J’ai eu le grand bonheur de découvrir la plume et le travail de la philosophe Claire Marin plus tôt en début d’année. Dans cet essai, l’autrice aborde et explore la question des débuts sous différents angles, tous plus intéressants et révélateurs les uns que les autres… « Le commencement se présente à nous de multiples façons : un scintillement (la naissance d'un enfant), une catastrophe (la perte d'un être cher), une découverte, une peur de l'inconnu... Les débuts sont aussi l'excitation de la nouveauté, la crainte de l'incertitude, l'espoir de se découvrir et de se surprendre. »
C’est toujours un voyage aux confins de soi que de lire Claire Marin. Ouvrir un de ses essais, c’est se donner rendez-vous et se retrouver immanquablement sur la page. Notre âme et notre expérience humaine disséquées, distillées puis révélées avec tant d’intelligence, de finesse et de justesse. Un ouvrage d’accompagnement pour la vie entière, à garder sur sa table de chevet et à méditer longuement.
✍️ « Sans doute ne saisit-on jamais le tout début, “le branle imperceptible de la première initiative” (...). Un murmure intérieur mime la décision à venir, une étincelle ou un coup au coeur décide avant nous, en deçà de nous, d’une décision confuse qui chemine déjà vers la clarté du jour où bientôt elle osera se dire et s’articuler au réel. Être attentif aux petites musiques, aux rumeurs secrètes. À ce qui patiente et s’impatiente en nous, attendant son moment, encore replié dans sa coquille, protégé par son écorce, au seuil de l’efflorescence. »