Russe : un mot qui charrie son lot de fantômes, de mythes, de tourments. Qu'y a-t-il à sauver ? Dans ce récit d'émancipation, Diana Filippova dresse un portrait sans concession de la Russie contemporaine, et, comme en miroir, de la France et d'elle-même. Naître dans l'illusion de la grandeur et porter la chute dans son corps, se révolter contre ses origines et s'y cogner sans cesse, chercher refuge en politique et le trouver dans l'écriture : Diana Filippova se met en quête d'une Russie qui n'a jamais existé, si ce n'est dans les romans et les terres d'exil. C'est l'histoire d'une femme russe qui, depuis sa plus tendre enfance, a décidé de ne plus l'être. C'est l'histoire d'une écrivaine française qui renoue avec les merveilles et les vices d'un héritage vivant dans les livres comme dans sa vie. Née en 1986 à Moscou, romancière et essayiste, Diana Filippova est notamment l'auteure de Technopouvoir (Les Liens qui Libèrent, 2019) et d'un premier roman, L'Amour et la Violence (Flammarion, 2021). Elle ranime ici le cadavre de la Russie des écrivains proscrits : une Russie métissée, humaniste et lucide.
Très bon livre. Dans celui-ci vous allez retrouver le témoignage d’une exilée Russe en France, Moscovite plus précisément, qui a dû fuir étant jeune au début des années 90 la toute jeune Russie de Boris Eltsine gangrénée par la pauvreté et la criminalité. Plusieurs thèmes sont exploités : l’éducation de l’autrice, sa scolarité, un bon portrait de la Russie Tsariste jusqu’à celle de Poutine en passant par l’URSS, les relations Franco-Russe, le double, la vie d’immigré, la langue russe, la vie familiale, le renoncement, les poètes martyrs, … bref il est complet et au vu de changement dans les histoires au fil des chapitres cela ne vous paraîtra pas répétitif. Le livre est très bien écrit, pas compliqué à comprendre. Point d’honneur aux citations de L’Idiot de Dostoïevski dans l’ouvrage (œuvre que j’ai également particulièrement appréciée).