Deux âmes brisées, une renaissance ensemble ? Après une enfance marquée par la violence et la mort de son frère, Wolf n’est plus que l’ombre de lui-même. Sa vie se résume aux couloirs ternes de la fac, à sa famille d’accueil et à sa relation fusionnelle – mais parfois malsaine – avec son amie Rahèl. Un soir d’errance dans un bar de Lille, il fait la rencontre de Babe, un jeune homme au visage d’enfant. Wolf est loin de se douter que cette rencontre est peut-être celle qui va tout changer. D’abord agacé par l’arrogance du garçon, il est de plus en plus intrigué par ce personnage énigmatique qui mène une vie de dépravé. Sa désinvolture, sa colère enfouie cachent tant bien que mal les failles de Babe. Des failles profondes. Pourquoi Babe s’évertue-t-il à protéger Wolf du monde extérieur ? Pourquoi reste-t-il en même temps si distant avec lui ? Peu à peu, les deux garçons vont découvrir qu’ils partagent plus de choses qu’ils ne le croient… Liés par les fantômes de leurs passés, Wolf et Babe vont-ils pouvoir surmonter leurs blessures pour, enfin, avancer ? Passionnée par l’écriture depuis son plus jeune âge, Juliette Marrati consacre tout son temps à l’élaboration d’histoires rocambolesques (ou pas), drôles ou dramatiques, selon son envie. Rien ne l’amuse plus que de pousser ses personnages dans leurs retranchements ou de leur faire vivre des situations impossibles !
Passionnée par l'écriture depuis son plus jeune âge, Juliette Marrati consacre chacun de ses temps libres à l'élaboration d'histoires rocambolesques ou non, drôles ou dramatiques - selon son envie et son sadisme du moment. Rien ne l'amuse plus que de pousser ses personnages dans leurs retranchements ou de leur faire vivre des situations impossibles !
« Les enfers pourraient être à l’origine de cette coïncidence que je sauterais tout de même à pieds joints dedans. »
Dans ce roman, nous suivons le quotidien de Wolf, un étudiant qui a perdu foi en la vie après la mort de son frère. C’est dans cet état d’esprit qu’il rencontre Babe, un garçon à la langue bien pendue et au passé trouble également. Tous deux finiront par se rapprocher, pour le meilleur et pour le pire.
Pour tout vous dire, il s’agit d’une relecture et cette dernière apporte un regard plus nuancé à ce livre que lors de ma première lecture, il y a des années.
J’ai apprécié ce roman : j’y ai retrouvé des thématiques qui me vont droit au cœur, comme le deuil. À travers le point de vue de Wolf, on appréhende diverses émotions que nous pouvons éprouver lors de la perte d’un proche, comme la colère ou l’abattement. Toutefois, celle qui m’a le plus marquée est la culpabilité : Wolf navigue à travers elle, étouffe, parfois. Il est agréable de suivre l’évolution du personnage à travers cette émotion.
Mais Wolf n’évolue pas qu’autour de la culpabilité ; la présence de Babe provoque des changements chez lui. Peu à peu, Wolf s’ouvre, dévoilant un garçon sensible. Il m’a touchée. J’entretiens un rapport un peu plus nuancé avec Babe : au début, il est agaçant, presque méchant. Difficile, donc, de l’apprécier. Cependant, tout comme Wolf, Babe montre peu à peu sa vulnérabilité en compagnie de son ami. Babe commet et dit des choses impardonnables, mais il n’en reste pas moins attachant.
Quand j’étais plus jeune, lors de ma première lecture, j’avais apprécié la relation qui se construit entre les deux personnages. À présent, mon regard a changé : même si les deux protagonistes évoluent ensemble, leur relation n’est pas saine. Eux-mêmes le disent. Aujourd’hui, je ne peux pas dire que j’apprécie leur couple bien que j’aime les personnages. Et, attention spoiler : j’ai trouvé ça étonnant que Wolf pardonne à Babe si vite après leurs retrouvailles.
J’apporte un peu plus de nuance sur un autre point : les descriptions. Parfois, je les ai trouvées trop légères, dans le sens où des lieux importants(comme la fac ou la maison où vit Wolf) sont décrits qu’en surface. J’aurais aussi aimé que Tom et toute la clique soient un peu plus mis en avant. Cela m’amène aux éléments trop vite effleurés et attention, ça va spoiler un peu : j’ai trouvé ça dommage qu’on n’en apprenne pas plus sur ce qui est arrivé aux dealers après que Babe les ait dénoncés ou ce qu’est devenue la mère de Wolf, tout comme j’ai trouvé ça dommage que le harcèlement de Wolf et la thématique de la prostitution n’aient pas été traités davantage en profondeur. De plus, certains personnages, comme Rahèl, sont fait pour être détestés. Ça fonctionne, mais j’ai trouvé le revirement du personnage (et de ses deux amis) un poil rapide.
En dehors de ça, j’ai apprécié « Playtime ». La plume de Juliette est fluide et l’histoire est touchante. Les personnages possèdent des défauts, ce qui les rend davantage humains et donc attachants. Une bonne lecture, en somme !