Étienne Henri Gilson was born into a Roman Catholic family in Paris on 13 June 1884. He was educated at a number of Roman Catholic schools in Paris before attending lycée Henri IV in 1902, where he studied philosophy. Two years later he enrolled at the Sorbonne, graduating in 1907 after having studied under many fine scholars, including Lucien Lévy Bruhl, Henri Bergson and Emile Durkheim. Gilson taught in a number of high schools after his graduation and worked on a doctoral thesis on Descartes, which he successfully completed (Sorbonne) in 1913. On the strength of advice from his teacher, Lévy Bruhl, he began to study medieval philosophy in great depth, coming to see Descartes as having strong connections with medieval philosophy, although often finding more merit in the medieval works he saw as connected than in Descartes himself. He was later to be highly esteemed for his work in medieval philosophy and has been described as something of a saviour to the field. From 1913 to 1914 Gilson taught at the University of Lille. His academic career was postponed during the First World War while he took up military service. During his time in the army he served as second lieutenant in a machine-gun regiment and was awarded the Croix de Guerre for bravery upon relief from his duties. After the war, he returned to academic life at Lille and (also) Strasbourg, and in 1921 he took up an appointment at the Sorbonne teaching the history of medieval philosophy. He remained at the Sorbonne for eleven years prior to becoming Professor of Medieval Philosophy at the College de France in 1932. During his Sorbonne years and throughout his continuing career Gilson had the opportunity to travel extensively to North America, where he became highly influential as a historian and medievalist, demonstrating a number of previously undetermined important differences among the period’s greatest figures.
Gilson’s Gifford Lectures, delivered at Aberdeen in 1931 and 1932, titled ‘The Spirit of Medieval Philosophy’, were published in his native language (L’espirit de la philosophie medieval, 1932) before being translated into English in 1936. Gilson believed that a defining feature of medieval philosophy was that it operated within a framework endorsing a conviction to the existence of God, with a complete acceptance that Christian revelation enabled the refinement of meticulous reason. In this regard he described medieval philosophy as particularly ‘Christian’ philosophy.
Gilson married in 1908 and the union produced three children, two daughters and one son. Sadly, his wife died of leukaemia in late 1949. In 1951 he relinquished his chair at the College de France in order to attend to responsibilities he had at the Institute of Medieval Studies in Toronto, Canada, an institute he had been invited to establish in 1929. Gilson died 19 September 1978 at the age of ninety-four.
Une introduction éclairante à la pensée thomiste qui parvient à concilier simultanément ses aspects philosophiques et théologiques. Tout en faisant droit à la complexité de la doctrine thomiste, l'ouvrage présente des clés de lecture essentielles pour une première familiarisation avec les œuvres de Thomas d'Aquin. Toutefois, cette lecture n'est à envisager que pour ceux déjà familiers du vocabulaire métaphysique (cause, principe, être, étant, essence, existence), sous peine de patauger en pleins marécages conceptuels et notionnels...
Ce livre n'est pas vraiment une introduction comme on l'entend souvent. Il est assez difficile pour le débutant en philosophie et en philosophie thomiste (à eux je leur conseille plutôt de commencer par lire Mortimer Adler, Peter Kreeft et Edward Feser). Gilson écrit avec beaucoup de phrases "élégantes" ce qui peut nous perdre (il faut les relire plusieurs fois). Mais pour ceux qui ont déjà quelques notions importantes en tête sans forcément les avoir comprises entièrement, ce livre est pour eux. Ce livre m'a très bien éclairci sur beaucoup de points que je comprenais assez vaguement. Si on est croyant, on en ressort émerveillé par la grandeur de Dieu et sa générosité de nous avoir créés. A noter que Gilson a une position particulière vis-à-vis des autres thomistes : pour lui il n'est possible de connaître la distinction être-essence uniquement grâce à la révélation (la Bible) de Dieu dans Exode 3.14, elle n'est pas accessible par la raison seule (même Aristote n'y serait pas arrivé). Toutes les métaphysiques avant Thomas se sont trompées en oubliant l'être et en essayant systématiquement de le transformer en un concept, donnant des systèmes "essentialistes" (Wolff, Leibniz etc.). Gilson accuse même la plupart des thomistes après Thomas d'avoir oublié cela et de s'être aussi fait avoir.
C'est une série de dix chapitres indépendants sur la métaphysique de Thomas d'Aquin (en tout cas l'interprétation qu'en donne Gilson, car il existe de nombreuses, mais il a le mérite lui d'être un spécialiste de la philosophie médiévale). Il se concentre surtout sur les notions d'être (ou existence) et d'essence, car pour lui elles sont le fondement de la métaphysique thomiste, en fait de la seule bonne métaphysique. A travers ce fil conducteur Dieu (compris comme l'être en qui l'essence est l'existence), la foi et la raison, le essences, les idées de Platon, la finalité etc.
Un point fiable comme d'habitude est que Gilson n'est très structuré, c'est donc dur de le suivre du début à la fin dans un même chapitre en ayant en tête une suite logique (on a parfois l'impression qu'il balance des remarques sans rapport l'une après l'autre). Il inclut aussi des expressions en latin qu'il ne traduit pas, ce qui est dommage pour les non-initiés.
Voici un résumé des thèmes abordés dans chaque chapitre : Chapitre 1 : Le lien et la compatibilité de la raison et de la foi, des deux différentes manières de connaître Dieu
Chapitre 2 : Un résumé de l'histoire de la philosophie des présocratiques jusqu'à Thomas sur les causes matérielles, formelles, la substance et les limites de la métaphysique avant de comprendre l'existence/l'être
Chapitre 3 : Des remarques générales sur l'exégèse (l'étude de la Bible) en tant que méthode, une étude philosophique de ce verset, "Dieu dit à Moïse: Je suis celui qui suis." (Exode 3:14) et de Dieu compris comme celui en qui être et essence sont identiques
Chapitre 4 : Développe en détail ce que cela signifie de dire qu'en Dieu, essence et existence sont identiques, donne les conséquences de cette vérité sur Dieu, l'impossibilité pour nous de connaître l'essence de Dieu (c'est-à-dire de l'enfermer dans une définition précise, de le délimiter entièrement avec nos mots et nos concepts) car d'habitude, nous saisissons ce que sont les êtres (leur essence, leur définition), les choses parce qu'elles sont matérielles, ce qui nous permet de les visualiser dans nos têtes (de les imaginer) et de leur attribuer des concepts qui collent à ces images alors que Dieu, lui n'a aucune essence qui délimite son existence, il n'y a rien en lui qu'on peut "extraire" pour avoir une définition de lui, Gilson présente donc la théologie négative et nous montre combien elle nous amène à l'humilité devant Dieu, la seule manière de vraiment connaître Dieu, c'est de reconnaître notre ignorance, qui n'est pas complète pour autant
Chapitre 5 - Au-delà des ontologies : Explique et justifie l'importance primordiale de la notion universelle de l'être, le rôle de la tradition de l'Eglise (un héritage de plus en plus grand, considérée comme une famille qui travaille ensemble à comprendre Dieu au fur et à mesure des générations), les différentes conceptions de l'être dans plusieurs philosophies chrétiennes (le thomisme, Augustin, Duns Scot, Suarez)
Chapitre 6 - La vérité fondamentale : Pas très bien compris
Chapitre 7 - La clé de voûte : Pas très bien compris
Chapitre 8 - Causalité et participation Parle de la causalité de la création par Dieu, Dieu est la cause de l'être de toute chose (pas juste de l'être sous tel ou tel aspect, aspect biologique, aspect physique ou chimique mais de l'être en tant qu'être, en tant qu'existence pure). Cela implique l'omniprésence de Dieu qui est présent partout là où il cause l'existence quelque chose, or il cause l'existence de toute chose sans exception. Cela nous pousse à l'adorer. Gilson définit la participation de quelque chose (un effet) à sa cause comme le pour elle d'être l'effet causé par une cause.
Chapitre 9 - L'être et les essences Traite des idées divines (en lien avec la théorie des idées de Platon), de la suprématie de l'être sur les essences et des essences (forcément de créatures finies) comme les intermédiaires entre le néant et l'être pur (Dieu).
Chapitre 10 - L'être, l'acte et la fin Aborde l'être comme l'au-delà (la suite, l'étape finale) de la substance (et l'accident) et de la forme, les causes finales : le but de tout êtant (quelque chose qui existe actuellement) est de conserver son être en "survivant" et en réalisant ses opérations (faire ses actions qui sont naturelles pour lui), par exemple pour une plante pousser plus haut, et même de causer d'être étants qui lui ressembleront, la plante donnera des graines qui donneront la même plante. Comme on vient de voir que l'être, ultimement c'est Dieu, alors toute chose, sans forcément le savoir (les choses inconscientes comme les pierres par exemple) ou le vouloir (les hommes ou les anges déchus qui haïssent Dieu par exemple) cherche sans cesse et naturellement à ressembler à Dieu.
The title can be misleading. "Introduction" not in the sense of elementary or for the popular reader, but rather an introduction to core concepts in Christian (Thomistic) philosophy. With titles like "He Who Is", "Beyond Essence", "Beyond Ontologies", "Causality and Participation", "Being and Essences", and "Being, Act and End" the layman can expect to get into some very heavy, very "dense" metaphysical reading. That said, I also found this conceptually to be one of the most challenging-yet-intellectually stimulating "philosophical introductions" I've read in a long time. I came away from this with a much better understanding of Aquinas' metaphysics (or perhaps Gilson's take ON such -- Gilson belonging to the cadre of "existential Thomists" whose readings are at odds with other schools; see Fergus Kerr's "After Aquinas: Versions of Thomism." At any rate, reading Gilson will, of course, spur you to read more of the Great Doctor himself.
For those who are encountering Gilson for the first time, I'd recommend a little collection of lectures, "God and Philosophy". To quote Jaroslav Pelikan: "I commend to another generation of seekers and students this deeply earnest and yet wistfully gentle little essay on the most important (and often, at least nowadays, the most neglected) of all metaphysical and existential questions... The historical sweep is breathtaking, the one-liners arresting, and the style, both intellectual and literary, altogether engaging."