Romane et Cyrus grandissent l'un en face de l'autre, dans la même rue d'une banlieue pavillonnaire française typique, se regardant par-dessus les barrières, derrière les rideaux, s'espionnant les jours de canicules où l'on sort faire du roller en maillot. Entre eux, de leurs six à leurs vingt ans, une attirance, une complicité, un désir non-dit, des interdits... et une malchance d'amours entrecroisées qui nous fait espérer, entre tension et frustration, qu'un jour, enfin, ils se rencontreront pour de bon. Le portrait brûlant et brillant d'une jeunesse à la française. Hypnotique et puissant.
C’est un livre que je n’aurais sans doute pas choisi de moi-même en pensant ne pas être le public visé. Au final, ca a été une agréable surprise !
Beaucoup de thèmes importants entourant le passage de l’adolescence à l’âge adulte ont été exposées avec finesse et poésie. Il y a un véritable lexique des corps et des images de la sexualité écrites au travers des yeux des personnages, ce qui fait qu’on les aborde sous plusieurs angles (même les moins « sympathiques »). Quant aux romances, elles sont crédibles et la plupart sont vues d’un œil onirique et obsessionnel (propre à cet âge!). L’autrice a une plume particulière qui m’a fait penser à Sally Rooney sous certains aspects.
La multitudes de personnages évolue au début des années 2000, dans une banlieue pavillonnaire de Normandie. Ils sont remplis de rêves qui leur paraît inatteignables sans sacrifices, enfermés dans leur routine et les attentes de leurs parents pour la plupart. Ils luttent tous à leur manière pour se sortir de schémas douloureux (même s’ils n’y parviennent pas toujours ou que les méthodes adoptées sont questionnables). On ressent l’atmosphère légère et bon enfant d’un simple été qui dévoile peu à peu ses parts d’ombre et ses moments-clés plus lourds. Là où j’ai démarré ma lecture en pensant lire de simples amourettes adolescentes, je suis tombée des nues en lisant bien plus.
Concernant le setting des années 2000 en France, concentrés sur des enfants de classe moyennes voire populaires, il m’a beaucoup plue parce que je m’en suis sentie proche grâce à des détails idiots ; la musique écoutée, les jouets à la mode, les « rituels », les émissions TV, les fêtes événements…ça change beaucoup des livres habituels du genre où on se sent proche des personnages jusqu’à ce que des différences finissent par nous séparer imperceptiblement (personnages riches à en pleurer, système éducatif américain, références différentes). Ici tout le côté culturel m’a agréablement frappée en plein visage.
J’ai fini par m’attacher aux personnages et à leurs soucis et j’ai même failli lâcher ma petite larme pour les personnages de Lola et Romane qui traversent nombre de traumatismes.
J’ai beaucoup aimé Cy et Chloé parce que je m’y suis reconnue à certains moments de ma lecture.
Alors que je pensais ne pas avoir grand chose à dire sur ma lecture, je me retrouve avec 4000 trucs que je voudrais développer mais ça partirait probablement dans des spoilers moins pertinents.
Je l’ai lu en une fois, ça a été très beau et très sympa. Une lecture parfaite pour cette fin de saison (et cette rentrée littéraire !)
Ravie de partager avec vous une autre de mes lectures estivales découverte grâce à mon activité de recenseuse pour la fondation Battieuw-Schmidt.
Il s’agit de « Tous nos rêves ordinaires », d’Élodie Chan, publié aux éditions Sarbacane.
Au sein de la collection Exprim’, des plumes inventives, urbaines, directes sont mises à l’honneur. Et celle d’Élodie Chan y est à sa place, elle dont le second roman dépeint une jeunesse française avec authenticité, et leurs amours et désirs avec poésie et originalité.
Les mots claquent, le phrasé est unique, les états d’âme des personnages, poignants. L’été 2000 est celui des possibles pour ces jeunes de Val-de-Seine : Lola se projette chanteuse dans un télé-crochet, Gabriel couche avec toutes les filles que sa belle gueule lui permet de séduire, Chloé craque secrètement pour Cyrus, le rêveur, qui n’a d’yeux que pour Romane, la fille d’en face, qui ne rêve quant à elle que d’échapper à un quotidien assez glauque.
Aucun de ces adolescents qui aspirent à mieux n’oubliera cet été. Entre désillusions, trahisons et cœurs brisés, certains prendront la bonne direction après avoir réalisé qu’aux irréalisables fantasmes sont toujours préférables les rêves ordinaires.
Vous pouvez retrouver plus d’une centaines d’autres critiques de livres et albums jeunesse dans la revue numérique et gratuite de « Lu et partagé », dont le prochain numéro paraîtra ce mois de décembre 2023.
J’ai adoré ce roman, je l’ai dévoré en une journée tellement j’ai été capté par cette histoire. J’ai énormément appréciée le fait que l’autrice nous replonge dans l’ambiance des années 2000 avec de nombreuses références à la vie quotidienne de l’époque : à travers des sujets difficiles comme les dictats sociétaux que l’on portait sur le corps des femmes, ou encore des références plus légères telles que le magazine fan2 ou les émissions tv de l’époque. Du côté de l’intrigue, rien à redire : j’ai ADORÉ. La complexité psychologique des personnages est super bien maîtrisée, on s’attache vraiment à eux. J’ai eu un réel coup de cœur pour les personnages de Romane, Cy et Chloé ! Ils m’ont parlé. Une de mes premières lectures de l’année 2025 et c’est déjà un coup de cœur ! Bravo Élodie Chan, Bravo Sarbacanne ! 🧡🧡🧡
« Cy observe Romane, doute, et l’immensité de ce qu’il ne sait pas le sidère. »
C’est un roman captivant situé dans le lotissement des Filatures à Val-de-Seine au début des années 2000. Simplement. Le récit entrelace les vies de plusieurs adolescents et leurs familles, reflétant les réalités sociales et émotionnelles de l’époque. Parmi eux, Cyrus, un jeune éperdument amoureux de Romane, une rousse confrontée à une situation familiale difficile avec un père alcoolique et violent et une mère dépressive.
un livre qui dénonce tellement de sujets graves mais de façon tellement poétique. je suis tombée amoureuse de la plume d’élodie chan et je suis vraiment contente d’avoir eu l’occasion de de le lire en avant-première grâce au pass culture :)
Une écriture originale et poétique. Plein de thème abordé mais pas dans les cliché ou le miserabilisme. Beaucoup de passage autour de la sexualité qui peuvent parfois mettre mal à l'aise mais qui sont proche de la réalité. J'ai bien aimé tout les essais avc des paroles de chanson, des moments très poétique, des changements de point de vue. On a vraiment l'impression de se ballader en été dans cette banlieu avec l'ennui et les histoires qui l'habitent.
Vraiment une romance percutante, un peu en mode Virgin suicides, où s’entrecroisent plusieurs vies adolescentes qui passent leur été chez elles-eux, dans une zone pavillonnaire à Val-de-Seine (années 2000). Alors en proie à leurs propres problèmes, chacun rêve d’une vie meilleure, d’une vie plus belle, et tente de s’évader au cours de cet été. La prose est poétique, hypnotique, et le tout se lit presque d’un coup.