Été 1985, un an après la création de la première association de lutte contre le sida fondée par Daniel Defert, le sociologue Michael Pollak engage une enquête sur les homosexuels et le VIH. Avec son équipe, il mène à Paris une série de longs entretiens avec des personnes vivant avec cette maladie; il rencontrent aussi des proches des malades. Par des mots simples, avec pudeur et courage, une femme témoigne ici du surgissement de cette épidémie dans sa famille et de l'homophobie qui régnait alors et qui est encore l'un des maux de nos sociétés. Présentation de Philippe Artières.
Philippe Artières, né en 1968[1], est un historien français, actuellement directeur de recherche au CNRS au sein de l'Institut de recherche interdisciplinaire sur les enjeux sociaux (IRIS) à l'EHESS (Paris). Il a été pensionnaire de la Villa Médicis, Académie de France à Rome (2011-2012). Grand prix SGDL de la non-fiction 2021[2].
Travaux Philippe Artières consacre sa thèse, préparée sous la direction de Michelle Perrot à l'Université Paris 7, à la médicalisation des écritures ordinaires au XIXe siècle, et principalement aux écrits de criminels. Il a ainsi exploré le fonds d'autobiographies de criminels réuni par le docteur Lacassagne à Lyon à la fin du XIXe siècle, et conservé aujourd'hui à la Bibliothèque municipale de Lyon. Le Livre des vies coupables[3] donne à lire ces textes étonnants.
En 2001, en collaboration avec Dominique Kalifa, il publie un ouvrage expérimental[4] entièrement composé d'extraits d'archives montés dans un récit biographique.
Spécialiste d'écritures ordinaires, auxquelles il a consacré de nombreux ouvrages, il a été par ailleurs président du centre Michel Foucault de 1995 à 2014, responsabilité qui l'a amené à éditer un volume d'archives sur le Groupe Information Prisons[5].
Philippe Artières est considéré comme l'inventeur de l'expression "archives mineures", faisant référence aux archives qui seraient plutôt de l'ordre de l'ordinaire (récits autobiographiques, rapports médicaux, graffitis), mais pouvant toutefois être considérés comme des matériaux de l'histoire[6],[7],[8].
Il est membre de l'Association pour l'autobiographie[9].
Blogographie Philippe Artières a fondé avec Jérôme Denis et David Pontille le blog Scriptopolis, « petite enquêtes sur l'écrit et ses mondes »[10], qu’il a animé avec eux jusqu’en 2012.
Récompenses Grand prix SGDL de la non-fiction 2021[11].
Ce livre est une retranscription d'un entretien réalisé dans le cadre d'une étude sociologique. La forme m'a profondémment gêné, et le fond aurait pu davantage mis en avant.