What do you think?


Les Heures heureuses
Derrière les heures ce sont les paysages.
Le temps qui se tient derrière le temps c'est la rotation des paysages.
Le printemps, l'été, l'automne, l'hiver.
Les paysages sont les visages inoubliables du temps originaire qui fuse. Donner une forme imprévisible à sa propre vie et s'y tenir quelle qu'elle soit devenue, tel est le but de l'ascèse. À l'intérieur de l'énigme de chaque vie, chacun devient alors l'indice d'une chance, d'un heur qui est comme tombé du ciel.
J'ai eu l'heur de vivre.
Bon heur : bonne pioche.
Mal heur : mal chance, mauvaise étoile. " Les heures heureuses est un bréviaire de splendeurs." Politis " [...] la musique de sa prose est tellement intense qu'il suffit de se laisser bercer par sa beauté." La vie " Un livre somptueux, qui rend heureux." L'Obs
Le temps qui se tient derrière le temps c'est la rotation des paysages.
Le printemps, l'été, l'automne, l'hiver.
Les paysages sont les visages inoubliables du temps originaire qui fuse. Donner une forme imprévisible à sa propre vie et s'y tenir quelle qu'elle soit devenue, tel est le but de l'ascèse. À l'intérieur de l'énigme de chaque vie, chacun devient alors l'indice d'une chance, d'un heur qui est comme tombé du ciel.
J'ai eu l'heur de vivre.
Bon heur : bonne pioche.
Mal heur : mal chance, mauvaise étoile. " Les heures heureuses est un bréviaire de splendeurs." Politis " [...] la musique de sa prose est tellement intense qu'il suffit de se laisser bercer par sa beauté." La vie " Un livre somptueux, qui rend heureux." L'Obs
240 pages, Paperback
Published August 23, 2023
About the author
Pascal Quignard
156 books321 followersRomancier, poète et essayiste, Pascal Quignard est né en 1948. Après des études de philosophie, il entre aux Éditions Gallimard où il occupe les fonctions successives de lecteur, membre du comité de lecture et secrétaire général pour le développement éditorial. Il enseigne ensuite à l’Université de Vincennes et à l’École Pratique des Hautes Études en Sciences Sociales. Il a fondé le festival d’opéra et de théâtre baroque de Versailles, qu’il dirige de 1990 à 1994. Par la suite, il démissionne de toutes ses fonctions pour se consacrer à son travail d’écrivain. L’essentiel de son oeuvre est disponible aux Éditions Gallimard, en collection blanche et en Folio.
===
Pascal Quignard is a French writer born in Verneuil-sur-Avre, Eure. In 2002 his novel Les Ombres errantes won the Prix Goncourt, France's top literary prize. Terrasse à Rome (Terrasse in Rome), received the French Academy prize in 2000, and Carus was awarded the "Prix des Critiques" in 1980.
One of Quignard's most famous works is the eighty-four "Little Treatises", first published in 1991 by Maeght. His most popular book is probably Tous les matins du monde (All the Mornings in the World), about 17th-century viola de gamba player Marin Marais and his teacher, Sainte-Colombe, which was adapted for the screen in 1991, by director Alain Corneau. Quignard wrote the screenplay of the film, in collaboration with Corneau. Tous les matins du monde, starring Jean-Pierre Marielle, Gérard Depardieu and son Guillaume Depardieu, was a tremendous success in France and sold 2 million tickets in the first year, and was subsequently distributed in 31 countries. The soundtrack was certified platinum (500,000 copies) and made musician Jordi Savall an international star.
The film was released in 1992 in the US.
Quignard has also translated works from the Latin (Albucius, Porcius Latro), Chinese (Kong-souen Long), and Greek (Lycophron) languages.
===
Pascal Quignard is a French writer born in Verneuil-sur-Avre, Eure. In 2002 his novel Les Ombres errantes won the Prix Goncourt, France's top literary prize. Terrasse à Rome (Terrasse in Rome), received the French Academy prize in 2000, and Carus was awarded the "Prix des Critiques" in 1980.
One of Quignard's most famous works is the eighty-four "Little Treatises", first published in 1991 by Maeght. His most popular book is probably Tous les matins du monde (All the Mornings in the World), about 17th-century viola de gamba player Marin Marais and his teacher, Sainte-Colombe, which was adapted for the screen in 1991, by director Alain Corneau. Quignard wrote the screenplay of the film, in collaboration with Corneau. Tous les matins du monde, starring Jean-Pierre Marielle, Gérard Depardieu and son Guillaume Depardieu, was a tremendous success in France and sold 2 million tickets in the first year, and was subsequently distributed in 31 countries. The soundtrack was certified platinum (500,000 copies) and made musician Jordi Savall an international star.
The film was released in 1992 in the US.
Quignard has also translated works from the Latin (Albucius, Porcius Latro), Chinese (Kong-souen Long), and Greek (Lycophron) languages.
Ratings & Reviews
Friends & Following
Create a free account to discover what your friends think of this book!
Community Reviews
Displaying 1 - 4 of 4 reviews
September 9, 2023
C'est déjà le douzième volume du "Dernier royaume", cette aventure littéraire au-delà des genres où Pascal Quignard s'est engagé sans négliger d'autres formes plus classiques - il excelle notamment à écrire des contes. C'est tellement une méditation continue, et bien sûr sans fin, qu'on pourrait se demander si la séparation même des volumes a encore un sens. Elle en a un bien sûr, même si "Les Heures heureuses" nous surprend par ses chemins de traverse.
Il est étonnant et réjouissant de voir Quignard choisir un titre aussi lumineux, même si j'ai bien l'impression que parmi ses facettes d'artiste il y a un lutin malicieux. L'angoisse n'a pas disparu de ses pages bien sûr, ni la mort. Le livre s'ouvre par une méditation sur le temps, d'abord loufoque (une description des soirées à périr d'ennui à la cour de Napoléon III) puis évidemment profonde. Quignard part d'une réflexion déjà bien arpentée, pas tout à fait un lieu commun mais presque : la distinction entre le temps linéaire, vectoriel, de l'existence qui y gagne immédiatement sa dimension tragique, et le temps cyclique des saisons et des jours, ou ici précisément des heures, celles qui passent vite mais qui sont aussi une promesse de retour : et qui sont l'instant où peut se loger l'heur, le bon heur, d'une expérience de la plénitude, de la joie, de l'extase, à la fois fugace et porteuse de l'espoir d'un renouvellement.
La première moitié des "Heures heureuses" a été pour moi un enchantement. La saveur de la langue de Quignard, son rythme, sa plasticité qui pousse la prose jusqu'à la frontière de la poésie, sa façon de jouer avec sa culture pour en tirer d'inattendus effets de sens qui naissent d'audacieux rapprochements, construisant petit à petit un univers singulier (certains mots reviennent chargés des connotations établies dans d'autres oeuvres, mais jamais Quignard ne fait vraiment sécession de notre langue courante), tout cela crée une magique musique qui donne l'impression de comprendre l'ordre de l'existence. Ici l'auteur pratique particulièrement le vieux genre grec de l'ekphrasis, c'est-à-dire la description d'une oeuvre d'art, qui cherche à en retrouver l'effet par les moyens du langage. Quand il s'attaque aux merveilleuses "Très riches heures du duc de Berry" (forcément) tout en méditant sur la signification même de ce qu'est un livre d'heure, je suis à la limite de la lévitation.
La deuxième moitié du livre accentue la part de la confidence autobiographique, souvent sous-jacente chez Quignard mais pas souvent si explicite (je pense à "Vie secrète" notamment). La danse des faux coq-à-l'âne y perd un peu de sa grâce. C'est seulement très bien. Cependant quand il témoigne de la vie des autres en se laissant un rôle de témoin, notamment quand il évoque Emmanuèle Bernheim, trop tôt disparue, à qui le liait une amitié qui savait se passer de mots, reste le frisson d'une émotion vraie.
Nous avons tout de même beaucoup de chance d'être les contemporains de Pascal Quignard.
Il est étonnant et réjouissant de voir Quignard choisir un titre aussi lumineux, même si j'ai bien l'impression que parmi ses facettes d'artiste il y a un lutin malicieux. L'angoisse n'a pas disparu de ses pages bien sûr, ni la mort. Le livre s'ouvre par une méditation sur le temps, d'abord loufoque (une description des soirées à périr d'ennui à la cour de Napoléon III) puis évidemment profonde. Quignard part d'une réflexion déjà bien arpentée, pas tout à fait un lieu commun mais presque : la distinction entre le temps linéaire, vectoriel, de l'existence qui y gagne immédiatement sa dimension tragique, et le temps cyclique des saisons et des jours, ou ici précisément des heures, celles qui passent vite mais qui sont aussi une promesse de retour : et qui sont l'instant où peut se loger l'heur, le bon heur, d'une expérience de la plénitude, de la joie, de l'extase, à la fois fugace et porteuse de l'espoir d'un renouvellement.
La première moitié des "Heures heureuses" a été pour moi un enchantement. La saveur de la langue de Quignard, son rythme, sa plasticité qui pousse la prose jusqu'à la frontière de la poésie, sa façon de jouer avec sa culture pour en tirer d'inattendus effets de sens qui naissent d'audacieux rapprochements, construisant petit à petit un univers singulier (certains mots reviennent chargés des connotations établies dans d'autres oeuvres, mais jamais Quignard ne fait vraiment sécession de notre langue courante), tout cela crée une magique musique qui donne l'impression de comprendre l'ordre de l'existence. Ici l'auteur pratique particulièrement le vieux genre grec de l'ekphrasis, c'est-à-dire la description d'une oeuvre d'art, qui cherche à en retrouver l'effet par les moyens du langage. Quand il s'attaque aux merveilleuses "Très riches heures du duc de Berry" (forcément) tout en méditant sur la signification même de ce qu'est un livre d'heure, je suis à la limite de la lévitation.
La deuxième moitié du livre accentue la part de la confidence autobiographique, souvent sous-jacente chez Quignard mais pas souvent si explicite (je pense à "Vie secrète" notamment). La danse des faux coq-à-l'âne y perd un peu de sa grâce. C'est seulement très bien. Cependant quand il témoigne de la vie des autres en se laissant un rôle de témoin, notamment quand il évoque Emmanuèle Bernheim, trop tôt disparue, à qui le liait une amitié qui savait se passer de mots, reste le frisson d'une émotion vraie.
Nous avons tout de même beaucoup de chance d'être les contemporains de Pascal Quignard.
October 3, 2024
No quedan muchas palabras que agregar: un nuevo libro precioso de Pascal Quignard. Cumple, como siempre, con sus pasajes preciosistas sobre visiones del pasado, reconciliaciones con su vida o heridas que nunca sanarán. Latinismos, fragmentos no cronicados de la historia de Francia y de otras latitudes.
Leer a Quignard demanda cesar el vértigo de los días, detenerse en cada momento, fragmento y cadencia que propone su prosa. Si nunca lo leyeron, se están perdiendo al tal vez mejor autor vivo (y celebro doble que aún goce de salud y continúe escribiendo estas preciosuras) Y si ya lo leyeron, bueno, entenderán el amor y la fascinación.
Leer a Quignard demanda cesar el vértigo de los días, detenerse en cada momento, fragmento y cadencia que propone su prosa. Si nunca lo leyeron, se están perdiendo al tal vez mejor autor vivo (y celebro doble que aún goce de salud y continúe escribiendo estas preciosuras) Y si ya lo leyeron, bueno, entenderán el amor y la fascinación.
Read
November 27, 2025Un livre qui a lui même des bons heurs et des heurs plus incertains, plus opaques peut-être.
November 3, 2025
This lyric prose is not only subtle and ambitious, it is also complex. It can be taken in only bit by bit. And I must confess that my French cannot fully fathom the depths of meaning about, for instance, time, that are suggested here.
Main thing is that I consider its message, as I would put it: 'the hours of our experience cannot be pinpointed by letters but only be suggested to, when you open yourself to the complexity of existence', as akin to the complexity philosophy of Edgar Morin. One could also say that this book is sort of Michel Serres' "Genese" given further poetic expression.
Main thing is that I consider its message, as I would put it: 'the hours of our experience cannot be pinpointed by letters but only be suggested to, when you open yourself to the complexity of existence', as akin to the complexity philosophy of Edgar Morin. One could also say that this book is sort of Michel Serres' "Genese" given further poetic expression.
Displaying 1 - 4 of 4 reviews




