Pour le 15e titre de la collection « Des écrits pour la parole », L’Arche réédite le texte fondateur : celui qui a donné son nom à la collection, avec une préface inédite de Léonora Miano qui rappelle pourquoi « il a bien fallu écrire ces paroles ». Composé de deux parties, « In-tranquilles » et « Femme in a city », ce volume vibrant d’oralités et de récits intimes est un pamphlet poétique d’une force politique inouïe.Écrits pour la parole est une constellation de récits de femmes noires françaises, des récits intimes & politiques. Des récits libérateurs face à la violence systémique, instituée, reçue en plein corps, objet de représentations et de fantasmes dès l’enfance. Face aux mécanismes de domination à l’œuvre dans la vie quotidienne, la sphère professionnelle, ou dans la rue. Face à l’invisibilisation dans les récits nationaux et les pages blanches de l’Histoire. Des voix pour apprendre à se connaître, accéder à une conscience de soi et reprendre en charge ses récits. Des voix de femmes puissantes, en quête de justice, d’égalité, d’amour. Qui prennent en main leur destin, s’élèvent contre la binarité des récits et des représentations.Un texte d’avant-garde, qui nous plonge dans l’intimité de personnages afropéeens. « Celles qui inventent un langage nouveau Celles qui ne croient pas à l’achèvement du monde Celles qui brisent les cloisons factices Celles qui accouchent de l’à-venir se disent »: Afropéennes. » (Binarité)
Une lecture qui interroge la société française et son regard envers les femmes noires. Au-delà du féminisme ce livre parle d'humanité. Ces témoignages sont bouleversants et prouvent que la littérature et ses mots peuvent toucher plus loin encore que le simple fait-divers rapporté. Ici, le coeur est touché non seulement le cerveau. Léonora Miano offre la connaissance et la sensibilité, à nous de changer la réalité.
«La rage de nos pères s’abat sur nous. Nous sommes tout ce qu’il leur reste. Nous sommes l’unique territoire sur lequel ils puissent régner.» p. 86
Un essai important qui remet les pendules à l'heure sur l'Histoire, sur le concept de territoire, de pays, de nationalisme. Ça donne la parole, comme le titre l'indique, à des femmes qui ne peuvent jamais s'exprimer. Ça permet de créer un espace commun, une expérience commune.
Plusieurs textes m'ont touchés, mais je pense que la forme nuit beaucoup à se plonger complètement et à bien saisir tous les propos.
Le genre de textes dont t'as envie de copier des pages pour les coller sur les murs Je suis d'accord avec les quelques critiques qui disent que la forme est pas hyper facile et au début ça me gênait mais au final j'aime bien que ça force à relire certaines phrases et faire l'effort de bien intégrer