Jeunes, moins jeunes ou bien installées dans la vieillesse, les femmes dépeintes par Claudia Larochelle marchent en talons sur le fil de fer tendu au-dessus de l’abîme. Travaillées au ventre par le désir ou la solitude, par l’absence ou la promesse de maternité, par l’abandon et par le temps ravageur que des couches infinies de fard ne peuvent contrer, elles offrent au monde le visage de la passion et du désespoir combinés, la tension sous la beauté, et le carnage sous le visage peint. Ces femmes sont champs de bataille.
C'est comme chroniqueuse sur Évasion et reporter au Petit Journal de TQS que Claudia Larochelle a fait ses premiers pas en télévision, au début des années 2000, avant d'être affectée aux pages culturelles du Journal de Montréal, puis du défunt site Rue Frontenac. En 2011, elle publiait le recueil de nouvelles Les bonnes filles plantent des fleurs au printemps et signait un des textes du collectif Amour & libertinage par les trentenaires d'aujourd'hui, qu'elle codirigeait. Elle anime depuis 2012 l'émission hebdomadaire LIRE diffusée sur ARTV et collabore régulièrement comme journaliste, recherchiste et chroniqueuse dans les médias écrits, à la radio et à la télévision. Elle est titulaire d'un baccalauréat en journalisme et d'une maîtrise en création littéraire de l'UQAM.
J'ai trouvé que les nouvelles étaient trop courtes. Aucun attachement aux personnages et malheureusement, malgré que l'écriture se valait, aucune histoire ne m'a marquée...
Un petit recueil de sept courtes nouvelles, toutes écrites à la première personne, qui sont imprégnées d’une aura d’intimité féminine. Le lecteur rentre dans la vie de ces protagonistes femmes et devient l’interlocuteur tacite à qui leurs failles, leurs détresses et leurs deuils sont racontés. Que ce soit sous le thème de la maternité ou de la vieillesse, l’introspection des personnages contribue à bâtir l’atmosphère mélancolique et un peu douce-amère du recueil. La plume de Claudia Larochelle soutient son ouvrage : à la fois concise et poétique, elle rejoint le clan de l’oralité par moment et réussit à insuffler aux nouvelles un style hybride qui fonctionne à merveille avec leurs propos.
J’ai apprécié cette lecture, mais je ne me suis pas sentie accrochée. À mon goût personnel, les nouvelles étaient trop inégales. Certaines d’entre elles ont su faire vibrer ma corde sensible (Clara, Lettre à Béatrice / Maximilien, Comment décrocher les cumulus, Notre château fort) ou encore me tenir en haleine avec un frisson dans le dos (Cannibale). Cependant, les autres m’ont laissé plutôt indifférente, car je me rendais compte que je les oubliais tout de suite une fois lues.
Un recueil de nouvelles écrites avec une plume très efficace, présentant des portraits de femmes légèrement (ou carrément)névrosées (le sommes-nous toutes?). L'idée de rassembler ces nouvelles est intéressante, mais ne figure pas parmi mes recueils favoris.
Un extrait que j'ai aimé pour sa musicalité poétique:
« Il se fout de moi comme toute cette sueur qu’il laisse tomber sur ma peau. Personne d’autre ne s’y perd. Les gouttent déferlent et se mêlent au torrent de larmes qui fait couler mon rimmel. »
Je ne sais pas trop si c’est moi qui n’était pas dans le mood, mais j’ai été incapable d’embarquer dans aucune des nouvelles, ni même de terminer ma lecture. J’adore la plume d’Alexandra Larochelle, par contre je n’ai pas été capable de me rattacher aux personnages ni aux péripéties en tant que telles.
J’ai vraiment adoré ce format de nouvelles, c’est en tout point mon genre de lecture. Il y avait certaines nouvelles absolument bouleversantes et d’autres un peu plus incomplètes. J’ai particulièrement aimé la mention du chat de la voisine Peanut, en référence à ma tante, muse de l’autrice. petit clin d’oeil mignon
J'ai été, je suis ou je serai toute ces femmes... Du moins en partie, assez pour comprendre, assez pour qu'il y ait une forme d'identification, assez... Ou trop?! La face caché de la femme. Cette phrase, paraphrase (merci m. Lepage), s'est imposée pendant la lecture, je la partage, tirez-en ce que vous voudrez ou plutôt pourrez, elle ne s'est pas imposée pour rien...
Je suis tombée en amour avec ce recueil de nouvelles, et ce, dès les premières phrases, peut-être même avant... C'est le titre qui m'a attiré, je n'en avait jamais entendu parlé, n'avait jamais lu de critiques, mais le titre... Ces "bonnes filles" et ce qu'elles sont censés faire... Je me suis dit: hé! Je le connais ce rôle, ne suis-je pas l'une d'entre elles? J'ai lu la quatrième de couverture et l'ai immédiatement ajouté à mes achats, impulsivement. Lorsque je suis passée à la caisse, la caissière, sans nul doute une bonne fille, elle aussi, me l'a montré du doigt en me disant: c'est excellent, très bon choix. Elle avait raison.
Quelle lecture! Et pourtant, même si ça se lit très bien, même si ça coule, même si les images nous assaillent sans ambiguités aucune, même si à certains moments l'espoir est omniprésent, c'est une dure lecture... Mais c'est que c'est dur aussi d'être femme! Mais comme c'est beau!
Il va rejoindre mes favoris, il ne trouvera pas sa place au milieu des livres de ma bibliothèque, il y serait perdu, oublié, au milieu des autres... je le garde à proximité, probablement dans ma table de chevet, je sais que j'y reviendrai, encore et encore, je sais d'ores et déjà quels textes deviendront irrésistibles, je ne vous dirai pas lesquels, ce serait trop révéler de moi... Mais je les aime tous, seulement il y en a, un en particulier, qui me parle profondément. Je prend un abonnement, je le lirai encore et encore, mais je les lirais tous à nouveau car ils me parlent tous... Ils parlent à la femme que j'ai été, à celle que je suis, oui mais, également à celle que j'aurait pu être et à celle que je serai un jour.
Je le recommande, fortement, avec tout mon coeur, à toutes les femmes, mais soyez prévenues; c'est une lecture d'une grande beauté mais ce n'est pas une lecture facile, c'est une lecture qui explore ce côté cachée de la femme; le mien, le sien, le vôtre... Il faut y être prête... Ne plus jouer à cache-cache parce que la beauté, la vrai, n'est pas toujours belle à voir... Et puis, la vérité, elle non plus, n'est pas toujours vraie.