Jean-Louis Payet, instituteur, a décidé de tout quitter sur un coup de tête. Il a vendu ses quelques biens et a acheté un billet de dernière minute pour les iles Kerguelen sans le dire à sa famille, ses amis ou sa compagne. Embarqué sur le Marion-Dufresne en partance de La Réunion, le jeune homme décide de se faire appeler Evariste, prénom qu’il considère plus adapté à sa perception de lui-même. A bord, ce sont essentiellement des scientifiques et des chercheurs qui vont étudier la faune et la flore de ces iles subantarctiques et les touristes comme Evariste ou Jonathan, un autre voyageur spécialiste des destinations hors du commun, sont peu nombreux et généralement peu appréciés. Après une traversée sans histoire, l’équipe s’installe à Port-aux-Français et un biologiste propose à Evariste et Jonathan de l’accompagner dans une randonnée d’une journée pour découvrir l’ile. Mais leur trio est attaqué par un groupe d’hommes mystérieux et à l’aspect sauvage …
Je n’avais pas vraiment d’idée sur ce que j’allais découvrir avec cette histoire sauf le fait que, comme le titre l’indique, l’action allait se dérouler sur les îles de la Désolation, aussi connu sous le nom de Kerguelen. Et comme tout ce qui touche l’Arctique ou l’Antarctique, de près ou de loin, m’intéresse, je l’ai emprunté à la médiathèque. Mais une chose était sûre : rien qu’en le feuilletant, je savais que je n’allais pas être superfan du graphisme ! Même la couverture me paraît peu attirante alors que parfois, elle est nettement mieux que le dessin intérieur ... mais là, il n’y a pas tromperie : ce qu’on voit là correspond bien à l’ensemble. Le trait me paraît un peu trop grossier, trop épais, avec trop de hachures sur les visages et dans les décors qui alourdissent l’ensemble, pour me plaire. Peut-être que si cela avait été du noir et blanc, ce serait mieux passé mais là, les couleurs sont aussi souvent sombres et bon, ce n’est pas des tons dont je raffole. J’ai déjà lu des albums du même dessinateur (Tombé du ciel, Clichés Beyrouth 1990, La tragédie brune) et j’avais déjà eu des réticences sur le graphisme pour certains mais pas tous ! Pourtant, je dois avouer que le visuel est totalement cohérent avec l’histoire d’Evariste. Le jeune homme ne m’a pas paru très sympathique, il se questionne beaucoup sur sa vie mais cela semble un peu creux, comme une remise en question que seuls les gens sans problèmes peuvent se poser (pour moi, elle est uniquement dû à l’ennui du quotidien). Le début est tranquille, classique, sans surprise et vlan, voilà l’attaque d’un groupe mystérieux et là, on plonge dans l’étrange, le décalé, comme si le groupe de randonneurs avait fait un saut dans le temps. En plus de ces êtres effrayants, la nature devient redoutable, sauvage, impitoyable. On peut dire que, si Evariste recherchait le dépaysement et l’aventure, on peut dire qu’il en a eu pour son argent ! Je ne peux pas trop parler du reste du récit sans divulgâcher mais il est question de survie, d’écologie, de nature, d’humanité et la fin clôt magistralement l’histoire ! Donc, malgré une tiédeur certaine vis à vis du graphisme, j’ai bien aimé cette lecture originale.