Un monde à l'intérieur du monde : la décharge de Ciudad Juárez. Ce sont des vies invisibles que Sylvia Aguilar Zéleny nous donne à voir dans ce roman choc. Un texte dans lequel résistance, résilience et sororité sont les maîtres mots...
Ciudad Juárez, petite ville mexicaine à deux pas de la frontière américaine. Une adolescente abandonnée par son tuteur à la décharge, une scientifique faisant des recherches sur les résidents de la décharge, et une transsexuelle vivant à proximité qui est la matriarche d'un groupe de travailleuses du sexe. Poubelle entrelace les voix de trois femmes dont le monde entier tient en une décharge municipale. Chacun de ces personnages navigue entre famille, abandon, pouvoir, jalousie, cupidité et multiples tabous entourant la sexualité et la violence de genre. Leurs histoires sont liées par la géographie et par les idées de gaspillage et d'abandon. Poubelle, avec une dose de suspense et des moments de tendresse inédits, explore la marginalité, l'abandon, la violence et le quotidien en territoire frontalier.
Surtout ne mettez pas ce livre à la poubelle, il mérite que l'on s'y plonge car il est étonnant ! Dans cette immense décharge de Ciudad Juarez, pas le lieu le plus glamour de la planète, l'auteur nous présente 3 femmes. Une ado, Alicia, qui vit là depuis son plus jeune âge, et se débrouille seule, tant bien que mal, dans cet univers glauquisime. La 2ème Reyna, née Raymondo, est une transsexuelle vieillisante et mère maquerelle aimante qui dirige et protége une petite troupe de filles sur un bout de trottoir de la ville. La dernière se nomme Gris. Elle est médecin mais du bon côté de la frontière, à El Paso. Elle vient faire des recherches sur les enjeux de santé publique et environnementaux de cette poubelle gigantesque à ciel ouvert. Ce sont 3 beaux portraits de femmes et 3 destins dont on ne soupçonne pas le lien au début du récit. L'auteur va nous le dévoiler adroitement au fur et mesure. Ce livre m'a attendu assez longtemps sur le haut de ma pile, j'avais peur de me confronter à une histoire misérabiliste et violente. Mais Sylvia Aguilar Zéleny a bien maîtrisé son sujet. La sauvagerie du lieu est toujours sous-jacente mais rien n'est dit très crûment. Par contre, le courage, l'entraide, la sororité sont bien présentes parmi ces immondices !
À Ciudad Juárez, au Mexique, juste à côté de la frontière et en face de la ville d'El Paso, il y a une décharge. Trois femmes évoluent plus ou moins près de cette décharge, avec des vies plus ou moins faciles et des façons de voir le monde très différentes.
Le livre se lit vite mais je l'ai trouvé un peu poussif jusqu'au dernier tiers ou les histoires des trois femmes commencent à se toucher, et là je l'ai dévoré pour savoir comment ça se termine.
J’aurais aimé m’immerger davantage dans la thématique de la “décharge”. Je m’attendais à une exploration plus approfondie du sujet, mais cela est resté en surface.
Cela dit, l’écriture était bien maîtrisée. Malgré le manque de profondeur sur le sujet, le style reste agréable et fluide.