« Ludivine vit à jamais dans les rues, avec la bande de filles et de garçons dont elle est le maître.Les femmes, chez nous, ont très souvent des âmes de chefs. Il en est une ou deux, à Honfleur, qui, matelots comme des hommes, et habillées en hommes, conduisent la barque et font au besoinla pêche. Il y a des débardeuses plus fortes que les mâles, et qui ne craignent pas le coup de poing avec eux. »Autrice prolifique, Lucie Delarue-Mardrus s’intéresse aux relations femmes-hommes dans toute son oeuvre. Être une femme libre et afficher ses liaisons avec d’autres femmes lui vaudra d’être miseau ban de la société à la fin de sa vie. Dans L’ex-voto, paru en 1922, elle dresse le portrait d’une héroïne indomptable dans la Normandie de son enfance.
Lucie Delarue-Mardrus, née à Honfleur le 3 novembre 1874 et morte le 26 avril 1945 à Château-Gontier, poétesse, romancière, sculptrice et dessinatrice, journaliste et historienne française. Ses parents ayant refusé la main de celle qu’on surnomme « Princesse Amande » au capitaine Philippe Pétain, elle épouse l’orientaliste Joseph-Charles Mardrus. Comme elle était intimement liée à Natalie Barney, Romaine Brooks et Germaine de Castro, son mari dont elle divorcera vers 1915, qui désirait garder intacte la beauté de sa Princesse Amande, propose à Natalie Barney de lui faire un enfant à sa place. C'est à cette époque qu'elle emménage au 17 bis quai Voltaire à Paris, où elle vivra de 1915 à 1936.
Les écrits de cet auteur prolifique, qui a laissé plus de soixante-dix romans, recueils de poèmes (Ferveur, 1902 ; Horizons, 1904 ; la Figure de proue, 1908), récits (le Roman de six petites filles, 1909 ; l’Ex-voto, 1921), biographies, Mémoires (1938), contes, nouvelles, récits de voyage, pièces en vers (Thoborge, reine de mer, 1905) et pièces de théâtre (Sapho désespérée, 1906), révèlent une peintre de la vie intime et de la nature. Ses écrits expriment son désir d’évasion et son amour de sa Normandie natale. Son Ex-Voto est une description pleine de sensibilité du milieu et de la vie des pêcheurs honfleurais au début du XXe siècle. Elle est également l’auteur de chroniques hebdomadaires, critiques littéraires ou musicales, conférences aux Annales parues dans la presse. Dans les dernières années de sa vie, elle a présenté au Salon de la Société Nationale des sculptures dont Danseurs nus (figurine) Dame Patricia, son nègre et son galant (figurine) ou Deux danseuses et un indifférent. Elle exposa au Salon d'Hiver en 1936 un autoportrait .
Elle participe au championnat de France d'échecs féminin à Paris en 19271.
Elle vivra aussi à Honfleur au 44 rue des Capucins et passera les trois dernières années de sa vie à Château-Gontier où elle s’était retirée en 1942.