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Confidences d'une prostituée

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Avec une sensibilité et une douceur extraordinaires, Takao Saitô livre à travers Confidences d'une prostituée une " sobre déclaration d'amour " aux femmes des quartiers des plaisirs. Publiée en 1972, cette œuvre résolument personnelle révèle un aspect jusque-là inédit de son immense bibliographie. Nuit après nuit, une femme conte dans l'intimité de son foyer le quotidien de prostituées d'une époque désormais révolue. Du nom de Naomi, cette ancienne dame de compagnie a été témoin de mille et une histoires, des plus tragiques aux plus cocasses, toutes teintées d'une lancinante mélancolie. Au fil de ses récits, elle dévoile les espoirs et les secrets de celles qui aspiraient à vivre avec dignité dans un Japon pris dans un tourbillon de changements.

334 pages, Paperback

Published October 12, 2023

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About the author

Takao Saito

643 books20 followers
Takao Saito (斎藤隆夫, さいとう・たかを) is a famous mangaka, creator of Golgo 13.

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Displaying 1 - 7 of 7 reviews
Profile Image for Shaynning - Libraire Jeunesse.
1,466 reviews34 followers
July 8, 2024
Ce gros tome unique, publiée une première fois en 1972, propose dix histoires avec pour protagonistes des prostituées japonaises, racontée par une habituée du métier, Naomi. Cette femme raconte avec une grande douceur des tranche-de-vies de ces femmes qu'on a vendues et qui ne s'appartenaient donc plus, à des gens de passage chez elle.


Plus j'en apprend sur l'histoire du "plus vieux métier du monde", et plus je me rend compte qu'on en sait en réalité très peu, même si tous le monde méprise allègrement les gens qui en vivent. Comme bien des femmes au quatre coins du monde, les japonaises de ce manga n'ont pas choisi cette voie d'elle-même, elles ont été contraintes d'en vivre. Tout certaines geishas, elles sont vendues par leur famille appauvries. Je me demande si des garçons ont subit le même sort...Quoiqu'il en soit, dans l'ère Taishô, les quartiers des plaisirs étaient remplie de filles vendues, et donc, avec de lourdes dettes sur la tête. Confinées à leur quartier, souvent confinées même à leur bâtiment. "Les fantômes du faubourg" n'avaient donc pas le droit de vivre dans "le vrai monde". Leur univers était donc restreint à vivre en vase-clos. C'est dans leur intimité que nous nous retrouvons, sous la narration de Naomi. Enjeux corporels, routine épuisante, espoirs retrouvés ou perdus, rachat de leur dette, dangers pour leur santé mentale, rares petits bonheurs trouvés ça et là, c'est une incursion à la fois tendre et confrontante dans un univers de femmes rarement représenté.


Naomi a également une certaine adresse en matière de message, car c'est par le biais de ses confidences qu'elle influence les autres personnages sur un aspect précis. Pour certains, il s'agit de leur faire part d'une réalité qu'il ont du mal à traiter. Pour d'autres, c'est un message direct, comme pour ces trois jeunes hommes des années 70 qui ne voyaient pas d'inconvénients à prendre des filles de force ou cette jeune femme qui voyait dans la prostitution un moyen amusant et facile de faire de l'argent. Il y a donc souvent une leçon ou un constat derrière chaque histoire. Certaines sont tristes et s'ancrent dans une réalité d'esclavage sexuel, alors que d'autres s'ouvrent sur l'empathie, la compassion et même la solidarité. Tout n'est pas blanc ou noir, bien ou mal.


Attention, il y aura quelques petits divulgâches.


Certains aspects m'ont surpris, notamment cette façon des femmes d'être elles-aussi très liée à l'honneur. Pour certaines, ne pas combler un client ou être rejetée engendre un sentiment de honte. Il y a eu également cet homme qui étaient outré de la façon des hommes de traiter les prostituées avec mépris et violence et que les prostituées elles-même ont taxé de "naïf". Je pense que ce qui est le plus choquant dans tout cela est la quasi absence de considération pour elles-même, comme si elles n'étaient pas de "vraies" femmes, dans un Japon où les femmes ne sont déjà pas grand chose. On les gifle souvent avec violence, on a des préjugés envers elles et ont les traites même de "marchandise précieuse", notamment par la maquerelle, celle qui achète et supervise les "femmes du faubourg", les prostituées. Les Geishas également ont souvent du mépris pour ces femmes, alors que les Geishas aussi sont "vendues" sur un marché quand vient le temps de les dévierger. Il y a un grand nombre de paradoxes dans ce manga, puisqu'il semble y en avoir beaucoup dans ce Japon d'alors.


Un autre aspect qui m'a étonné est le côté "cru" de l'acte sexuel. Pour beaucoup de ces femmes, ça se limite très souvent à la pénétration vaginale, mais rien d'autre. Toutes n'offrent pas le reste de leur anatomie, et l'une d'elle a même expliqué qu'il ne faudra pas "salir les parties encore pures" de son corps. Cette idée de la souillure est omniprésente et explique sans doute une part du manque de considération des japonais pour ces femmes, clients inclus. Il n'y a donc pas ce côté fantasmant et érotique qu'on peut prêter à la prostitution. Au contraire, les hommes sont souvent limités à quelques minutes d'acte sexuel très limité sur le corps, après avoir patienté dans le couloir et sous les draps. C'est donc très sommaire, pour nombre d'entre eux. Quand aux femmes, le rythme de changement de client est marqué aux heures par des coups de bois et elles peuvent en faire une douzaine de suite. Tout cela a quelque chose de très mécanique et impersonnel. Pour la petite histoire, Naomi explique que les prostituées pouvaient se garder un "préféré" pour la fin de leur soirée, où elles pouvaient s'endormir avec lui après l'acte.


Le Japon a criminalisé la prostitution organisée en 1956 et criminalisé la prostitution en 1957. Naomi ne peut donc plus légalement pratiquer son métier et c'est à ce nouvel état des choses que font référence les trois jeunes hommes sexuellement frustrés qui pensent que "C'était mieux avant" [ quand la prostitution était légale].


Côté graphisme, on est dans quelque chose de plus réaliste, sans tout ces altérations morphologiques que je vois souvent dans les autres mangas, surtout les yeux immenses et les corps beaucoup trop longs. Ici, les personnages sont réalistes, variés, les décors également. Certains passages sont très hachurés pour avoir de forts contrastes d'ombre-lumière, et correspondent presque tous aux séquences de Naomi. Quand on entre dans ses récits, les hachures sont restreintes, le dessin devient plus net, avec des chevelures pleines en noir et peu de jeux de lumière. À certains moments, je trouvais même qu'on était pas loin du style européen. Pour les scènes sexuellement explicites, on a surtout des plans sur les corps dénudés, des seins exposés , mais on reste dans un traitement relativement pudique avec des plans surtout sur les visages et beaucoup d'éléments suggestifs . Ce n'est pas du porno, après tout. J'ai personnellement beaucoup apprécié le graphisme.


En somme, c'est un livre très intéressant, émouvant par bien des aspects, où il n'est pas question de prendre position sur la question de la prostitution que de livrer le vécu de femmes dont on ne veut pas parler, en raison de leur métier et de l'image qu'on s'en fait, même si, on peut aisément être empathique pour ces femmes qui n'ont pas choisi leur destin. Je mentionne également qu'il y a toute sorte d'éléments historiques et culturels tout aussi intéressant dans ce manga.


Pour un lectorat adulte.

Catégorisation: Manga fiction japonais, littérature adulte ( Seinen)
Note:8/10
Profile Image for Tachan.
2,665 reviews28 followers
December 20, 2023
Dans sa collection « Héritages », je n’avais lu pour le moment que les titres des autrices cultes qu’Akata avait eu la riche de nous rendre accessible. Avec Confidences d’une prostituée, c’est un auteur culte, celui de Golgo 13 que je rencontre avec un scénario plus proche de mes sensibilités que ses autres oeuvres portées jusqu’à nous. Témoignages de la rude vie de ces femmes trop souvent laissées dans l’ombre, il nous livre des moments intenses et riches en émotion.

Takao Saitô, que je rencontre ici, est effectivement l‘auteur du cultissime Golgo 13, manga le plus long jamais parus au Japon, avec ses 209 tomes toujours en cours depuis 1968, même si l’auteur, lui, nous a quitté en 2021 à l’âge de 84 ans. Mangaka qui compte au Japon, il fut d’abord l’un des chantres du Gekiga et l’un des premiers à mettre en place une division du travail avec la formation d’un de ces fameux studios qu’on connaît si bien désormais, ce qui permet à son titre Golgo de continuer à être publié. Il voulait faire du divertissement, il en a fait, mais il a aussi su proposer autre chose. Et, Confidences d’une prostituée dont nous allons parler aujourd’hui, est un de ces autres chose. Titre travaillé dans les années 70, il met en lumière les préoccupations plus sociétales d’un auteur parfaitement rôdé désormais en tant qu’artiste.

Ce genre de récits âpres sur la vie de femme un peu marginales, j’ai déjà connu avec Kazuo Kamimura, mais là où ce dernier est dans un registre très mélodramatique, Saitô, lui, fait le choix d’être plus formel, plus réaliste. Le premier est un artiste qui charme aussi par ses portraits de femmes splendides, parfaits pour faire verser une petite larme sur elles. Le second apporte un vernis plus âpre, plus rude, car il résonne avec ce qu’on peut côtoyer. Cela n’a pas la même texture, pas la même intention, pas la même intensité. J’aime les deux et je les trouve assez complémentaires.

Dans le volume ici présent, sous couvert de 10 histoires différentes, il nous relate le quotidien assez cru de ces lieux qu’étaient les maisons closes japonaises et ce qu’ont vécu leurs occupantes. Ce n’est pas un récit joyeux mais pas non plus misérabiliste. C’est un récit juste. Conté par une ancienne prostituée qui livre ainsi ses souvenirs, cela leur donne un certain cachet. Avec une mélancolie juste, elle retrace ainsi des parcours de vie bien différents, confrontant le lecteur au quotidien de ses femmes et de leurs clients mais aussi de ceux qui gravitent autour. C’est très enrichissant. J’ai aimé découvrir ces différents portraits. J’ai aimé cette plongée, tout sauf voyeuriste, dans ce que les uns et autres avaient vécu, à travers des scènes souvent poignantes de cette intimité mal connue.

Les sentiments sont le coeur de l’histoire. L’auteur ne nous berce pas d’illusions. Il n’y a pas de belles histoires, juste des parcours de vie achoppés. Il nous montre ce quotidien dans toute sa rudesse : des femmes désespérées, des femmes qui ont abandonné, des femmes qui s’y sont habituées… mais aussi des hommes pathétiques, d’autres violents, certains juste paumés. Il n’y a pas d’antagonistes juste des personnes portées par leurs temps, par leurs habitudes et certitudes d’alors, et enfermés dans un schéma qui les coupe du moindre espoir. C’est assez triste. Mais c’est justement ce qui rend cette lecture poignante, ce qui la rend viscérale.

Les portraits sont cependant inégaux et tous les chapitres ne se valent pas, même s’ils sont regroupés ici sous le couvert du récit des souvenirs de cette ancienne prostituée. Cependant certains touchent plus que d’autres à l’image de cet amour impossible avec un troufion dans le deuxième chapitre ou cet amour terriblement patient, peut-être trop d’ailleurs, dans le troisième. Le dessin, lui, est égal par contre. On est en plein dans l’esthétique Gekiga avec ce trait semi-réaliste porté par un ton dramatique, dans une profusion de cases richement rythmée mais très sombres et remplies de traits pour apporter ombres et textures. Actuellement, cela a vieilli et même si cela a inspiré nombre d’auteurs depuis, ce n’est plus vraiment au goût du jour, la narration est plus pesante, parfois moins fluide. Mais pour qui aime, les ambiances old school, on est en plein dedans et cela a un charme certain pour plonger dans cette époque révolue dans un ambiance de témoignage un peu journalistique, très cinématographique et classique, avec de très belles scènes intimes émouvantes dans leur malheur.

Après Autant en emporte la brume qui était un texte fort intéressant pour l’histoire du manga et du shojo manga mais qui souffrait d’une histoire trop mélodramatique et remplie de maladresses narratives, Confidences d’une prostituée contre qui j’avais plus de préjugés m’a plus plu scénaristiquement. J’en ai aimé la justesse, la rudesse, la mélancolie et le réalisme. C’est un portrait au plus près de ce que vivaient ces femmes, dans toutes sa complexités et sans voyeurisme. On n’évite pas quelques clichés mais la variété des portraits offre des situations pleines de leçons à tirer sur ces travailleuses du sexe, métier le plus vieux du monde encore en activité sur lequel il y aurait beaucoup à dire. Je regrette juste un gros manque de contextualisation à part la brève page d’introduction de l’auteur, surtout vu la carrière de celui-ci.

Avis complet : https://lesblablasdetachan.wordpress....
Profile Image for Svet Mori.
Author 7 books6 followers
February 8, 2024
[review originally written for the french website Manga Sanctuary]

So it's true age gets you closer to « general literature ». It's even more surprizing from me when you know how allergic I am to bad endings. Because here, you know in advance this is pure tragedy ; no fairytale for the « company women » sold in their early teens by villages or families.
« Sakuran », read and loved a few years ago (and recently re-released) was already not a fun book, but « Confidences d'une prostituée » goes even farther. All the ten short stories end in mourning, illness, violent ends. Big suicide TW BTW. The « « « luckiest » » » person here seems to be Naomi, the narrator, sharing her memories from this cruel, unoptimistic world to anyone willing to listen : journalist, old acquaintances, strangers. Each of these stories somhow explain the codes ruling this particular universe, which might be hard to understand from an external point of view. Almost slice-of-life, sometimes sad and fun at the same time, like with the fund collector new in it and totally clueless, or on the opposite a girl recently free and unable to live a normal, ordinary life. With an almost documentary tone, through Naomi's voice it's the author speaking, having met those women in the family hair salon, and giving the a brilliant hommage.

Normally, at this point, you might have understood this is absolutely not an erotic manga. Sex scenes are more suggested than shown and the nudity remains occasional, never full, and never presented as « sexy ».
Published in the 70s, « Confidences d'une prostituée » has obviously a vintage look, half-realistic graphic style, full of charm and really fitting this kind of story. The facts all go back to forty years earlier, between the end of Taisho and beginning of Showa eras, end of the 20s and beginning of 30s. And it's hard, reading this now, to think it was only a century ago.

« Confidences d'une prostituée » definitely is not a book for everyone, but if you're interested in the subject and not afraid by the melancholic atmosphere, you can only like it.

9/10, rounded up to five stars.
Profile Image for Valérie Harvey.
Author 19 books41 followers
January 11, 2024
Alors que le mangaka SAITÔ Takao entamait le plus long manga existant en 1968 avec Golgo 13 (209 tomes), qui fait partie des mangas les plus vendus (300 millions) et a été maintes fois récompensé, il trouvait pourtant le temps en 1972 de raconter des histoires très humaines et intimes du Japon de l'ère Taishô, début Shôwa.

À travers les yeux de Naomi, vieille dame solitaire qui fut prostituée de longues années, on découvre des parts de la dure réalité de ces femmes, et des hommes qui les fréquentaient, en 10 courts récits. On en apprend aussi sur l'histoire du Japon (la construction des routes à Hokkaidô, les différences entre geisha et prostituée, la misère de l'époque et la vente des fillettes pour survivre).

Le regard entre la modernité où vit la vieille dame est parfois mis en parallèle avec l'époque de l'avant-guerre. Deux récits le font particulièrement bien: celui de cette jeune femme qui s'oriente vers la porno et veut connaître tous les trucs de l'ancienne prostituée; et le dernier récit, où ces trois hommes veulent "emballer une gonzesse", même si c'est en l'agressant, et disent regretter le "bon temps d'avant" où la prostitution était légale dans les quartiers spéciaux (on ne dirait pas que ça été dessiné en 1972...)

Par ces deux exemples, vous comprenez tout de suite que ce n'est pas un livre facile. Pourtant, la lecture est fluide, la nudité est légère (à peu près seulement des seins, on devine les actes sans les montrer précisément). Mais les histoires et les conclusions sont dures, sans appel. Même si elles sont racontées avec beaucoup de nuances et de compassion dans les mots de cette Naomi, elles bouleversent le lecteur.

Ce qui montre un immense talent chez ce maître du gekiga (un style de dessins plus réaliste et dramatique qui se prête tout à fait à ces récits)! À découvrir absolument!

Merci à Akata et Interforum pour cette oeuvre magistrale.
Profile Image for Clodjee.
556 reviews8 followers
March 10, 2024
Confidences d’une prostituée nous offre un récit dur et tragique mais aussi très humain et sensible. En recueillant ces histoires entendues dans le salon de coiffure de son père et en les transmettant au travers d’un manga, Takao Saitô préserve ainsi un témoignage précieux de la petite histoire du Japon d’avant-guerre. Ce propos fort intéressant est assez bien illustré par le style réaliste de Saitô qui s’apparente aux mangas dramatique pour adultes (gekiga, littéralement “dessins dramatiques“) traitant de sujets plus sombre et sérieux et caractérisé par un style angulaire et cinématique, fait de hachures sombres et des lignes granuleuses. Un très bon manga qui mérite d’être lu surtout si l’histoire japonaise vous intéresse.

Lire mon commentaire complet sur http://clodjee-blog.com/2024/03/10/co...
Profile Image for Pierre Rouault.
147 reviews
May 13, 2025
Vraiment très intéressant et poignants, plein de petites histoires sur la prostitution au siècle dernier au Japon, la vie des prostituées etc... sans jamais être dans la dénigration des TDS de l'époque :-)
47 reviews
November 9, 2023
J'attendais beaucoup de ce manga, et j'avoue avoir été un peu déçue par le côté redondant des histoires et de la narration. J'aurais aimé avoir plusieurs témoignages de différentes femmes et la vie d'une seule.
Sympa mais sans plus.
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