Militants écologistes, Gilets jaunes, féministes, ONG… beaucoup cherchent aujourd’hui des solutions en dehors de l’État plutôt que dans l’action publique. Comment en est-on arrivé là ? L’État-providence a-t-il cédé la place à un État au service du marché ?
Anne-Laure Delatte est partie à la recherche de données sur l’action publique en France depuis l’après-guerre. En les croisant et les mettant en perspective, elle éclaire avec brio soixante-dix ans d’histoire économique. Elle aborde de manière originale comment les politiques publiques ont été réparties entre les citoyens et les entreprises. Complémentaire aux travaux sur la justice fiscale et les inégalités du capital, cette approche permet de comprendre les conséquences d’une telle distribution de l’argent public sur notre régime de croissance et explique son insoutenabilité.
En pratiquant l’économie comme une science sociale, l’autrice analyse la méfiance des citoyens face à un État incapable d’œuvrer pour un régime respectueux de notre planète et inadapté aux changements qui s’opèrent sous nos yeux. Surtout, elle propose des moyens de rebâtir l’action publique dès à présent pour affronter la crise la plus existentielle de notre histoire.
Cet essai sur la politique monétaire contemporaine offre une analyse structurée et un discours souvent complexe, mais toujours cohérent. L'utilisation d'un vocabulaire précis et technique demande certes une lecture motivée mais les exemples concrets, puisés dans des études sérieuses, sont enrichissants. L'auteur insuffle également une touche d'originalité en intégrant quelques références à la musique pop et à la science-fiction, pertinentes et inattendues. Avec un engagement certain pour l'écologie et la justice sociale, l'analyse révèle une action publique progressivement détournée de ses missions premières, au profit du marché. Les propositions de l'auteur, étayées et tangibles, ouvrent la voie à une réappropriation citoyenne de l'action publique, essentielle pour un retour à une gouvernance équilibrée et responsable.