Depuis quelques années, l’idée que les hommes vont mal gagne des adeptes. Cette prétendue crise de la masculinité aurait une cause: les femmes, et surtout les féministes, qui domineraient la société québécoise. Des partisans de la «cause des hommes» grimpent sur les ponts pour y déployer des banderoles, intentent des poursuites judiciaires contre des militantes, prennent la parole en commissions parlementaires, font du lobbyisme auprès d’institutions politiques, publient des livres et multiplient les attaques sur le web. Certains vont même jusqu’à harceler des groupes de femmes.
La première édition de cet ouvrage pionnier paru en 2008 a reçu des échos très enthousiastes jusqu’en Europe. Actualisée et bonifiée, la réédition s’intéresse au nouveau souffle de ce courant résolument antiféministe, qui tend à se cristalliser autour des réseaux sociaux. En plus de documenter le mouvement masculiniste québécois et d’expliquer comment il nuit à l’égalité entre les hommes et les femmes, ce livre expose une facette peu connue du sexisme contemporain et recense plusieurs stratégies de résistance féministe.
Des textes de Janik Bastien Charlebois, Mélissa Blais, Louise Brossard, Francis Dupuis-Déri, Karine Foucault, Mathieu Jobin, Sarah Labarre, Diane Lamoureux, Ève-Marie Lampron, Josianne Lavoie, Émilie Saint-Pierre et Marie-Eve Surprenant.
Cette collaboration de textes publiés en 2008 est toujours pertinente à lire pour bien comprendre le ressac antiféministe au Québec. Cet extrait témoigne du contexte de l'époque qui s'applique encore aux luttes d'aujourd'hui. "D'une part, l'égalité entre les sexes est devenue une des valeurs fondamentales de la société québécoise. D'autre part, plusieurs personnes partagent l'idée que l'égalité entre les sexes participe de l'évolution naturelle des sociétés et qu'elle s'instaurera d'elle-même. Toute mesure facilitant l'intégration ou la participation des femmes dans quelque sphère que ce soit est donc vue comme suspecte, relevant d'un traitement préférentiel."