Après mon coup de cœur pour Les Coquillages ne s’ouvrent qu’en été, j’avais hâte de découvrir un autre roman de Clara Héraut. J’ai ainsi jeté mon dévolu sur Nos plus belles Années, son tout premier.
J’ai retrouvé la plume simple, addictive et incisive de Clara, dans l’histoire d’Ambre et Jade, deux meilleures amies qui commencent leur première année à l’université ensemble, en colocation.
J’ai accroché immédiatement. Les deux protagonistes ont chacune leur caractère et sont tout aussi attachantes l’une que l’autre. J’aime le réalisme des personnages de cette autrice, comme si elle avait connu personnellement chacun d’eux. J’ai replongé pendant 400 pages à l’université, dans les soirées étudiantes et les colocations, dans les hauts et les bas, dans les drames et la violence qui persiste.
J’ai adoré ce roman, il m’a fait mal au cœur, très mal au cœur même. Ne vous attendez pas au récit de deux meilleures amies amoureuses du même garçon, car Nos plus belles Années est bien plus que ça. Les deux adolescentes ne vont pas vivre les plus belles années de leur vie. On parle ici de violences sexiste et sexuelle, de viol. Et on en parle avec justesse, avec force et douleur.
Il y a d’ailleurs une scène de viol qui, même si elle n’est pas détaillée expressément dans l’acte, est parfaitement détaillée dans le ressenti de la jeune fille. Les émotions sont abordées avec subtilité et réalisme.
D’ailleurs, on passe nous aussi par beaucoup d’émotions avec Ambre et Jade. J’avais envie de les voir heureuses toutes les deux, j’avais envie qu’elles se parlent et c’était douloureux de les voir s’éloigner et s’ignorer. Et surtout, je rêvais qu’un certain gros enfoiré disparaisse à jamais de leur vie. Mais dans cette descente aux enfers, on perçoit toujours une lueur d’espoir portée notamment par les personnages secondaires, que j’ai bien aimés également.
Je dirais que ce roman est important et devrait être lu par tous les adolescent.e.s, et même les personnes plus âgées. La façon dont Clara aborde ses sujets difficiles reste accessible, choquante certes, mais malheureusement, on est face à la réalité. L’autrice nous rappelle qu’un viol, ce n’est pas toujours au fin fond d’une ruelle avec un inconnu, qu’un viol peut survenir à partir du moment où lea partenaire ne respecte pas un « non ». Le viol est un non-respect du consentement, pas nécessairement un acte barbare. Et c’est toujours important de le rappeler.