Pas aussi parfait que << Ici ça va ♥ >> on sent qu’il s’agit là du premier roman de Thomas Vinau.
Extrait : « J’écoute Vic Chesnutt en donnant le biberon du matin à mon fils. C’est le dernier album qui est sorti avant qu’il ne se suicide. Il y a comme une contradiction entre ces deux éléments, Vic Chesnutt et le biberon du matin. Il y a comme une contradiction entre toute cette vie entre mes bras et toute cette mort dans la musique. Mais ce n’est pas une contradiction qui pose plus de problème que ça. Je veux dire, elle se résout toute seule, dans la lumière du soleil levant qui filtre à travers la vitre. Ce type à genoux. La défaite de sa voix. Et la petite main de mon fils qui caresse mon bras en s’enquillant une double dose de lait. Il y a le soleil dehors, et le gel qui fait un peu plus briller les choses en les tuant doucement. Il y a la poussière dans les rayons. Tout ça s’accommode malgré tout, dans le même tourbillon de vie et de mort, de peine et de lumière, d’os et de jouets d’enfant, qui constitue le délicat chaos de nos vies. »