Il est rare que je me laisse attirer par un recueil de nouvelles, mais celui de Marie Hélène Poitras m’a tout de suite plu. Sur la quatrième de couverture, elle évoque le ventre d’une église, une petite fille et son énorme chien, la rage des insulaires et les premiers mots d’une écrivaine; tout pour éveiller ma curiosité. Et le recueil ne déçoit pas les attentes, au contraire! L’autrice tisse à travers ses histoires une toile qui les relie toutes. Le vécu de ses personnages se répond par échos. On retrouve Poulichon de Muze comme on retrouve un vieux compagnon, on aime et pleure Ti-Loup avec l'amoureuse du loft et, quand l’aube se pointe, on s’ennuie de la voix de Bernie qui berçait nos nuits en songe. Sous cette plume ample et maitrisée, les univers de chaque histoire se dressent comme des quartiers. On y déambule, humant les parfums des ruelles et le foin des écuries, ébahi par la force d’évocation de l’autrice qui parvient à transformer quelques phrases bien filées en de véritables espaces habitables.