Le lien entre l’extrême droite et la défense de l’environnement n’a rien d’évident. Pourtant, il existe bel et bien une pensée écofasciste au sein de la grande famille des idéologies nationalistes et identitaires. Démographie, tensions entre localisme et universalisme, immigration... Les théories écofascistes sèment un certain trouble dans l’écologie politique. Et même si aucun gouvernement ne s’en est revendiqué, la mouvance, encore embryonnaire, pourrait bien s’intensifier dans les années à venir. « Il me semble raisonnable de penser que plus la crise écologique s’aggravera, plus les options démocratiques et émancipatrices dont nous disposons pour y faire face s’amenuiseront, et plus au contraire des solutions extrêmes, aujourd’hui encore impensables, risqueront de s’imposer », écrit Pierre Madelin dans ce livre au carrefour de l’histoire des idées, de la cartographie intellectuelle et de la prospective politique. Une lecture indispensable pour mieux combattre cette alliance entre le « brun » et le « vert »
Pierre Madelin explore en profondeur les liens entre écologie et dérives identitaires, montrant comment l’extrême droite s’est approprié et continuera d’exploiter ces enjeux, surtout face à la raréfaction des ressources. J’ai ici redécouvert des notions comme le néomalthusianisme ou le localisme ; des notions souvent évoquées sans détails, mais ici bien approfondies. Ce livre apporte en outre une meilleure compréhension des nuances politiques complexes et les fondements de l’idéologie écofasciste. L’auteur se prête au jeu des prédictions et dépeint des potentielles évolutions aussi réalistes qu’effrayantes.
Le livre est dense et assez exigent, mais d'une grande justesse.