Après quelques semaines en cavale, Chloé et Almée rentrent chez elles où un village désert les attend. Décontenancées par ces maisons vides, elles empoignent leurs bicyclettes et mettent le cap sur la mer. Peu importe ce que ça leur donnera : elles n’ont besoin de personne. Aux côtés de leur lièvre nommé Oreste (parce que ça fait savant, comme nom, pour un lièvre), Chloé et Almée partent à la recherche de quelque chose à découvrir.Entre deux baccalauréats et une maîtrise, il aura fallu 7 ans à la première maman de Ta Mère pour écrire ce roman qui ne laisse pas indifférent. D’une voix immensément cinématographique, Maude Nepveu Villeneuve raconte son histoire avec tendresse et simplicité. On savoure ses phrases courtes qui goûtent le sel de la mer qu’elle décrit.
Au travers de ses études universitaires en dramaturgie et en littérature, Maude Nepveu-Villeneuve touche à différents genres littéraires, tant en création qu’en recherche. En 2006, elle cofonde la compagnie de théâtre de marionnettes Les Veilleurs, pour laquelle elle coécrit deux spectacles (Bleu, 2007, et Bleu : table rase, 2008). Elle publie également des articles, des nouvelles et des essais dans diverses revues (L’Artichaut, Main blanche, Autobus 64 Nord, Rappel) ainsi que la nouvelle « Ma mère, elle était canon » dans Le livre noir de ta mère (Éditions de Ta Mère, 2009). Elle travaille comme correctrice pigiste, enseigne la littérature au collégial et, depuis 2011, fait partie des quatre têtes dirigeantes des Éditions de Ta Mère. Partir de rien est son premier roman.
Une histoire de fuite comme je les aime. Je ne suis peut-être pas objective parce que l'auteure est mon amie. Mais l'objectivité, ce n'est pas mon genre, de toute façon.
J’étais un peu choquée de voir certaines tournures de l’histoire avant de comprendre justement que les héroïnes étaient plus vieilles que je pensais. Mais quand je l’ai compris justement, ça m’a laissée songeuse: pourquoi la narratrice me paraissait-elle si jeune, par ses pensées, ses paroles, ses actes? Elle donnait souvent l’impression d’être une très jeune fille dans un corps de jeune femme. Possiblement pour exprimer la dualité ressentie quand on passe de l’une à l’autre, justement?
J’ai aussi été un peu confuse et perdue du manque de repères historiques et géographiques (et culturels, en même temps). On ne sait pas du tout quand on est et où on est, dans ce livre. Aucune date n’est donnée, et les lieux sont évoqués par leur nature plutôt que par leur nom : « notre village », « la ville portuaire », « l’île ». Était-on au Québec? ailleurs dans le monde? Dans un endroit inventé? Quand? C’est troublant pour moi d’évoluer dans un univers à l’identité ambiguë. En même temps, c’est qqch que j’ai apprécié, d’être forcée à oublier ces dimensions. Est-ce que ça évoquait justement le manque de repères de la narratrice, forcée dans l’âge adulte trop tôt?
J’ai été charmée aussi par la reprise mot pour mot de nombreuses expressions québécoises, calquées par la narratrice dans son discours d’une manière justement tellement juvénile. Il faudrait que j’en cite, c’est très mignon, mais le livre a déjà regagné ma bibliothèque!
Très heureuse au final d’avoir côtoyé ce livre, même s’il me laisse un peu perplexe 🤔.
"Une nouvelle ville, c'est comme une surprise. Il ne faut pas se la faire dire d'avance, sinon, ça perd tout son effet."
Je dirais la même chose de ce livre, que j'aurais bien du mal à décrire, de toute façon, tant on est entre deux âges, deux mondes, en quelque sorte.
La façon d'écrire de l'auteure a quelque chose de spécial qui me touche beaucoup, peut-être une impression que le coeur d'enfant n'est pas bien loin ? J'aurais aimé cependant embarquer un peu plus dans cette histoire singulière mais je crois que sur ce coup-là, cest mon esprit cartésien qui avait besoin d'un peu plus de repaires.
Lecture à mon avis ado/jeune adulte, mais qui se lit en toute simplicité. J'ai aimé qu'on ne sache pas trop dans quelle période et dans quels lieux se situe l'histoire; on est dans un monde imaginaire près de la réalité. Une touche trop de répétitions dans l'histoire dans le conflit entre Chloé et Almée, mais n'est-ce pas pour représenter nos amitiés qui sont parfois teintées des mêmes dilemmes, déchirements? J'aime que la protagoniste a ses propres lacunes, regrets et est à la recherche d'elle- même, une quête qui nous laisse sans réponse à la fin mais une pointe d'espoir et c'est bien ainsi.
Une histoire de fuite, d'amitié possessive et de voyage. J'ai mis beaucoup de temps à embarquer dans l'histoire et à m'accrocher au personnage principal. Je ne sais pas si c'est à cause du livre ou de moi mais je trouvais cela au départ plutôt ennuyant malgré le côté léger et naïf de l'écriture. Rendu à la moitié environ j'ai commencé à plus apprécier ma lecture et la symbolique de cette histoire somme toute bien sympathique.
Je n’ai jamais aimé les livres blancs – c’est tellement angoissant, nos doigts sont toujours trop sales. Mais celui-là vaut la peine de défier toute aversion; commencer ce roman, c’est partir pour une aventure imprévisible, mais exotique !
Une belle réflexion sur le passage de l'enfance à un âge plus mature. Très imagé dans cette ville portuaire inventée. J'ai aimé le ton enfantin du livre même si j'aurais aimé que le style d'écriture mature en même temps que Chloé, je comprends que ça pourrait représenter son coeur d'enfant.
Il m'a fallu un certain temps pour embarquer dans le roman, principalement en raison de la narration naïve et enfantine qui a tendance à me taper royalement sur les nerfs (n'est pas Réjean Ducharme qui veut), mais une fois que j'ai réussi à accrocher, je l'ai dévoré d'une traite.
♥️♥️♥️ bon, histoire intrigante et légère. Difficile de s’attacher aux personnages. Je m’attendais à un certain punch qui n’est jamais venu. Lecture facile et sans prétention
(Goodreads a planté, donc je réécris ma revue mais en bref)
L’idée de base est sympathique, mais je ne la trouve pas suffisamment aboutie. A moitié pour une des personnages.
Quelle idée intéressante de faire de sa narratrice une telle anti-héroïne. Chloé est toxique, manipulatrice, centrée uniquement sur elle-même et méchante dans ce qu’elle pense de son amie Almée. Cela donne du mal à aimer ce personnage, et donc l’histoire.
Je passerai toute l’ambiguïté qu’il existe entre l’âge réels des deux filles et l’âge qu’on essaie de leur donner. Il semble parfois qu’elles ont 8 ans (elles fuient dans un champ pour vivre dans une cabane, elles jouent a s’éclabousser dans la baignoire, Chloé tire la langue quand les gens sont de dos pour montrer qu’elle ne les aime pas) et parfois qu’elles sont majeures (Laurent déshabille Chloé, elles boivent de l’alcool, elles trouvent un travail sans que personne ne discute de rien). Tout cela donne au livre une atmosphère un peu malsaine, qui disparaît à la fin des pages, peut-être pour un peu trop tard.
Bref, j’ai adoré l’idée, moins ce qui en a été faite…
Chloé et Almée retourne à leur village après une fugue pour le trouver abandonner. Elles décident de partir à l'aventure en ville. Ce roman ludique et poétique est narré par Chloé : son innocence, ses apprentissages, sa jalousie et son inquiétude pour Almée, ses secrets et l'avenir qui s'étend devant elle, menaçant et inspirant. J'ai bien aimé ce roman, une fois que j'ai pu lâcher prise sur l'absence d'ancrage : on ne connait pas les lieux ou l'âge des personnages et tout semble un peu en dehors du réel.