La sœur jumelle. Puis la mère. Puis la petite fille. Puis le fils adolescent, et enfin le père. Le 24 mars 2022 une famille française se jette du septième étage de son balcon, face au lac Léman, à Montreux, en Suisse.
“Suicide collectif”, concluent presque aussitôt les enquêteurs, malgré la présence de deux enfants mineurs. Un an plus tard, le dossier est clos. Les autorités ont posé une chape sur le “mystère de Montreux”, un peu comme soixante ans plus tôt un cercueil fut scellé sans autre forme de procès sur le corps du grand-père des jumelles, l’écrivain Mouloud Feraoun, assassiné par l’OAS aux derniers jours de la guerre d’Algérie.
Quel scénario s’est imposé à cette famille lorsque la police a frappé à sa porte ? D’où lui vient sa “grande méfiance à l’égard de l’État” ? Pourquoi faudrait-il laisser à cette tragédie sa “part de mystère”, comme l’enjoint le commissaire qui commente l’affaire ? Peut-on relier des morts par-delà les pays et les sépultures ?
On suit une journaliste cherchant à comprendre les suicides de Montreux. Des parties intéressantes sur leur potentiel lien avec la guerre d’Algerie et la mort du grand père.
Le matériau était vraiment prometteur mais au final c'est très superficiel.
Du coup je rêve que quelqu'un reprenne le parallèle entre le drame de Montreux, le grand-père et la guerre d'Algérie et en fasse un livre à la hauteur du mystère de cette histoire.
Ariane Chemin s’engage sans sur la résolution d’un fait divers particulièrement mystérieux. La piste qu’elle suit, à savoir le lache assassinat du grand-père de 2 des victimes pendant la guerre d’Algérie, n’est pas convaincante et on voit assez mal le lien entre les deux évènements. Et au final, le mystère reste entier et bien épais, et nous un peu déçu.
Ariane Chemin raconte la vie de l’écrivain Mouloud Feraoun, à nouveau mis en lumière. En effet, une gerbe fut déposée par l’ambassadeur de France sur sa tombe un après-midi de mars 2022 à la demande du Président de la République. Mais, quel est le lien avec le suicide collectif de Montreux le 24 mars 2022 que la journaliste raconte dès le début de l’enquête intitulé “Ne réveille pas les enfants”.
Ali est âgé de 80 ans maintenant et est le seul survivant pouvant témoigner de la famille. Il est né en 1942, deux ans avant son frère, le père des jumelles. Celui-ci, Mouloud Feraoun, était instituteur en Algérie. Il a reçu le prix de la ville d’Alger pour son roman Le fils du pauvre. Réédité par l’éditeur français le Seuil en 1954, il connaît une certaine notoriété.
Les “événements” d’Algérie, comme on disait alors, ont commencé le 1er novembre de la même année. Puis, dès 1957, la terreur s’installe du fait des exactions de l’armée française. Sa famille les subit sous les menaces. Mouloud Feraoun continue de dire et d’écrire le terrorisme de la peur en action.
Le massacre du 15 mars 1962, où sont morts six inspecteurs de l’éducation algérienne et laissent vingt enfants orphelins, est relié au suicide de cinq personnes, le 24 mars 2022. Mais, de quelle manière ? Du journalisme
Ariane Chemin met en place son puzzle où la dernière pièce emboîtée permettra d’en connaître le lien, comme un piège qui se referme. C’est évidemment passionnant où tour à tour se découvrent le FLN et sa résistance et l’OAS avec ses méthodes expéditives sans mandat officiel.
Cette histoire de colonisation et d’indépendance est encore à découvrir. Car, il s’agit d’effacer les ornières qu’ont laissés les tortures et crimes passés si longtemps sous silence. Pour aussi permettre aux petits enfants de tourner la page de ce destin tragique. Ariane Chemin démontre qu’un hommage élyséen ne suffit pas à effacer les traumatismes de ces violences, même s’il est indispensable.
Ariane Chemin déroule magistralement son enquête avec une intrigue découverte au fur et à mesure et mener avec brio. La journaliste met à jour les liens qui relient les deux événements sans jamais venir combler les vides. Un bel exemple de journalisme d’investigation.
Cet événement m’avait bouleversée en mars 2022. Un suicide collectif d’une famille, dans la ville voisine. Comment des personnes peuvent-elles en arriver à une telle décision, de sauter du balcon du 7eme étage ensemble, des parents, des enfants, la tante des enfants.
Ce récit d’une journaliste tente de trouver des réponses. Elle remonte le temps jusqu’au grand-père des femmes qui est mort dans un massacre en Algérie lors de la guerre d’indépendance. J'ai donc également appris quelque chose sur cette guerre dont je ne savais absolument rien.
Il n’y aura pas de réponses à ce passage à l’acte. Beaucoup d’éléments resteront obscures : Pourquoi les ponts avec les familles ont-ils été coupés depuis 2008 ? Pourquoi cette vie recluse depuis 2015 ? Pourquoi cette fausse piste du déménagement en Maroc en 2016 ? Pourquoi même la sœur ophtalmologue s’est-elle désintéressée de sa carrière professionnelle ? Certaines des conclusions auxquelles Ariane Chemin parvient n’ont pas réussi à me convaincre. Mais ses recherches auprès de la famille des victimes, leurs voisins, leurs connaissances et même auprès de la police vaudoise et d’un ex-membre du Temple solaire m’ont fascinée et j’ai suivi son reportage avec un grand intérêt.
« On ne peut pas porter le nom de Ferauoun et mourir de cette façon, soixante ans très exactement après l’assassinat, sans qu’il y ait un lien ou au moins une piste à explorer. »
Un livre intéressant sur un fait divers fascinant.
J'ai apprécié en apprendre sur le trauma générationnel de deux des victimes et comment la paranoïa peut se répandre dans une famille sur des générations.
Le livre est facile à lire et engageant, mais mis à part cet aspect familial lié à la guerre d'Algérie, on en apprend finalement extrêmement peu sur la vie de la famille et son mode de vie autarcique (ce qui bien sûr est intrinsèquement logique, isolés comme ils l'étaient), et c'est principalement cet aspect qui m'avait initialement attirée vers ce livre. J'espérais une plongée dans l'état d'esprit d'un groupe familial fermé et la mécanique de propagation de la paranoïa dans ces conditions.
J'ai donc trouvé que le livre manquait quelque peu de substance et (mis à part, à nouveau, l'accent mis sur l'ascendance tragique des jumelles) ne m'avait finalement pas appris grand-chose que je ne sache déjà concernant ce drame ayant captivé les esprits.
Très déçu! Je m’attendais à beaucoup de ce texte qui au final s’enfonce dans une série de digressions. Une enquête bien menée, on remonte l’historique familial de la famille, mais au final, en tant que lecteur, ce qui nous intrigue en plongeant dans ce livre c’est d’essayer de comprendre pourquoi ou de recueillir suffisamment d’informations près du drame pour émettre des hypothèses, mais ce livre ne fait rien de cela, ce qui m’a franchement laissé sur mon appétit. Je ne le recommanderais pas!
Il est tout de même assez décevant de voire l’auteure affirmer que Ferhat Abbas avait pris part aux négociations ayant conduit aux Accords d’Evian. La crédibilité de son enquête s’en trouve lourdement amoindrie car comment faire confiance à l’enquête et analyses de quelqu’un qui ne vérifie même pas ce qu’il raconte sur des événements pourtant bien documentés ?
Un livre extrêmement frustrant. L'autrice trouve des indices, des parallèles incroyables, des portes d'entrée dans l'imaginaire des sœurs Feraoun-David, et n'en fait rien. Ou en tout cas pas grand-chose. Il faudrait que quelqu'un prenne ce matériau et en fasse un vrai livre, qui ne nous laisse pas devant une porte fermée.
« Les enfants croient nos histoires. Ils sont les proies des contes que nous leur racontons. Leur aveugle confiance, c'est leur façon d'aimer leurs parents et de s'abandonner entre leurs bras. Est-ce pour autant un consentement ? »
La journaliste c’est du 0 hein, comment ça se fait que j’ai fini le livre et j’ai absolument rien appris de nouveau ??? On sait même pas pourquoi ils ont fait ça c’est seulement des spéculations y’a aucune source fiable.