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Le Quai de Ouistreham

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Désireuse de saisir au plus près la réalité sociale de la crise, Florence Aubenas s'est immergée pendant six mois dans le quotidien d'une travailleuse précaire. Sans autre qualification que le baccalauréat sur son CV, elle s'inscrit au Pôle Emploi de Caen. Son objectif : décrocher un CDI. Elle devient alors "agent de nettoyage" et enchaîne les heures par-ci par-là. Dans son livre, elle témoigne de la misère ordinaire de la France d'en bas.
Un document exceptionnel qui a dévoilé le vrai visage de la crise.

264 pages, Mass Market Paperback

First published January 1, 2010

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About the author

Florence Aubenas

18 books35 followers
French journalist.

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1 star
56 (4%)
Displaying 1 - 30 of 113 reviews
Profile Image for Yves Gounin.
441 reviews68 followers
October 1, 2011
Il est délicat d'émettre une note dissonante dans le flot de critiques laudatives que s'est attiré ce beau témoignage humaniste de la France d'en bas, qui souffre de la crise et de la précarité.
Je le concède volontiers : cette chronique de la misère sociale est émouvante. La démarche de cette grande journaliste est noble.
Pour autant j'avoue deux réticences
La première est littéraire. Le livre a un problème de rythme. Constitué d'une multiplicité de petites saynètes, certes attachantes et bien troussées, il n'avance pas.
La deuxième est méthodologique. Pour écrire son livre, Florence Aubenas est entrée dans la peau d'une chômeuse de longue durée en quête de petits boulots. L'embedment est au journalisme ce que l'Actor's studio est aux acteurs de cinéma. Pour autant il a ses limites. Même en se grimant, même en bidonnant son CV, même en s'installant pendant des mois dans une cité HLM sans charme, même en nettoyant les WC conchiés du ferry d'Ouistreham, Florence Aubenas ne sera jamais de la France d'en bas. Elle en partagera peut-être les affres, l'espace de quelques semaines ; mais elle n'en éprouvera jamais l'intime désespérance, l'absence entêtante de perspective.
Sa démarche du coup ne peut pas ne pas être artificielle. Comme Fabrizio Gatti, ce journaliste italien qui avait partagé le sort de réfugiés africains en route vers l'Eldorado européen, Florence Aubenas touche vite les limites de l'exercice. Quand elle postule à un emploi de femme de fin de ménage, elle n'est pas, elle ne peut pas être une chômeuse en fin de droit cherchant à décrocher un petit boulot pour remplir son frigo. Elle ne peut qu'être une journaliste - certes courageuse - qui aligne les expériences pour enrichir son livre de plusieurs épisodes pittoresques.
Profile Image for charlie medusa.
603 reviews1,463 followers
July 6, 2023
ptdr sans surprise c'était odieux, la vie des gens transformée en anecdote, en "fragments", les petites façons de suggérer l'air de rien "oh vous avez vu ils parlent... ils ont des conversations malgré leur absence d'éducation... wow" et cette fin sèche brutale sans reconnaissance sans émotion sans exercice de remise à sa propre place bref salut bye bye je baille
Profile Image for didikong fr.
169 reviews8 followers
August 11, 2022
Si contrairement à beaucoup, le rythme du livre ne m'a pas dérangée, ce récit me pose énormément de problème.
Cette démarche sois disant courageuse de la journaliste me fatigue. Une femme blanche et aisée va chez les pauvres voir qu'est ce que la vie de pauvre comme si on ne pouvait pas simplement écouter les personnes dans des situations précaires pour se rendre compte de l'insécurité de l'emploi en France en 2009. Des milliers de personnes en souffrance à qui parler, à qui faire raconter leur histoire et porter leur voix et à la place une femme qui décide de "partir à l'aventure". Cette journaliste ne sera jamais ces personnes précaires dont la vie dépend entièrement de contrats de vacation (contrats qu'elle prend à la place de personnes en ayant besoin pour survivre), son récit en ressort donc complètement faussé. Avec un arrière goût de classisme, de mépris et même de transphobie.
Personne n'avait besoin de ce récit et les personnes précaires n'ont pas besoin qu'on raconte leur histoire à leur place.
Ce récit sonne comme une escapade pour gens riches. Une petite larme au coin de l'œil en compassion pour le peuple avant de partir en vacances en avion.
Entendez la voix des concernées et arrêtez de leur faire de l'ombre avec vos aventures
Profile Image for Guillaume.
501 reviews3 followers
February 26, 2012
Florence Aubenas, dans la lignée de Gunter Walraff et Tête de turc (peut-être pas le premier du lot, mais en tout le premier que j'ai lu il y a bien 15 ans) a écrit un roman sur son immersion dans une autre vie. Pendant six mois, elle a changé son identité sociale, est devenu une femme qui n'avait jamais travaillé, lâché après 20 ans de mariage par son mari, et isolée sur Caen, la ville de son "expérience".

Elle raconte donc sa vie de "femme de ménage", la précarité qu'elle expérimente, et surtout, elle décrit, dévoile, le quotidien des gens qu'elle fréquente.

C'est donc un long panorama de misère sociale et culturelle : des femmes qui doivent faire deux heures de trajets pour une heure payée au SMIC, des chefs médiocrement cruels, l'arrogance des "nantis" (ceux qui ont un vrai "travail"). Des choses dont on se doute plus ou moins, mais que sur 300 pages, on est forcé de le comprendre davantage.

C'est drôle de désespoir. ("Je m'empresse de rire de tout, de peur d'en pleurer", Beaumarchais).

C'est la france d'en bas, la vraie, qu'on imagine connaître, qu'on méprise facilement parce qu'ils regardent TF1 et lisent Voici.

C'est donc assez poignant, racontant une réalité de 2008 qui ne s'est de toute façon pas arrangée. C'est facile à lire, bien écrit (pour le genre). On est un peu placé dans une situation de voyeurisme, mais l'auteur s'en tient à une stricte neutralité narrative.

Et on peut lire ça en plaignant ces pauvres gens, et en se rassurant comme quoi, heureusement nous, on est dans la classe moyenne, au moins, on vaut mieux (et on aura mieux) que ça, toujours.

Hein que je suis pas en danger, que ça va pas m'arriver ? Que j'aurai toujours le choix de ne pas me laisser exploiter jusqu’à la lie ? Hein ? Hein ?
Profile Image for PizzaCaviar.
124 reviews5 followers
April 1, 2021
Un récit incroyable par moment tant les situations décrites glacent le sang. Florence Aubenas réussi à ouvrir une fenêtre sur un milieu touché de plein fouet par la crise avec subtilité et humanité.
Profile Image for Jake Goretzki.
752 reviews155 followers
March 20, 2021
Excellent piece of devastating semi-undercover reportage about the unpromising but still highly revealing and fertile subject of precarious living at the bottom of the employment food chain in the modern, global financial crisis age.

What distinguishes this from the parallel category of poverty memoir (fairly established in English) is its emphasis on the 'personal' and intimate, but with an approach and tone that doesn't seek to jump on a soap box at every turn or grandstand about things 'macro' - policy, neo-liberalism (sic), etc.

It's also more interesting to me being that it's in France, where social care, unions and industry appear to have been less subject to ideological buffering (unlike the UK and US), making the deterioration of status and basic decency more pronounced. It's all there though: zero hours, tedious, infantilising state training and acclimatisation exercises (workshops on how to use a power hoover), the cost trap of mobility / transport vs work access and the nasty but utterly ubiquitous cutting of costs by sweating staff for longer without pay (those endless cases where a job is paid for two hours, but it takes three hours to finish it to the employer's own standard, and you're travelling an hour and a half to get to it).

None of it is that unfamiliar to me and it's perhaps not quite the 'revelation' that it was described to be in the French press, but it's still great - and the fact of it happening in the landscape of another jaded, once prosperous part of France (and pretty similar to the British South Coast in spirit), makes it all the more interesting.

Amid all the exhaustion and rudderlessness, the humanity is still there, but it's brittle and temporal - people disappear, are moved on, get pregnant and vanish. Meanwhile, there's a familiar army of egregious little Nazis in minor positions of authority, including several appalling public sector and outsourced official types - the kind that tells a room of forced attendees that 60% of you will fail as you've seen this before and doubtless someone will arrive late and blame the bus (the teacher who greets you with 'Good Afternoon' when you're five minutes late in the morning...him. He never changes).

Great work, all told - and a category/genre that Aubenas is the absolute master of. As a methodology, it's so impressive. Highly recommended.
Profile Image for Elegy parks.
84 reviews1 follower
August 27, 2018
Malgré l'intérêt que j'ai porté au livre, et ma conviction que ce livre est important et nécessaire à sa manière, il était difficile pour moi d'oublier que Florence Aubenas allait pouvoir, à la suite de ce livre, reprendre son travail de journaliste, loin de cette précarité dans laquelle elle plonge provisoirement. Je ne lis pas le récit d'une femme précaire, et si elle s'est prêtée à son expérience de façon très "réelle", ça n'est pas réel pour autant, elle joue un rôle, même si elle le joue avec conviction. J'ai été touchée par les femmes gravitant autour d'elle, les Mimi, Françoise, Marguerite, et toutes les autres, avec leur bonté, leur bienveillance, leur courage. Juste pour elles, pour leurs récits, ce livre mérite d'être lu, j'espère d'ailleurs que c'est pour elle qu'il a été écrit.
35 reviews1 follower
October 18, 2019
Florence Aubenas raconte sa recherche d'un CDI.
Très intéressant de voir le niveau de vie des chomeurs, leurs valeurs, les discutions que l'on imaginerait même pas si l'on n'a pas vécu dans leur situation.
C'est enrageant de voir la façon dont les employeurs traitent leurs femmes de menages, leur rythme intenable.
Une bonne leçon d'humilité pour tout ceux qui se croyent supérieur.
Profile Image for Lucille.
234 reviews
March 9, 2021
3,5/5
Un bon livre, qui permet de réaliser la difficulté de la vie de certains. J'ai beaucoup aime comment était décrite ces relations avec les autres. Un travail journalistique très intéressant et nécessaire pour réellement s'immerger dans ce milieu.
Profile Image for Géraldine.
694 reviews22 followers
April 1, 2022
(relecture)

En 2009, une journaliste décide de "tester la crise en vrai". Elle s'installe anonymement à Caen, région dévastée par les fermetures d'entreprises et le chômage, prête à accepter tout travail non spécialisé. Elle enchaîne les heures de nettoyages en dehors des heures de bureau, le décrassage des bungalows touristiques entre deux séjours et la remise au propre des ferries géants en une heure.

Qu'en penser ? J'avais subi un choc en lisant ce livre lors de sa sortie. Cette fois-ci, le récit me semble tristement banal : nous sommes habitués à la précarité de l'emploi. Ce n'est plus une surprise d'apprendre qu'un travailleur précaire court les heures le matin, le soir, le week-end sans jamais que ces heures forment un horaire complet. Que le cdi reste le saint-Graal. Que les heures de trajets ou de repos forcés ne sont pas payées. Que chercher du travail est un travail en soi et un stress permanent. Et qu'entre tout ça, conserver des rêves, des ambitions ou simplement la santé est compliqué.

C'est un récit bien écrit qui se lit facilement, remplit de personnages attachants.
Profile Image for lulu.castagnette.
35 reviews
November 30, 2024
Ce livre veut plonger dans le monde de la précarité, en 2009, pendant la crise, à Caen. Florence Aubenas ne révèle pas qu'elle est journaliste et s'inscrit à Pôle Emploi (RIP). Dès la première page, elle compare sa démarche à d'autres journalistes qui sont "devenus" noirs ou turcs ou se sont "transformés" en SDF ou en pauvre. Ça n’augure rien qu’il vaille.

À travers ce récit d’enquête, Florence Aubenas joue d'effets propres au roman, à la narration, et le tout participe à un certain suspense. Le problème que j'ai avec ça, c'est qu'il s'agit de personnes réelles (sans anonymat ? en tout cas, aucune mention contraire), de situations réelles. L'autrice joue de la frontière entre réalité et fiction aux dépends des gens qu'elle a rencontrés, c'est un micmac pas possible. Je vais pousser toutes les implications de ce propos en disant même qu'il me semble que ça met à mal le pacte moral entre l'écrivain.e et le.la lecteur.rice : à cause du côté très rédigé, de l'aspect romanesque et des tours narratifs, on se fait avoir et on oublie que c'est réel. Je déteste ce flirt avec la fiction.

Le récit d’enquête se veut objectif, mais l'autrice se retrouve à objectifier les dominé.es, et c'est sans compter sur un mépris de classe apparent çà et là. À un moment, elle semble même attendre de la transphobie de la part d'une de ses collègues :

« J'ai l'impression d'avoir rêvé, mais quoi ? Est-ce que l'illusion est la conversation que je viens de surprendre [où elle apprend que Mimi est « transsexuelle »] ? Ou alors Mimi ?
— Thérèse, écoute-moi, c'est vrai pour Mimi ? [...]
— Qu'est-ce que tu as à faire l'effarouchée ? dit Thérèse. Tu es ridicule. Tout le monde le sait. Pour nous, Mimi c'est Mimi. On l'aime comme ça. »

D'ailleurs, du point de vue éthique, je soupçonne qu'elle ait enregistré à l'insu de tout le monde l'ensemble de ses discussions. Les dialogues sont bizarrement très détaillés.

Bref, j'ai rien appris du point de vue sociologique. Quel comble : avec ce livre sur la précarité, Florence Aubenas, qui n'a jamais vécu ça, capitalise et amasse de l'argent. Un livre très insultant pour des raisons morales, éthiques, sociologiques. Un livre écrit pour se donner bonne conscience.
Profile Image for bugs_in_a_cake .
6 reviews
November 21, 2025
purée ça serait pas une super idée de quitter ma vie de femme blanche et riche privilégier et faire genre je suis pauvre pendant 1mois pour voir ce que ça fais
Spoiler à la fin elle dit que c'est pas facile d'etre pauvre
Non ce n'est pas une œuvre révolutionnaire ou touchante sur les conditions de vie des travailleurs en France, c'est juste regardé une femme qui a les moyens volé le travaille de quelqu'un d'autre (dans la France a Macron on sait que c'est dur)
Si vous voulez faire un ouvrage sur des gens qui on un mode de vie précaire interrogé les EUX c'est LEURS histoires à eux et personne ne les écoutes. C'est eux et SEULEMENT eux qui peuvent écrire un livre sur ce sujet. Et vous savez quoi? Elle on la salut pour ce qu'elle a fait "bravo t'as été forte ça a pas du être facile ma pauvre" mais personne n'a de reconnaissance de ceux pour qui c'est un quotidien. Je ne sais pas si d'une certaine manière Florence Aubenas essayait véritablement de faire briller la "France d'en bas" mais ce qui est sur c'est qu'elle a échoué en tout point à mes yeux.
Bref on souffle fort
Profile Image for Floflyy.
521 reviews295 followers
January 12, 2024
Après la lecture, j'ai toujours du mal à me positionner par rapport à cette immersion dans "la France d'en bas".

Florence Aubenas, en allant vivre en cité HLM et en se positionnant en chômeuse, raconte à travers différentes tranches de vie et saynètes le quotidien de milliers de femmes en France.

La qualité littéraire n'est pas forcément au rendez-vous, parfois le récit s'enlise, la langue n'y est pas envoûtante. C'est un texte journalistique certes neutre mais pas marquant.

De plus, l'autrice ne pourra jamais raconter le désespoir de toutes ces personnes pour qui cette vie n'a pas de fin: la fin des droits, le frigo vide, les mois bien trop longs. Elle sait que cette expérience se terminera, qu'elle retrouvera sa vie. Peut-être sera-t-elle plus riche des rencontres faites, plus conscientisée, et puis quoi?

Le texte n'émouvera que les personnes déjà au fait de ces situations ou plaira aux personnes voulant se targuer de l'être.
Profile Image for Macqueron.
1,036 reviews16 followers
July 27, 2023
Suivant la démarche de Jack London pour le Peuple de l’abime, Florence Aubenas va ausculter la frange invisible de la société, et qui pourtant la rend vivable. Les différents portraits sont tour à tour attachants, édifiants, surprenants, tristes et/ou drôles, mais toujours humains. Sans nommer clairement de responsables de la situation, il ressort un système bancal et détourné, malgré son indéniable nécessité
Profile Image for Marine.
253 reviews
February 8, 2018
3.5 / J’ai trouvé ce livre intéressant, et pas seulement à cause du témoignage de Florence Aubenas sur les conditions de vie des demandeurs d’emploi en temps de crise. C’était intéressant de se plonger dans cette manière de faire du journalisme. C’est un bon exemple d’observation participante, méthode qui certes a ses problèmes mais aussi ses qualités.
Profile Image for Mag.
500 reviews26 followers
August 6, 2023
Déprimant, déprimant , déprimant... Je ne suis pas sûre d'apprécier la démarche de Florence Aubenas, je trouve ça limite dérangeant..j'ai trouvé le film de Carrère limite mieux.
Profile Image for Mae.
26 reviews
February 12, 2025
les « journalistes » de cnews ne pourraient jamais faire ça
Profile Image for Fadila Huda.
46 reviews
April 16, 2025
J’ai du lire ça pour le cours et franchement j’avais trop de problèmes avec cette femme blanche privilégiée qui prétend être pauvre pour son livre. Bizarre.
Profile Image for Maëlis.
120 reviews4 followers
September 1, 2023
ça aurait pu être passionnant avec une petite objectivation de la part de l’auteur et une écriture plus prenante
Profile Image for Vikki Mnv.
55 reviews
January 1, 2023
J’ai mis une étoile mais en vrai c’est 0.
Pourquoi on m’oblige à lire un livre sur le chômage si je veux pas?
J’ai continué à lire, ou plutôt survoler, ce livre juste pour lui mettre 0 étoile après.
Seule motivation.
48 reviews
February 2, 2025
Le témoignage de Florence Aubenas se glissant dans la peau d'une quarantenaire non qualifiée et sans expérience professionnelle pour partager la vie des femmes de ménage des ferries à Caen.
Un regard intéressant et très bien écrit sur la vie des travailleurs précaires, malmenés par la crise de 2008.
Profile Image for Eric.
218 reviews3 followers
May 5, 2013
L'auteur se fait passer pour une chômeuse, sortie d'une longue relation avec un homme qui l'entretenait qui se présente à Pôle Emploi avec un Bac pour tout bagage. On l'oriente rapidement vers le nettoyage. Le livre est une plongée dans le monde de ces travailleurs précaires qui cherchent de-ci de-là, tantôt de très bonne heure avant l'ouverture, tantôt tard le soir les heures de ménage suffisantes pour boucler les fins de mois. Le CDI est un rêve inaccessible.

Florence Aubenas nous balade d'un bout à l'autre de Caen, décrite comme une ancienne ville industrielle où les industries ont finies par fermer pour être délocalisée, tarissant la source des emplois non-qualifiés, dans un tourbillon de vacations, d'"heures", de temps partiels où il faut parfois se déplacer pendant des heures pour toucher ses 9 euros pour une heure de ménage.

C'est peut-être voulu, mais ce tourbillon, juxtaposition de scènes et de rencontres mises bout à bout nous perd peu à peu. Nous avons également la tête qui tourne au moment où elle se fait enfin promettre le CDI libérateur (quelle refuse afin de laisser la place libre pour quelqu'un qui en a vraiment besoin).
This entire review has been hidden because of spoilers.
Profile Image for Bruno Garcia.
16 reviews10 followers
October 13, 2015
No es la primera vez que un periodista decide vivir en carne propia la problemática que desea investigar. Ya lo hizo Günter Wallraff en Cabeza de Turco disfrazándose de inmigrante árabe y buscando trabajo en fábricas alemanas.

La belga Florence Aubenas no tuvo que llegar tan lejos para buscar trabajo como empleada de limpieza en un edificio de oficinas o en un transbordador. El muelle de Ouistreham nos relata la problemática que cualquier persona con pocas o nulas posibilidades de incorporarse al mercado laboral tiene que sufrir para conseguir un trabajo digno.

Te hace reflexionar sobre el papel que tiene el resto de la sociedad para con estas personas que por diferentes razones -personales o sociales- no pueden mantener un nivel de vida que les permita realizarse como personas. ¿Por qué el Estado del Bienestar no ha funcionado para ellos?. ¿Dónde quedó la igualdad social?.
5 reviews3 followers
November 23, 2021
Bien sûr que l'expérience a ses limites mais j'attends encore le récit d'une vraie femme de ménage qui a la possibilité de raconter son histoire. En attendant, elle a trouvé la voix de Florence Aubenas qui nous transmets dans le respect la galère qu'est sa vie.
Profile Image for Chris.
174 reviews1 follower
April 17, 2021
Florence Aubenas has worked as a journalist for Libération, Le Nouvel Observateur and Le Monde. Along with her her Iraqi guide Hussein Hanoun, she was released on June 11, 2005 after being held for 5 months as a hostage in Iraq. She is often described as a grand reporter which roughly translates and 'special correspondent' or a journalist who looks at issues more deeply.

At the time of the financial crisis in 2009, she decided to try to find work in a town with which she had no previous attachment and to try and understand how the crisis was hurting those whose life was most precarious.

She chose Caen and travelled there to seek unskilled employment.  Keeping her own name, she rented somewhere to live and cut herself off completely from her normal way of life.

The book recounts her trials in searching for work and describe the lives of some of the people she meets and how she is at the bottom of the pile. There is Victoria who has worked as a cleaner all her life and was at one time active in the union. A time when the unions still had some influence.  And Philip who searches for employment but is told that he has to phone a number – he explains that his phone has been cut off, and without work he can't afford to have it reconnected.

But this is more than a story about the financial crisis. It's also one about how fellow human beings are treated in the land of egality and fraternity. We see Florence, working as a cleaner,  being blanked when she says good morning to people, as if she were invisible. We learn how deep gender stereotyping still goes. Men are never asked to clean the toilets.  Rarely a break. Losing hours travelling, well, it’s normal. Being told to redo menial tasks because they haven’t done them to the standard required. Yet her fellow workers so often just  accept their powerlessness.

What Florence Aubanas uncovers  is incredibly shocking – the bullying, the humiliation, the forced working of extra hours each shift, the acceptance of their lot and the decline of industry that took away the power of the unions. Those attending the Job Centre weren’t really able to look for work – only “hours“.  And no tea breaks! She has said that she came to admire the everyday courage of her fellow workers.

However, I found reading this book tiresome. Firstly, It was like turning the pages of  a sociological case study. There would’ve been a time when I found such a study fascinating. I remember the excitement I had when first studying sociology, finding out how we as a society ticked, or didn't! Later, after some years  teaching the subject, I found myself no longer as interested as I was. Secondly, many times in the past, I've been without  money and happy to take any manual work that would cover my living costs. So, much of that which Florence investigates is not really new to me. Thirdly, others have covered the ground in far more original ways – for example, the films of Ken Loach or George Orwell's Down and Out in Paris and London.

For these reasons, I didn't love this book. I really wanted to like it because it deals with very crucial issues, issues which need urgently addressing. And Florence Aubenas is an extraordinary and remarkable journalist. I just found much of it boring.

And I wanted some solutions. Just how do we change things? Some may argue that such questions are not for the journalist. I'm not sure. Look at the writings of Paul Mason, George Monbiot and Polly Toynbee. They manage to report and comment on society from clear left of centre perspectives. Who else is going to speak for 'les gens au font de la casserole' (those at the bottom of the pot)?
Profile Image for Blog_Océane.
584 reviews6 followers
February 1, 2021
J'ai lu ce livre dans le cadre de mes études sur le thème du travail.
Je remercie mes professeurs de m'avoir fait découvrir ce livre qui est un témoignage fort intéressant. Effectivement, Aubenas qui est une journaliste va mener une enquête d'investigation : trouver un CDI en temps de crise (2008) quand vous n'avez que le BAC en poche.
A ce moment-là, j'étais assez jeune pour prendre conscience des répercussions de la société sur tout le monde, ce livre m'a permis donc de prendre conscience des fortes répercussions sur l'emploi et l'économie.
J'ai été choquée par certaines situations, j'ai été ébahie face à des remarques, des situations carrément inhumaines. Le comble est que ce n'est que vérité dans ce témoignage digne d'un carnet de bord.
Concernant l'écriture, on ressent l'écriture journalistique typique du métier initial de l'auteure, cela reste très compréhensible pour n'importe qui. Pour la structure du livre, je n'ai pas eu l'impression d'avoir un plan défini mais plutôt un plan thématique pour évoquer quelques scènes, ce qui explique les prolepses que nous avons. En revanche, je trouve les titres des chapitres intéressants et choc pour marquer les esprits ou l'intrigue. C'est là que nous avons une autre preuve de l'écriture journalistique de l'auteure.
Pour l'intrigue, l'auteure nous dresse un "pacte autobiographique" en quelque sorte au départ pour dire que tout est vrai et que les noms ont été changés. Tout est que crédibilité et cohérence entre les sentiments de la narratrice et la réalité, je trouve que notre narratrice/héroïne/auteure est courageuse de s'être lancée dans cette aventure pour dénoncer quelques travers de la société et mettre en valeur le métier de femme de ménage.
Ce témoignage nous pousse aussi à réfléchir sur la notion de travail, sur les conditions de travail même sans nous influencer puisque Aubenas ne relate juste des faits, des propos qu'elle a entendus ou des actions qu'elle a faites.
C'est pourquoi l'immersion est totalement réussie, on prend la place de la narratrice et on ressent ce qu'elle ressent.

Pour conclure, Aubenas réussit parfaitement à travers son témoignage à nous faire réfléchir et à nous faire prendre conscience des conditions de travail, la difficulté de trouver un emploi grâce à la simplicité de ce livre. Vous lisez en fait un reportage. Je ne peux que vous recommander.
Profile Image for Camille Bulle.
74 reviews12 followers
Read
April 17, 2022
En 2009, alors que la crise des subprimes de 2008 contamine le marché de l'emploi (aka : c'est la dèche), la journaliste Florence Aubenas tente une expérience : elle prétend être au chômage, n'avoir qu'un bac en poche et part à Caen chercher du travail - anonymement bien sûr (en réalité elle utilisera son vrai nom mais aux quelques personnes qui évoqueront sa véritable identité de journaliste, elle assurera qu'il s'agit d'un homonyme). Elle se promet d'y rester jusqu'à ce qu'on lui offre un CDI. Elle raconte, les rendez-vous chez Pôle Emploi, les offres qui ne sont que des 'heures', par ci par là, la tentation de tout accepter, le trajet en voiture qui dure plus longtemps que la mission, etc.

Je commence par le négatif. Ce livre m'a un peu mise mal à l'aise, par son côté voyeuriste : en plus de son expérience de recherche d'emploi, elle raconte aussi les gens qui partagent (et ceux-là pas par choix) son sort (pour elle temporaire). Et malheureusement on échappe pas aux clichés, de la passion pour les samedis au supermarché, aux courses aux promos... J'ai aussi eu parfois l'impression qu'Aubenas forçait un peu le trait (donc moyen niveau authenticité), alors qu'en même temps les dialogues étaient parfois irréalistes. Voyez plutôt : 'Quand il a fini, il propose : "Et si je retournais à l'hyper prendre une pizza surgelée ? Une de grande marque ? On irait la manger chez moi. Ce serait une bonne journée, non ?'
Qui s'exprime comme ça ? Je veux dire, MÊME à Caen ?

D'un autre côté, j'ai bien aimé le récit de la France post-industrielle, les évocations des syndicats et de leurs batailles internes. Le style est impeccable. C' est le deuxième livre de journaliste que je lis d'affilée et je trouve assez addictive la précision de cette écriture.
Profile Image for Valérie Montour.
428 reviews
March 27, 2025
Je me suis plongée dans ce livre sans en connaitre la prémisse. Je n'ai donc pas compris pourquoi en commençant ses recherches d'emploi, elle en a refusé un logé/nourri/1000$ par mois. Ce n'est d'ailleurs jamais vraiment expliqué. C'est un détail, mais on dirait que je n'ai jamais vraiment pu saisir l'urgence et la précarité de la crise, puisque le récit commence avec un refus d'être embauchée.
Mais, j'ai franchement passé un excellent moment en lisant ce livre et j'ai trouvé les personnes représentées très attachantes et avec une personnalité propre et bien développée.
Je pense que point de vue journalistique, cette enquête de terrain a été très bénéfique au public et était très pertinente. Or, comme d'autres l'ont mentionnés, la morale de cette enquête est un peu douteuse, voire beaucoup. Il est impossible de se détacher du fait qu'une femme blanche aisée avec un excellent emploi soit « partie à l'aventure » pour expérimenter ce que ça fait d'être pauvre. Je reconnais tout de même que son endurance et son dévouement à l'expérience m'ont aidé à vivre un peu plus en paix avec ça pendant ma lecture.
J'ai trouvé le rythme et l'écriture particulièrement maitrisés et c'est exactement le genre de livres que j'apprécie en fiction normalement.
Bref, je ressors assez dibutative de ma lecture, mais je pense que mon sentiment est majoritairement positif et ce texte aura le mérite de m'avoir fait réfléchir.
7/10
Profile Image for Clémence Corday.
195 reviews2 followers
December 8, 2022
Florence aubenas se met dans la peau d une chômeuse longue durée à Caen, petite ville où elle pourra mener son expérience de façon plus anonyme.
De petits boulots en petits boulots, de rencontres, elle nous décrit sa vie, la vie des invisibles, des métiers dont on a besoin mais qui ne sont pas mis en valeur..

Là où chaque sou est compté, là où ne pas avoir une voiture n est même pas un frein mais une condition sine quanone pour avoir une vie professionnelle, là où les loisirs s arrêtent au jardiland le dimanche car c'est accessible en bus.
On est touchés par ces récits de vie de personne que la crise ébranle.
Florence aubenas entame certes une démarche engageante mais qq peu artificielle.. Puisqu elle au contraire de ces gens, la crise ne la prend par le cou, elle ne se demande pas à chaque fin de mois si elle aura assez pour tous les a cotés.
Mais la lumière sur ces personnes est importante pour que les choses changent..
Profile Image for Xabier Cid.
Author 3 books35 followers
May 2, 2024
Very interesting book, and quite a pleasant reading. I got slightly annoyed because of the cheating (I understand it, I know it made this book possible, but still...). Any suffering is softer when there is an end day in sight. In particular, I liked how she depicts herself as a poorly prepared, rather clumsy worker, who nevertheless got a permanent job at the end (not a spoiler, it is said on the book's first page). I also loved how the other workers are portrayed, even by a leftist journalist who at the time worked for Libération: not a black and white portrait, but rather lots of nuances on how people understand the culture of work, how they fight, how they cheat, how they are courageous and inconsistent, how they have class solidarity or push their colleagues out of the way to get a better shift or get home earlier than expected.
Other colleagues in the book club found it boring; not me, but I can see the point in a book that could go also with 50 pages less.
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