Le soir tombe sur l'aéroport Charles de Gaulle lorsqu’atterrit le second vol Korean Air quotidien qui relie Séoul à Paris. Fatigués par l'inconfort d'un avion bondé, les passagers, Coréens pour la plupart, entament l'enfilade des couloirs qui doit les conduire à l'arrivée des bagages. De rares écrans diffusent des images publicitaires. Ils sont de marque L G ou Lucky Goldstar, deux géants coréens. S’ils regrettent l'efficacité de l'aéroport de Séoul, les Coréens ne se plaignent pas : à l'étranger, ils évitent de récriminer. Au compte goutte, les bagages finissent par être livrés à leurs propriétaires. A la sortie de l’aéroport, la course sera près de cinq fois plus cher qu'à Séoul, mais tant pis : va pour le taxi ! Vous êtes chargé mais la place ne manque pas dans l’Hyundai, premier fabriquant d'automobiles coréennes. A la sortie de l’aérogare, vous pouvez apercevoir ce curieux monument en forme de main de géant arborant fièrement un portable Samsung. Les premiers immeubles de la banlieue nord se dessinent à l'horizon. Ils ne manquent pas d'allure avec leurs panneaux de néons qui vantent les mérites de Daewoo, de Samsung ou de L G. Le gingle des informations retentit à la radio. Voyage du président américain à Tokyo puis à Séoul. Démarches de Ban Ki-moon, secrétaire général de l’ONU, pour résoudre une crise en Afrique. Protestations du Japon qu'inquiète la portée des missiles nord-coréens. Une journée banale... Votre chauffeur préfère engager la conversation : « D'où venez-vous ? Ah, de Corée ? Et comment y vit-on en Corée depuis que la guerre est finie ? Et quel climat fait-il dans le sud ? Très froid en hiver, comme à Pékin ? Il faut dire que la Corée, franchement, on n'en entend jamais parler ». Tout est dit. Les Coréens sont parmi nous et nous l’ignorons. Leurs entreprises conquièrent nos marchés, leurs innovations formatent notre quotidien, la stabilité de leur péninsule hypothèque notre avenir et nous n’en prenons pas vraiment la mesure. Nécessité ou cécité ? Comment en sont ils arrivés là et comment en sommes-nous arrivés là ? Que faut-il en penser, quelle leçon en tirer ? En tout état de cause, la question coréenne mérite qu’on la défriche.
Essai de sociologie où l'auteur reprend beaucoup de ses thèses déjà exposées dans son travail précèdent "Histoire de la Corée: des origines à nos jours". En effet pour qui a lu ce livre avant, retrouvera quasiment mot pour mot des passages de la période postérieure à la guerre de Corée. De plus, quelques généralisations et imprécisions lorsque le discours se veut plus généraliste sur l'Asie. Voici quelques exemples: lorsque l'auteur déclare que le confucianisme a influencé toute l'Asie ou encore que le Chinois est l'équivalent du latin en Asie... Je m'excuse mais je ne vois pas en quoi la Thaïlande ou le Kazakhstan (qui font aussi partie de l'Asie) ont été influencé en quoique ce soit par le confucianisme ou la langue chinoise. Bref ce n'est qu'un détail sur lequel on peut fermer les yeux, le sujet du livre étend comme son titre l'indique: les Coréens. Coréens que l'auteur connait très bien et vous permettra en quelques pages (le livre n'est pas très épais) et dans un style fluide et agréable à mieux connaître ce peuple et cette société assez méconnus dans l'hexagone.
Pour ceux qui connaissent peu la Corée du sud et qui souhaitent s'informer sur divers aspects de ce pays passionnant, ce livre est parfait. L'auteur ne s'attarde pas sur des détails trop pointus. Il dresse un portait général du pays en abordant l'histoire (les conquêtes, la modernisation, l'éducation...), la culture (la musique, les dramas, le cinéma...), la réunification, la technologie, etc. Cet essai est complet et d'actualité. J'espère que plus de lecteurs s'y intéresseront.
Essai intéressant mais peu structuré, qui tourne un peu à l'accumulation d'analyses éparses. Très actuel (2011) donc beaucoup moins intéressant dans quelques années...à lire rapidement !