Ciudad Juárez, située à la frontière entre les États-Unis et le Mexique, est connue pour être l'une des villes les plus dangereuses de la planète, en particulier pour les femmes. Elle est aussi célèbre pour sa décharge qui abrite des centaines d'habitants et une économie parallèle. À travers trois voix de femmes qui s'élèvent de ce territoire, c'est tout un monde qui nous est raconté. Une adolescente née dans la décharge, une patronne de maison close qui ne rêve que de s'en extirper et une scientifique américaine qui vient étudier les effets de cet environnement sur ses habitants. Poubelle entrelace les destins de ces femmes que seule la solidarité pourra sauver. Tantôt tendre et poétique, tantôt bouleversant, ce texte explore une réalité inconcevable, à hauteur d'êtres humains inoubliables.
Surtout ne mettez pas ce livre à la poubelle, il mérite que l'on s'y plonge car il est étonnant ! Dans cette immense décharge de Ciudad Juarez, pas le lieu le plus glamour de la planète, l'auteur nous présente 3 femmes. Une ado, Alicia, qui vit là depuis son plus jeune âge, et se débrouille seule, tant bien que mal, dans cet univers glauquisime. La 2ème Reyna, née Raymondo, est une transsexuelle vieillisante et mère maquerelle aimante qui dirige et protége une petite troupe de filles sur un bout de trottoir de la ville. La dernière se nomme Gris. Elle est médecin mais du bon côté de la frontière, à El Paso. Elle vient faire des recherches sur les enjeux de santé publique et environnementaux de cette poubelle gigantesque à ciel ouvert. Ce sont 3 beaux portraits de femmes et 3 destins dont on ne soupçonne pas le lien au début du récit. L'auteur va nous le dévoiler adroitement au fur et mesure. Ce livre m'a attendu assez longtemps sur le haut de ma pile, j'avais peur de me confronter à une histoire misérabiliste et violente. Mais Sylvia Aguilar Zéleny a bien maîtrisé son sujet. La sauvagerie du lieu est toujours sous-jacente mais rien n'est dit très crûment. Par contre, le courage, l'entraide, la sororité sont bien présentes parmi ces immondices !
À Ciudad Juárez, au Mexique, juste à côté de la frontière et en face de la ville d'El Paso, il y a une décharge. Trois femmes évoluent plus ou moins près de cette décharge, avec des vies plus ou moins faciles et des façons de voir le monde très différentes.
Le livre se lit vite mais je l'ai trouvé un peu poussif jusqu'au dernier tiers ou les histoires des trois femmes commencent à se toucher, et là je l'ai dévoré pour savoir comment ça se termine.
J’aurais aimé m’immerger davantage dans la thématique de la “décharge”. Je m’attendais à une exploration plus approfondie du sujet, mais cela est resté en surface.
Cela dit, l’écriture était bien maîtrisée. Malgré le manque de profondeur sur le sujet, le style reste agréable et fluide.