« Je dois énormément à mes parents. Ils ont fait ce que je suis. »
Les parents de l’auteur ne sont plus là pour entendre cette phrase. Elle donne le ton de ce premier livre dont l’émotion est contenue mais frémissante. Le père de Bruce a été emporté par un cancer qui ne lui a laissé aucune chance. Il s’est éteint comme il a vécu, avec discrétion. Quelques années après, c’est sa mère tant aimée, à la personnalité fantasque et drôle, qui meurt dans la rue d’un arrêt cardiaque.
Comment vit-on avec ses morts ? Que faire pour ceux qui restent ? Doit-on se protéger de l’irradiation du deuil et comment y arriver ?
Ce livre tout entier est une déclaration d’amour filial, ce qui n’est pas si courant à l’heure où les familles sont souvent critiquées.
Pudique, Bruce Toussaint se souvient d’une enfance française de la moyenne bourgeoisie, que tant d’autres ont vécues, dont on peut aujourd’hui avoir la nostalgie. C’est la douleur de tous, comme l’amour de tous, que l’auteur évoque quand il parle des siens.
Ce témoignage explique avec pudeur et beaucoup de bienveillance que nous ne sommes pas toujours préparés aux événements (dont la perte de nos parents ou d’autres poches).
La mort est encore un sujet sensible dans notre société, un sujet dont les avis convergent beaucoup. J’ai apprécié connaître le point de vue de l’auteur à ce sujet qui nous partage ses peines à travers ses mots bien choisis.
Ce livre est une confession, l’auteur se confie aux lecteurs. Maintenant, est-ce que l’écriture a été une thérapie et a aidé à surmonter un peu plus ce genre d’épreuve ? Oui et non car on ne s’habitue jamais vraiment de l’absence d’une personne qui nous est chère.
Nous nous en accommodons et apprenons à vivre avec cette autre forme de présence de nos proches car pour ma part, je suis persuadée qu’ils ne nous quittent pas vraiment (mais ceci est encore un sujet sur lequel je ne m’étalerai pas aujourd’hui).
C’était fluide, remplie d’amour et d’émotions fortes.