D'où vient ce sentiment diffus et oppressant d'un retard généralisé, lui-même renforcé par l'injonction permanente à s'adapter au rythme des mutations d'un monde complexe ? Comment expliquer cette colonisation des champs économique, social et politique par le lexique biologique de l'évolution ? La généalogie de ce nouvel impératif nous conduit dans les années 1930 aux sources du "néolibéralisme" américain : "néo" car, contrairement au libéralisme classique qui comptait sur la libre régulation du marché, ce nouveau libéralisme autoritaire en appelle aux artifices de l'État (droit, éducation, action sociale). L'enjeu est de transformer l'espèce humaine pour fabriquer les agents d'une compétition mondiale loyale et régulée. Pour Walter Lippmann, théoricien de cette transformation, seul un gouvernement de leaders et d'experts peut conduire l'évolution des sociétés dans la bonne direction. Mais Lippmann se heurte à John Dewey, figure majeure du pragmatisme, qui lui oppose l'intelligence collective des publics, socle d'une indispensable refondation de la démocratie. "La lutte entre le néolibéralisme et la démocratie n'est pas terminée : elle ne fait que commencer", Thomas Piketty, présentation de l'édition américaine, Fordham University Press.
Bárbara Stiegler dice que en este libro emprende una nueva genealogía (nietzscheano-foucaultiana) del neoliberalismo. No estoy tan convencido. Lo que sin duda hace es abrir una investigación sobre una tradición poco estudiada que impulsó a esta corriente política: sus contactos con la teoría darwiniana y la lectura que hizo de ellos Walter Lippmann, así como el debate sostenido por este y John Dewey.
"Hay que adaptarse" es una excelente síntesis de esta teoría y este debate. Lo presenta en forma profunda, analizando las consecuencias filosóficas, científicas y políticas de sus distintas postulaciones. El aporte que hace, en este sentido, a un entendimiento más claro del neoliberalismo.
Al mismo tiempo, es un estudio preliminar. Stiegler anuncia en las últimas páginas precisamente aquello que falta: una investigación que se ocupe de ver el modo en que esta teoría incidió sobre el neoliberalismo realmente existente... si lo hizo. No se puede negar que la especificidad del libro, que se enfoca en básicamente un autor y un debate, es un factor positivo, que lo destaca de trabajos comparables (pienso en Connolly o Morton) que pecan de demasiado abarcativos. Sin embargo, siento que habría sido posible incorporar alguna noción más precisa sobre esta articulación política de la teoría de Lippmann.
Généalogie du sentiment de retard que nous éprouvons. Barbara Stiegler nous plonge dans une étude des thèses de Walter Lippman et John Dewey pour penser le néolibéralisme à travers le lexique biologique de l'évolution.
La lecture parait donc plutôt ardue, notamment par le lexique biologique et les références précises concernant le néolibéralisme et les thèses des deux auteurs.
Excellent essay by my former professor from the University of Bordeaux, that describes the ideological origins of neoliberalism and the political consequences of its generalization.