltant, c'est déprimant mais c'est très bien recherché et ça éclaire pas mal de zones d'ombre concernant la personnalité du chanteur.
Superbe travail journalistique sur le meurtre de Marie Trintignant. J'avais seulement huit ans au moment des faits je n'ai donc pas suivi cette histoire à l'époque mais j'en ai beaucoup entendu parlé depuis. C'est une affaire glaçante, beaucoup trop normalisée et pourtant un féminicide parmi tant d'autres. Il est grand temps d'arrêter de glorifier ces hommes violent qui ne mérite aucune éspèce de plateforme d'expression publique.
Ce livre est poignant de part l’histoire qu’il compte et qui est malheureusement réelle. J’ai hésité à mettre 3* seulement parce que je n’ai pas été fan de la façon dont il est rédigé mais j’ai décidé d’en mettre 4 parce que ce livre dénonce des choses dont on commence seulement à parler. Je recommande, se lit très facilement.