Un ouvrage intéressant sur deux sujets : les deux premières parties portent sur deux chroniqueurs du Journal de Montréal, Richard Martineau et Mathieu Bock-Côté;elles sont suivies par une analyse des tenants et aboutissants de l'affaire du Mot-en-n et de Verushka Lieutenant-Duval, professeure à l'Université d'Ottawa.
La première partie est celle qui m'a le mieux interpellée. Gagnon décortique la manière assertive de Martineau à travers ses tics de style, ses petites lubies personnelles, ses attaques et sa manière de toujours se donner raison. La manière martinienne étant relativement simple, la démonstration de l'auteur est facile à suivre et même réjouissante (ce qui est quand même bien pour un essaie). On adhère à l'analyse.
La seconde partie, portant sur MBC, est plus pointue, l'argumentaire de Bock-Côté étant plus riche et complexe que celui de Martineau, par conséquent, l'analyse qu'en fait Gagnon est aussi plus soutenue. La méthode MBC se nourrit de sociologie (il est docteur), de psychologie, d'affirmation mal fondée, d'arguments simili-scientifiques et, comme cela a été démontré depuis à plusieurs reprises, de citations tronquées et de faits habilement maquillés pour donner l'impression d'une catastrophe appréhendée. Ça a été plutôt ardu à lire, je dois l'avouer, n'ayant qu'un iota de connaissances en sociologie, et ne lisant pas MBC avec régularité (il me fait suer).
La dernière partie porte sur le Mot-en-n et l'affaire Lieutenant-Duval. Là, j'ai décroché solide, c'est du nécessaire enculage de mouches pour bien analyser en profondeur (admirez la métaphore filée) la situation, mais c'était trop pointu pour mes pauvres moyens intellectuels et j'ai abandonné après deux chapitres et quelques pages dans le troisième. (De là mes trois étoiles.)