«Autrefois, chaque film nous constituait de façon intime. Désormais, il participe de la superconnexion neuronale qui n’oublie rien et s’alimente au "grand tout" numérisé. Notre impatience à zapper est tout entière au service des serveurs. Mais, au fond, le pixel n’a rien changé à nos affects. Avant le cinéma, jamais un art n’avait offert un sentiment de réalité si immédiat, une empathie si transmissible, une part de légende si ouverte. Et tout cela reste en lui, comme un trésor. Puisse ce Petit éloge en redessiner la carte. Numérique, certes, mais carte au trésor quand même.»
Un petit essai destiné aux amateurs du 7ème art. du statut d'intermittent aux manies de l'aficionado, tout y passe. Plein de grands noms, de grands films, de grands acteurs. le cinéma d'aujourd'hui et son évolution de son origine à nos jours, ses mutations, la diversification de ses publics, de ses productions, de ses possibilités. Choix, genres, intrigues, une plongée en contre dans les salles obscures. Cette lecture à ramener plein de souvenirs en surface et fera de même pour vous j'en suis sûre si vous êtes amateurs de cet art. Le style est fluide et on sent la passion dans chaque chapitre sous forme de souvenirs personnels ou de réflexions sur le cinéma et sa relation avec lui. Instructif et accrocheur. Un essai qui vaut la peine que l'on s'y arrête.
Lorsque j’ai acheté ces quatre nouveaux petits éloges, j’étais loin de penser que mon coup de cœur serait celui-ci : son thème n’était pas celui qui m’intéressait plus (la première fois ou les amoureux du silence par exemple m’attiraient davantage au premier abord), mais l’auteur a su me charmer et m’emporter dans sa passion.
Ce petit éloge s’ouvre sur un « dernier avertissement » aux amoureux du cinéma d’antan que le titre n’aurait pas déjà fait fuir. Sans renier le premier cinéma, Jean-Jacques Bernard réaffirme sa volonté d’écrire sur le cinéma actuel et ses avancées technologiques. Il le fait admirablement dans de petits essais-témoignages : son ton se situe entre objectivité et subjectivité, dans la défense tout en gardant une certaine nuance et distance critique. Il répond un peu vertement à certains détracteurs ou nostalgiques aigris, puis adopte un ton plus tendre en évoquant la barbe à papa et en la comparant au cinéma.
Cette diversité des tons se retrouve également dans la forme de l’éloge lui-même : ces essais sont entrecoupés de petites nouvelles, chacune écrite à partir d’un narrateur différent (voir la table des matières). La première en je m’a émue par sa candeur et par cette passion attendrie qui y transparaît. J’ai moins aimé celle en vous, mais elle me laisse une impression de mystère et d’interrogation quant à ce qu’il s’est vraiment passé dans ce cinéma.
Un petit éloge brillant, varié et passionné, tel que je les aime.