« Parfois, dans ces moments, quand il avait pris un verre de vin et qu’une très légère ivresse arrondissait les angles de son esprit, il oubliait que le monde avait disparu. »
Licencié en Sciences Politiques, Thomas Gunzig fait de l'indépendance du Tadjikistan le sujet de son mémoire. En 1994 il remporte le Prix de l'Écrivain Étudiant de la ville de Bruxelles pour Situation Instable Penchant vers le mois d'Août (éditions Jacques Grancher), un recueil de nouvelles extraordinaire de maîtrise et de drôlerie qui annonce un talent nouveau entre humour noir, fantaisie réaliste et pessimisme morbide, doué d'une imagination bondissante proche du fantastique.
En 1996 il remporte le prix de la RTBF et le Prix Spécial du Jury pour la nouvelle Elle mettait les cafards en boîte lors de la Fureur de Lire. En 1997, second recueil de nouvelles, Il y avait quelque chose dans le noir qu'on n'avait pas vu (éditions Julliard, J'ai Lu Nouvelle Génération), mises en scène en France et en Belgique. En mai 1999, troisième recueil de nouvelles, À part moi personne n'est mort (éditions du Castor Astral, J'ai Lu Nouvelle Génération). Il est également l'auteur d'une comédie musicale, Belle à mourir, jouée en 1999 en Belgique.
En 2000 il remporte le prix de la SCAM et réalise de nombreuses fictions pour Radio France. Il publie Bruxelles, Capitale culturelle de l'Europe aux éditions Autrement en 2000 et chez Labor De la terrible et magnifique histoire des créatures les plus moches de l'univers en 2002 et un recueil de nouvelles, Carbowaterstoemp, en 2005. Son premier roman, Mort d'un parfait bilingue (Au diable Vauvert 2001), s'est vu distingué par les prix Victor Rossel et Club Méditerranée et son recueil de nouvelles, Le plus petit zoo du monde (Au diable Vauvert, 2003), par le Prix des Éditeurs. Il est lauréat en 2004 du prix de l'Académie Royale de Langue et Littérature Française de Belgique.
Thomas Gunzig est professeur de littérature à La Cambre. Ses livres sont traduits dans le monde entier.
De nos jours. Le monde a sombré, disparu, un virus, la folie d'un dictateur moderne qui a initié la spirale de son autodestruction? Libre à l'imagination personnelle, mais on sait que la folie de quelques "grands" peut faire tout basculer dans le chaos, le néant, ou qu'une pandémie peut en être le déclencheur. Dans le bouquin, un couple, très riche, a réussi à fuir, emmenant ses deux enfants, le grand désordre juste avant l'écroulement de la civilisation. Sur un île dans l'Atlantique. Le mari a tout planifié, grâce à ses richesses, son savoir. Le grand luxe, ils pourraient y survivre éternellement. Il a même engagé un couple qui sera exclusivement à leur service, au couple et aux deux insupportables mouflets devenant adolescents, habitués à être servis comme des pachas capricieux, égoïstes et infernaux. Le meilleur des mondes (pour les riches). Mais! Terrifiante, une vie de reclus. Cela peut tourner au cauchemar. Le club de luxe peut devenir infernal. Roman noir, projection d'un possible abominable, remarquable description de cette descente aux enfers. Il n'y a même pas la moindre allusion humoristique, à aucun moment. Car la situation ne s'y prête jamais. Angoissant. Bien écrit. Excellent bouquin de cet auteur belge. Malgré certaines longueurs et lieux communs sur la suprématie des classes sociales.
[Lu dans le cadre du prix Roman des étudiants France Culture]
“Au fond de lui, il se doutait que sa présence sur cette île était à l’image de toute l’histoire de l’humanité, le fruit du hasard, que ça ne signifiait rien du tout, que ça n’avait aucun sens.” p.166
Projection scientifique ou expression d’une angoisse existentielle : Rocky, dernier rivage est-il un récit d’anticipation ou de science-fiction ? C’est en tout cas un livre qui fait du bien, parce qu’il nous rappelle combien on est chanceux d’avoir une petite vie confortable et un monde qui tient debout. Thomas Gunzig a imaginé la fin de l’humanité d’une manière très réaliste, comme si ça pouvait arriver du jour au lendemain.
Et pourtant, ses personnages vivent dans un cocon luxueux. Famille riche de 4, ils ont déménagé dès les premiers signes de la catastrophe sur une île à plusieurs centaines de kilomètres des côtes. Ils ont réuni tout ce dont ils avaient besoin : nourriture, loisirs, médicaments. C’est littérairement étrange que de lire la vie agréable de ce qui semble être la dernière famille humaine. C’est comme s’il y avait un retour en arrière vers l’apparition des premiers hommes ; comme si un dernier sursaut d’humanité résistait, confiné dans une maison, avant la fin.
L’anxiété et l’absurde infusent petit à petit. La richesse de cette famille et leur opulence insolente n’a pas de sens, car plus personne n’est là pour la regarder. On voit l’arrivée de l’implacable solitude qui les éloigne les uns des autres et fait d’eux une famille dysfonctionnelle. A travers plusieurs chapitres entre passé et présent, menés d’une main de maître, dans l’esprit de chaque personnage, on assiste à la perte progressive de la raison et de l’envie de vivre. Il y a du déni, du désespoir, des rêves et de l’abandon, on sent le temps qui s’échappe, d’une vie qui ne pourra pas être rattrapée et qui semble gâchée. Thomas Gunzig écrit d’une perspicacité affolante sur la psychologie humaine ; mais il est aussi brillant dans sa description de la lente agonie du monde après la catastrophe, comment il a imaginé les émeutes et leurs répressions, la fermeture des supermarchés, la disparition des chaînes d’information…
C’est un roman terrifiant, asphyxiant et cruel d’anticipation lucide. C’est un huis-clos brillant qui nous alerte et nous permet de comprendre combien notre vie actuelle est superficielle et instable. Nous nous attachons à un monde intellectuel et matériel, or nous avons surtout besoin des autres pour vivre. Nous avons surtout besoin de revenir à la réalité primaire.
Comme avec Cadavre exquis d'Agustina Bazterrica, il y a quelque chose d'effroyable dans l'écriture de Thomas Gunzig. Ce récit est si naturellement dans le prolongement des évènements de ces dernières années, si logiquement le produit des terribles rapports de classe qui structurent nos sociétés ; j'en ai presque eu la nausée.
Évidemment, il n'y avait pas d'autre manière de lire ce livre qu'en commençant en toute innocence la première partie à un moment aléatoire de la journée, puis en finissant avec hâte en une nuit d'insomnie décadente les trois autres. La prose de Gunzig est prenante, c'est le moins que l'on puisse dire. Il n'en est pas à son coup d'essai, c'est clair. Alors l'appréhension que j'avais de tomber sur une œuvre qui se veut trop « edgy » par les sujets qu'elle traite et les mécanismes qu'elle dénonce était infondée.
Au début, les énumérations étaient gonflantes. Puis j'ai saisi leur utilité narrative et alors la sordidité de cette histoire et de ses personnages si réalistement abjects n'en a été que décuplée. Leurs obsessions matérialistes, leur avidité de pouvoir, leurs comportements outranciers qui finalement ne sont pas propres à leurs individualités, mais à l'ensemble de la classe dominante au sein d'un système capitaliste et néolibéral… On est confrontés aux horreurs de notre fonctionnement politique, à l'atrocité de ce que serait une crise sanitaire de plus grave intensité que le COVID pour tous ceux qui ne font pas partie des 1% en mesure de s'acheter une île privée.
Deux points de (légère) déception : - J'aurais aimé lire plus de passages sur la vie de celleux qui n'ont pas pu s'enfuir comme Fred, Hélène, Jeanne et Alexandre. Les quelques extraits de blogs et les communications entre familles séparées m'ont donné envie d'en voir plus. Pour ce qui est d'Ida et Marco, connaître plus de détails de leurs vies passées. Ils étaient déjà très attachants mais un peu plus de focalisation sur eux n'aurait pas été de refus.
- La caractérisation de Jeanne est empreinte d'une misogynie que je n'ai pas réussi à ignorer. Certes, les jeunes bourgeoises superficielles et leur envie de pecho des grands bruns ténébreux existent mais il y avait peut-être une meilleure manière de décrire cette ado qu'en parlant des formes de son corps 😵💫
Quoi qu'il en soit, c'est globalement une lecture passionnante, qui donne envie de se révolter (même si la plupart du roman est bien pessimiste) et de ne pas se laisser gouverner par des idiots incapables d'empathie, parce qu'inévitablement ce sont eux et leur obsession des profits qui nous mèneront à la dérive.
Les quatre membres d’une famille d’ultra-riches français•es sont peut être les derniers survivant•es de l’humanité.
Quand on les rejoint, 5 ans se sont déjà écoulés sur l’île qui leur sert d’abri, et la seule chose les maintenant en vie sont les divertissements dont iels disposent sur leur puissant serveur informatique : Fred a les photos du monde d’avant, Hélène a Titanic, Alexandre les albums live et Jeanne la série américaine West Sacramento College. Du pain et des jeux pour maintenir l’ordre bourgeois. Mais une fois que les jeux (ces divertissements, distractions du serveur) disparaissent dans une éruption solaire, le désordre ne tarde pas : C’était jusque-là le dernier fil maintenant un semblant d’équilibre dans la maison.
Cette dernière famille survivante que l’on découvre au fil de chapitres hachés par leurs quatre perspectives propres représente tout le mal de la société occidentale bourgeoise : Son racisme, son sexisme, son autosuffisance, sa condescendance, son orgueil, son empêchement total de voir plus loin que le bout de son nez, son manque cruel d’humanité personnel qu’elle pense comme universel. Difficile d’avoir une once d’empathie pour ces personnages quand les schémas de domination pré-apocalypse restent si bien ancrés dans leur cerveau. Au fil des trois premières parties, on se surprend même à souhaiter leur chute.
Et puis un dernier sursaut. « Ils le regardèrent tous ensemble, émus par l’histoire de cet homme qui, par amour, essaye de devenir autre chose que lui-même et y parvient. » Y seraient-iels eux même parvenus?
«Rocky, dernier rivage » est un fiction post-apocalyptique qui se dévore avec aisance. Invitation à la décroissance et critique du capitalisme et de l’individualisme qui manque parfois de finesse, elle n’en reste pas moins une œuvre divertissante mettant en exergue les comportements délétères d’une partie de l’humanité. On regrettera cependant une certaine superficialité dans son approche et des personnages féminins assez caricaturaux, qui ne se pensent qu’au travers des hommes (Hélène avec Evangelos, Jeanne et ses Jason, Kyle et Shean…).
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incroyable ce livre, vraiment. il mérite d'être tellement plus connu ! du déroulement du récit, super bien construit, à la plume de l'auteur, fluide et agréable, aux personnages, réalistes et bien développés, à ses chouettes et nombreuses références différentes (films, chansons, personnalités connues, ...) ou encore à ses révélations de malade, ce roman m'a complètement conquise. je vous le conseille à 2000000 % !!!
Wooooo… non mais quelle histoire! Un huit clos psychologique prenant et intelligent. Alors que le monde s’écroule (pandémie, chaos, guerre…), une famille riche réussit à se planquer sur une île privée au milieu de l’océan. Parents et adolescents vivent alors dans une maison hyper branchée, sécuritaire et remplie de provisions. La richesse aide, mais elle a ses limites… et un jour, ça dérape… C’est vraiment bon! Je ne voulais même plus lâcher le livre!
Sincèrement, ma lecture est mitigé, le scénario est plutôt sympa même si long a ce mettre en place mais ses personnages, plus cliché tu meurs. La façon de décrire les personnages féminins on un male gaze indéniable. De plus, frad te Alexandre sont aussi les clichés du mec toxique et alcoolique.
La fin est plutôt pas mal mais je me serais passé de la première moitié du livre qui tourne en rond.
Félicitations ! Vous êtes riche et prévoyant, avec femme et enfants vous survivez à la fin du monde sur votre île paradisiaque Un seul problème à l’horizon… votre famille insupportable
ATTABOY. Ce livre m’a captivé. Il rejoint mes lectures favorites de l’année! C’est un page turner post-apocalyptique, c’est une leçon de vie, un cours de philosophie, bref c’est VRAIMENT bon.
“Нет никакого достаточно надежного убежища, достаточно тайного укрытия, достаточно безопасного места. Нет такого уединенного острова, где та или иная природная сила не настигнет вас, чтобы уничтожить все, что вы хотели защитить.”
Миллионер Фред покупает затерянный остров и оборудует его для выживания со всем возможным комфортом - жилье, запасы еду на несколько десятилетий, системы энерго и водоснабжения, сервера с запасом всех фильмов, музыки и книг. К счастью, в момент, когда миром начинает править анархия в результате вируса, он успевает сесть на самолет вместе с женой Элен, детьми-подростками Жанной и Александром, и добраться до своего острова. Первое время во всех еще жива надежда, что мир выживет. Но постепенно, когда новости с материка пропадают, эта надежда гаснет, лишая и силы воли для поддержания заведенного в социуме порядка. Зачем соблюдать время приема пищи и распорядок дня, если тебе никуда не надо. Это всего лишь небольшой остров, где ты предоставлен сам себе. Никто и ничто не регулирует твою жизни. В чем теперь ее смысл? Выжить? Запасы еды и всего необходимого обеспечивают это. Но зачем выживать? В чем найти смысл просыпаться каждое утро?
Элен быстро пристрастилась к сильным антидепрессантам. Фред концентрируется на хозяйственных мелочах и механически слоняется по дому. Жанна не способна принять мысль, что мир умер и живет фантазией возвращения. Александр убегает из этого мира с помощью алкоголя, музыки и ягод с психотропным действием.
Вырисовывается весьма странная картина полного одиночества и потерянности каждого из персонажей. Автор мастерски погружает читателя в атмосферу безысходности в ситуации, которая на первый взгляд кажется самым желаемым выходом в случае глобальной катастрофы. 4 разных голоса, которые повествуют о событиях 5 лет на острове. 4 точки зрения. И каждый раз спрашиваешь - а как бы я поступила? А чтобы я чувствовала? Сумела бы сохранить желание жить и находить смысл?
Книга показывает, насколько вся наша жизнь и ее смысл завязаны на общественном порядке и социуме, взаимодействии с другими. Насколько на самом деле пугает перспектива полного одиночества. Также вы сможете поразмыслить о том, должны ли нормы дозволенности оставаться прежними. И где грань, которую нельзя переступать.
Роман отправляется в топ 2024 года, причем сразу на его вершину! Давно у меня книга так не откликалась.
Не волнуйтесь, в отзыве нет спойлеров, я рассказала лишь о канве повествования и ощущениях от прочтения. Смело читайте.
Fred, Hélène, Jeanne et Alexandre. Des prénoms somme toute banals, mais qui cependant représentent peut-être les quatre derniers êtres humains sur Terre. Vous êtes-vous déjà imaginé devoir vous réfugier sur une île déserte, éloignée de toute autre civilisation car le monde autour de vous est en train de s’effondrer ?
Certains y ont cru, comme Fred, et sont partis le plus rapidement possible. D’autres, ont nié ou douté, et ils ont été pris au piège. Mais quel piège exactement ? Qu’est devenu le monde à l’horizon impénétrable de Fred et de sa famille ? Comment tourne le monde pour les malheureux qui n’ont pas eu le privilège d’acquérir une habitation saine et sereine sur une île déserte privatisée à l’abri de tout ?
À quel moment précisément la planète a basculé dans une torpeur sans précédent, annihilée par une violence gratuite, extrême, sans aucune limite ? Quelle crise a submergé en premier ? La chaleur ? Le froid ? La faim ? La soif ? Le monde est-il devenu fou ou a-t-il seulement révélé sa vraie nature ?
Isolés à quatre pour la vie entière, si l’on ne compte pas le gentil couple de domestiques que le riche père de famille a recruté, comment cette nouvelle sorte de solitude va fonctionner à l’écart de toute vie sociale extérieure ? Comment gérer tout ce vide après avoir vécu de riches privilèges ? Fred compare sa vie à celle d’un oiseau. Son existence a-t-elle encore un sens ? Une utilité ?
Le destin de cette famille dysfonctionnelle est passionnant ! On vogue entre thriller et étude psycho-sociologique, et c’est un véritable régal ! Les chapitres sont menés d’une main de maître, addictifs, de plus en plus mystérieux et angoissants, et l’on a qu’une envie, tourner et tourner les pages sans s’arrêter !
À travers la destinée de ce foyer, c’est l’analyse de toute notre civilisation que l’on peut effectuer. Le recours à la violence extrême que l’humain aura toujours su justifier à sa manière, sous couvert de ses meilleures excuses…
Quel reflet, quelle image précise laisserons-nous lorsque nous aurons tous disparu à tout jamais ?
J’aimerais pouvoir vous offrir un avis constructif, mais je n’ai plus l’énergie pour ce genre de livre. Je l’ai lu dans le cadre du prix du livre de l’étudiant et à ma grande surprise, je ne comprends même pas comment ce livre a pu être sélectionné. Quels sont donc les critères pour faire partie des finalistes de ce prix ? J’aimerais beaucoup en discuter avec ceux qui les choisissent. Un dernier rappel également, le texte qui suit n’est que mon avis personnel. Je sais qu’il y a un travail et du temps qui a été consacré à ce livre par un être humain. Cependant, je pense qu’il est important pour moi de dénoncer certains ouvrages que je n’ai pas trouvé corrects.
Sans entrer dans les détails donc, je souligne simplement l’idée que l’histoire avait du potentiel, mais que la lourdeur de l’écriture ne l’a clairement pas mise en valeur. Le fait est, j’ai eu beaucoup de mal avec l’écriture à la fois misogyne et sexiste du livre. Les personnages masculins sont écrits avec beaucoup de poésie et leurs émotions sont mises en valeur, tandis que du côté des personnages féminins, c’est plutôt une succession de cliché infondés. Si je passe les détails sur la mère qui nous apparaît comme une garce prétentieuse et obsédée par le sexe, je suis plus particulièrement outrée par la sexualisation de la jeune fille mineure de 17 ans par l’auteur (qui rappelons le, a sûrement une 30e ou 40e d’années). Bref, vous pouvez également ajouter à cela du racisme et de la grossophobie déguisés derrière le caractère odieux de la mère.
J’aurais beaucoup voulu vous offrir un avis plus constructif et moins « destructeur », mais à l’aube de 2024, je ne comprends pas comment on peut encore laisser passer ce genre de livre. Je ne suis d’ailleurs pas la seule à l’avoir remarqué, et si vous ne voyez pas vous même le problème pour certains propos du livre, remettez vous en question.
Une pépite! J'ai mu lire ce livre en tant que juré dans le cadre du prix du roman des étudiants et ce livre a remporté assentiment. Un livre qui explore réellement en détail la psychologie des personnages sans faux-semblants,sans pudeur... Réellement... Mais également un livre en deux lectures: critique sociale et alerte environnementale! Ce livre nous fait réfléchir sur nos rapports sociaux : qu'est ce qui fait qu'une personne est supérieure à une autre? Très peu de chose au bout du compte: à la fin du compte rien ne subsiste sinon celui de l'humain et malgré leur survie, leur monde et leur vies ont pris fin il y a déjà bien longtemps... Mais également une alerte environnementale car ce scénario inventé par l'auteur... Est plausible! Et pourrait bien dépasser la fiction si nous n'agissons pas! En toute, un livre addictif à lire, impossible à lâcher une fois la première page tournée... L'auteur nous livre ici une oeuvre forte porteuse de messages et de réflexion sur la nature humaine et sur la famille, dans son extrême nudité, son horreur la plus terrible, ses imperfections... Mais qui font partie de nous et qu'il nous faut vivre avec afin de nourrir l'espoir cette petite chose si typiquement humaine...
C’est mon histoire préférée de toute la sélection du prix littéraire des étudiants, qui m’a touchée par son réalisme défiant toute concurrence.
En effet, dès le début, on est plongé sur cette île, ou les derniers survivants de l’espèce humaine, se cachant d’un virus mortel (genre COVID, puissance 10). C’est donc le quotidien brisé de cette famille fêlée que l’on va suivre, tout en découvrant au fil de la lecture, ce qu’il s’est réellement passé sur cette île pendant cinq ans. Et, en allant de découverte tragique, en découverte morbide, la mentalité des quatre membres de cette famille nous apparaît alors clairement.
Bon, il faut avouer que chacun des membres de cette famille a un problème. Ma théorie: c’est la vie sur l’ile qui les a rendu un peu cinglés sur les bords. Heureusement qu’ils ont de quoi se divertir…. Cette histoire montre en réalité les travers de l’humanité, mais aussi la fin de cette dernière de multiples façons: socialement, psychologiquement et physiquement. Cette fin est extrêmement bien rédigée, avec une plume qui donne vraiment envie de ne pas lâcher le livre.
Et si votre famille était la dernière sur terre et que tout ce qu'il vous restait à faire était de vivre dans une maison avec tout ce dont vous aurez toujours besoin. Ça paraît inimaginable mais Thomas à écrit cette histoire. Une famille qui doit affronter maintes épreuves: réaliser qu'ils sont les derniers, qu'ils ne reverrons jamais leur amis, l'anxiété prend place et cause des dommage irréparable... L'ennui aussi est difficile à supporter alors quand les dernières sources de distraction disparaissent il ne reste plus de raison de rester là comme un animal en cage. Au final ça sera la disparition de tout biens matériels qui sauvera cette famille. Ce livre a été un plaisir à lire l'envie d'apprendre comment ils en sont arrivés à se détester, l'évolution des personnages, les détails de leurs pensé, de leurs état psychologique et les liens d'une famille qui paraît parfaite dans notre société qui ne l'ai en faite pas vraiment.
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Fred pensait avoir tout prévu. Il y a cinq ans, lorsque l'effondrement du monde était en marche, il a emmené sa famille sur une île choisie à 600 kilomètres des côtes, ni trop chaude, ni trop froide. Un petit îlot sur lequel Safety for Life, une société spécialisée avait tout prévu pour survivre. Tout, je vous dis, de la nourriture et des vivres pour de nombreuses années, de la nourriture pour l'esprit : musique de tous les genres, films et séries, livres, tout ce que l'on peut imaginer et même un couple de domestiques. Quand on est millionnaire on peut tout se permettre.
Oui mais 5 ans plus tard seuls au monde, on sait que l'argent ne fait pas le bonheur car l'argent si on est seul au monde, il ne vaut plus rien et ses privilèges on les perd. Oui ça ils l'ont appris à leurs dépends... mais la vie à continuer.
Enfin la vie, Hélène son épouse est dépressive et sous Xanax, Alexandre - 18 ans - ne va pas mieux, il est en manque d'amour et de concert live et sa soeur Jeanne, adolescente trompe l'ennui dans des séries télé débiles et est persuadée de reprendre sa vie d'avant. Fred lui est perdu, il voulait sauver les siens mais sa famille est en perdition.
Il pensait avoir tout prévu mais un événement imprévu va chambouler leur quotidien et sa famille va se déchirer ou au contraire se retrouver?
Je ne vous donne pas la réponse, à vous de lire pour savoir. C'est un récit postapocalyptique qui se passe en huis-clos et qui nous fait réfléchir sur les vraies valeurs de ce monde, du sens à donner à nos vies, à la famille.
J'ai beaucoup aimé la lecture qui se passe comme un thriller, un humour caustique et une plume tendre à la fois qui décortiquent les rapports humains.
Un livre qui se dévore.
Beaucoup aimé.
Ma note : un coup de coeur ♥♥♥♥♥
Les jolies phrases
Même les étoiles finissent par tomber en ruine, elles refroidissent lentement, elles gonflent, elles se déforment sur elles-mêmes et perforent l'espace-temps.
Depuis, plus rien n'avait changé. Alexandre se fichait de cette chambre, il ne la considérait pas comme la sienne, cette maison n'était pas sa maison, cette île n'était pas son île, sa mémoire était le seul endroit où il voulait vivre.
La douleur, la proximité de la mort avaient donné à ses idées la clarté du cristal, une joie brûlante embrasait son esprit, l'extase avait pris la place du désespoir.
A quoi cela servait-il d'être beau et bien conservé quand personne n'était là pour le voir ?
Aussi colossale que soit sa fortune, l'environnement, le milieu, l'univers trouveraient toujours une manière de réduire à néant ce qui avait été bâti. L'argent avait été une illusion, il y avait cru comme on croit en une force divine capable d'altérer le réalité commune, une puissance magique faisant de ceux qui en possédaient suffisamment des êtres sacrés et invulnérables. Comment avait-il pu être idiot à ce point ? Comment avait-il pu être aveuglé par le volume des comptes en banque, les maisons, les voitures, les bateaux, les villas et les salons VIP ? Il n'existait aucun abri assez solide, aucune cachette assez secrète, aucun lieu assez sûr. Il n'y avait nulle part où l'une ou l'autre force naturelle ne pourrait vous retrouver pour détruire tout ce que vous aviez voulu protéger.
J’ai terminé hier « Rocky, dernier rivage » ; je vous conseille ce livre que j’ai apprécié lire. Le titre est intrigant mais il ne serait pas concevable de l’expliciter complètement. Disons que #Rocky fait bien référence au film (écrit, réalisé et) joué par Sylvester Stallone et que l’« action » du livre se déroule sur un île, possédant donc un #rivage. Cette « action » se déroule donc sur un île isolée qu’un père de famille a choisi comme refuge, pour sa famille, d’un monde sur le point de basculer dans l’apocalypse – nous ne saurons d’ailleurs jamais complètement si le monde a complètement disparu comme la quatrième de couverture l’indique (« dans ces moments, quand il avait pris un verre de vin et qu’une très légère ivresse arrondissait les angles de son esprit, il oubliait que le monde avait disparu. »). Les quatre membres de cette famille vont donc, chacun à tour de rôle, nous décrire leur perception de la situation qui va, logiquement, voire « l’entropie augmenter »… parmi les questions posées par ce livre : qu’est-ce qui nous constitue comme famille ?Tout, même la survie, peut-il s’acheter ? Est-ce que ou comment nous résisterions à une telle situation ? « Rocky, dernier rivage » se lit extrêmement bien ; mais, évidemment, votre avis sur la question sera essentiel !
Un roman passionnant, une sorte de huis-clos de la dernière famille humaine vivant sur Terre. On suit l'évolution psychologique de chacun des personnages, en particulier leur déchéance et leur vacuité, aussi grandes que l'étaient leur classe sociale et l'importance qu'ils se donnaient. La force du roman est que l'auteur arrive à nous rendre attachants des personnages pourtant désagréables et critiquables. Il y a beaucoup d'humour et de dérision, c'est avant tout une critique des comportements humains et surtout des plus riches, une critique du matérialisme.
Une fable plus qu’un roman, ce texte relativement court est très efficace et diablement prenant. Le style est efficace et j’ai passé un excellent moment de lecture.
Reste que ce n’est pas si profond que ça, que chaque personnage ou presque concentre bien des clichés - il me semble que c’était là le but, mais cela rend le déroulement finalement assez « attendu ».
J’en ressors avec l’envie de tester d’autres œuvres de Thomas Gunzig, que je ne connaissais pas encore.
D’une efficacité stupéfiante ! Narration fluide, personnages, certes, cliché, mais cela a été un choix conscient de l’écrivain je pense. Car ce qui se passe sur cette île est une miniature parfaite de ce qui se passe dans le monde. On était si heureux, on avait tout. Comment on en est arrivé là ? Bravo ! Ça m’a fait un peu pensé à Saramago. N’est-ce le meilleur compliment ?
Je n'ai jamais autant souhaité pouvoir mettre des demi étoiles.... Je pense que l'histoire vaut le coup, se lit facilement et bien, mais je trouve le registre de langue et le style un peu trop froids et désagréables, c'est mon bémol, avec des personnages détestables un récit parfois un peu trop factuel.
je comprends pas comment tu peux conceptualiser la fin du monde mais pas que des personnages féminins soient bien écrit, avec une story line qui leur appartient en dehors de leur lien avec des personnages masculins. C’est chaud quand même, tu peux imaginer un scénario où tous les humains meurent mais les femmes vivantes trop chaud à écrire ptdr
L'idee de l'histoire est vraiment pas mal. Pour moi le livre a de la valeur juste grâce à la fin. Je trouve au sinon que les 400 autres pages ne sont pas passionnantes même un peu ennuyante. Mais j'aime le concept et la morale véhiculé pas le livre