Eté 2020 la France se déconfine, et Stéphane Dugast décide de traverser la France à vélo, de Dunkerque à Hendaye, sur son vélo surnommé « Raymond », suivant une « diagonale du vide », concept géographique réunissant des départements peu denses comme la Haute-Marne, le Cantal ou les Landes.
Il va traverser des zones profondément rurales comme la Creuse pour laquelle il décrit « un sentiment presque amoureux », des forêts, ou parfois des villes et leurs déprimantes zones industrielles périphériques, décrivant aussi bien dans son carnet de bord, ses haltes à Mons-en-Pévèle, haut lieu de la course Paris-Roubaix, à Rocamadour, à Hirson, qui symbolise à la fois l’apogée du trafic ferroviaire dans l’entre-deux guerres, puis son déclin, ainsi que dans bien d’autres villages ou villes…
Son périple lent est truffé d’occasions de s’intéresser à la géographie, l’histoire, l’évolution des paysages, la nature et l’agriculture, ou la culture des lieux traversés : il sera notamment question de Rimbaud à Charleville-Mézières, de Verdun et ses champs de bataille, de la madeleine de Commercy, de la maison natale de Jeanne d’Arc dans les Vosges, ou des tapisseries d’Aubusson.
Ce récit de voyage est aussi ponctué de rencontres que généralement il dit quitter à regret, son périple devant se poursuivre, appliquant la règle du cyclorandonneur qu’il édicte ainsi : « rouler-s’arrêter-rencontrer-échanger-partir ».
Il évoque un peu, mais sans s’y attarder, les pépins mécaniques, la fatigue physique, le poids du vélo ou les aléas climatiques. On finit donc cette lecture avec l’envie de partir, pas forcément sur le même parcours, mais à travers les nombreuses voies vertes qui sillonnent désormais la France.