Biographie très riche, extrêmement bien documentée, écrite d'une belle plume et agréable a lire. Reste très factuelle et s'attache surtout aux actions "publiques" de Condorcet : on voit peu l'homme, sa vie privée, ses possibles états d'esprits et émotions.
1743 - 1794
D'abord mathématicien (parmi les meilleurs dr son temps, c'est comme ca qu'il entre a l'Académie des Sciences), avant de devenir philosophe / Encyclopédiste au contact de ses pairs. Très proche de Turgot, Voltaire et surtout d'Alembert (ses "trois pères"). Athée voire anticlérical, il s'engage d'abord dans des combats contre des erreurs judiciaires avec Voltaire notamment. Conseiller de Turgot pendant son Ministère aux Finances (fin des années 1770).
Mariage avec la brillante Sophie de Grouchy en 1786, date a partir de laquelle il s'engage fortement contre les Parlements, dès le début des luttes d'influences entre ceux-ci et la cour, qui mèneront a la convocation des Etats Généraux.
Très engagé dès 1789 pour la défense du Tiers Etat, la réduction des inégalités et la fin des privilèges. Devient un des tout premiers partisans d'une République (dès 1790 - 1791), impliquant une déposition du roi qui n'était pas du tout envisagée (ni populaire) à ce stade. Pas élu dans la première Assemblée Nationale (la "Constituante"), est qd même influent par ses écrits, son aura et surtout ses amis proches qui jouent tous les premiers rôles et l'écoutent bcp.
Élu en 1791 pour la deuxième assemblée (la Législative), s'engage pour ses causes, souvent a contre-courant : République, abolition de l'esclavage, droit des femmes, etc.
"L'intellectuel devient politique" : se lance dans les combats et polémiques, surtout aux côtés des Girondins (contre les Feuillants / royalistes a droite, et les Jacobins / Montagnards à gauche). Les conflits politiques s'intensifient dans une Assemblée paralysée et la tension monte alors que la France est en passe d'être envahie.
Le 10 août 1792, un soulèvement populaire (sous l'impulsion des Jacobins) dépose et emprisonne Louis XVI. La veille, la Commission présidée par Condorcet n'avait pas voulu le destituer (l'assemblée y étant défavorable...).
S'ensuivent en septembre une série de massacres contre lesquels Condorcet et les Girondins ne peuvent même pas s'exprimer.
La chute du roi et la disparition des Feuillants provoque une nouvelle élection qui débouche sur une grande victoire des Girondins, dont Condorcet qui est très respecté. Mais cette assemblée (la Convention) est extrêmement polarisée et violente. Il essaye d'adopter un positionnement neutre puisqu'il s'éloigne des Girondins (dont il reste ami) et partage bcp + les idées des Montagnards. S'isole donc et perd énormément d'influence, ne suit ni l'un ni l'autre parti sur aucun des votes cruciaux. Vote contre la peine de mort du roi, uniquement par principe anti peine de mort. Mauvais orateur et fragile de santé, ses travaux (projet de Constitution, plan pour l'éducation, etc.) sont victimes des conflits politiques et restent bloqués.
S'est tellement éloigné des Girondins qu'il n'est même pas évoqué en mai-juin 1793, lors de la prise de pouvoir des Montagnards qui provoque leur arrestation et leur exécution (début de la Terreur). Mais il critique violemment ces événements et est condamné a son tour : il se cache et vit reclus pendant 2 ans, reprend l'écriture (Esquisse du tableau des progrès de l'esprit humain) et meurt anonymement après avoir été arrêté en 1794 après avoir tenté de s'enfuir pour protéger celle qui le cachait.
Un des tous premiers défenseurs de l'égalité hommes / femmes et pour l'égalité entre toutes les races (à commencer par la fin de l'esclavage), athée et défendant la liberté de tous les cultes dès sa jeunesse, opposant a la peine de mort : le dernier représentant des Lumières, au milieu de la Révolution qu'il a contribuer a guider à ses débuts, par ses principes et ses projets.